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HARVARD UNIVERSITY

LIBRARY OPMRE

MUSEUM OF COMPARATIVE ZOÜLOGY

ANNALES

SOCIETE

ENTOMOLOGIQUE

DE FRANCE.

DE FRANCE, |

TABLEAU INDICATIF DES JOURS DE SÉANCE.

PENDANT L'ANNÉE 1833.

A Les séances se tiennent, à 7 heures du soir, rue d’Anjou- :

Dauphine, 6.

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i Janv. | Févr. | Mars. | Avril. | Maï. | Juin. |Juillet. Us Octob.| Nov. | Déc.

IMPRIMÉ CHEZ PAUL RENOUARD,

RUE GARENCIÈRE, . | a, \

ANNALES

DE LA

SOCIÈTE

ENTOMOLOGIQUE

DE FRANCE.

TOME SECOND.

Natura maximè miranda in minimis.

PARIS. MÉQUIGNON-MARVIS, LIBRAIRE-ÉDITEUR,

RUE DU JARDINET, 13.

ITGSS:

3Lu/

- : Zaology

JUL 20 1942

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IHRARI TC

®:

ANNALES

DE LA

SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE

DE FRANGER

SUITE DU CATALOGUE

DES LÉPIDOPTÈRES DE L'ILE DE CORSE , PAR M. RAMBUR , DOCTEUR MÉDECIN. (1)

(Séance du 18 avril 1832.)

GENRE CUEUELIA,

Dans la famille des Noctuélites, ce genre est certaine- ment le plus naturel, et celui il est le plus difficile de distinguer les nombreuses espèces ; si dans le genre Acro- nicta Von est obligé de recourir aux chenilles pour séparer les espèces appelées Psi Cuspis et Tridens, Euphrasiæ et Eu- phorbiæ , celui des Cucullies, sans la connaissance de leurs larves, ne serait plus qu'un dédale inextricable qu'il fau- drait renoncer à débrouiller. C’est surtout dans le groupe qui nous occupe, qu'on rencontre le plus de difficultés pour trouver des caractères spécifiques, tellement qu'on serait tenté de croire que les espèces qui le composent ne

(x) 1°" volume, page 245.

6 .: ANNALES sont, de même que certains Ÿ’erbascum dont plusieurs font leur nourriture, qu'un assemblage d'hybrides.

Cependant les chenilles présentent des caractères con- stans et bien distincts, soit dans leurs couleurs, soit dans leurs mœurs x et si les divers auteurs qui ont traité de ces bites avaient étudié avec soin leurs différentes mé- tamorphoses, ils n'eussent point mélangé les espèces et rendu cette partie de la science plus obscure que si elle n’était pas connue,

Ce qui prouve que, dans cet ox de d'insectes qui taire beaucoup en cela de plusieurs autres, tels que les Coléop- tères, Hymenoptères, Diptères, etc., c’est surtout dansles larves et les chrysalides qu’il faut aller chercher des caractères spé- cifiques et génériques , si souvent voilés, pour ainsi dire, dans l’insecte parfait. |

M. ;Treitschke a aidé à débrouiller ces espèces, il à découvert la Thapsiphaga, encore inconnue en France avant que nous en eussions trouvé la chenille, et que nous avons reconnue , d'après la description qu'en donne cet auteur ; mais dans sa Scrophulariæ il confond deux espèces, puis- qu'il dit que la chenille vit sur les Scrophulaires et les Fer” bascum, tandis qu'elle est tout-à-fait exclusive aux Scrophu: laires et aux Blattaires. La seconde espèce serait alors celle que nous avons appelée Lychnitis; mais ce que nous ne pouvons concevoir, c'est qu'il cite aussi, pour la Scrophula. riæ , la chenille représentée sous ce nom par Hübner, et qui.se rapporte moins qu'elle n ait pas été faite exacte- ment) à une autre espèce qui est pour nous la C. Carine ; elle a été figurée, par M. Duponchel, sous le nom de Thapsi- phaga et Scrophulariæ. C'est elle que les entomologistes du midi de la France trouvent facilement sur la Scrophularia Ca- nina , et qu'ils appellent Scrophulariæ. Pour la Blattariæ de M.'Treitschke (que nous sommes à-peu-près certain devoir

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 7 se rapporter à une de nos espèces) ,nous n'avons pu, d'après la description qu'il donne de la chenille, la reconnaitre parmi.les nôtres, quoique le papillon se rapproche beau- coup de celui que nous nommons Scrophulariphaga , et pourrait bien être le même; la description de la chenille serait alors défectueuse, et probablement faite d'après un cadavre soufflé.

L'espèce que M. Duponchel figure sous ie nom de B/atta- riæ, et qui a été faite d’après un individu unique, trouvé par M. Boisduval dans les Alpes , ne nous parait point celle ap- pelée ainsi par les auteurs : c'est une espèce bien distincte des autres par sa couleur et surtout par la forme de ses ailes.

Nous rassemblons en une sorte de monographie les six espèces que nous connaissons , et que nous avons aussi rencontrées dans l’île de Corse, en y joignant une figure exacte des chenilles, afin de fixer aux yeux des naturalistes leur authenticité. :

Avant deles décrire, nous allons donner quelques détails sur les mœurs et les caractères communs aux larves de ce petit groupe, et qui peuvent plus ou moïns s'appliquer aussi à plusieurs autres espèces.

Ces chenilles vivent presque toujours à découvert sur les plantes dont elles-se nourrissent ; presque toutes préfè- rent les fleurs et les fruits aux feuilles, et se tiennent aux extrémités fleuries des plantes, toujours plusieurs à-la-fois, et quelquefois en grand nombre. C'est ainsi que j'ai rencon- tré parfois jusqu'à quinze à vingt chenilles de C. Lychnitis sur un seul pied de Ferbascum. Elles sont cependant rarement attaquées par des Hyménoptères ou des Diptères ; je n'aï même vu sortir de leur coque que des espèces de cette der- nière famille et du genre Anthrazx. Ce qui est aux mou- vemens rapides et violens de flexion qu’elles donnent à leur corps lorsqu'elles sentent le moindre attouchement, et,

8 ANNALES

dans ce cas, elles s’élancent ou tombent rapidement par terre ; si on les prend, elles dégorgent, souvent abondam- ment, une liqueur rousse ou noirâtre , selon qu’elles vivent des fleurs ou des feuilles; ces chenilles grossissent assez | vite et mangent presque continuellement.

Toutes s'enterrent peu profondément, et forment, à la superficie du sol et quelquefois même hors la terre, une coque composée de grains de terre liés avec de la soie. Cette coque est épaisse, ovoide, déprimée à sa face infé- rieure, bombée supérieurement; les côtés s'avancent tout autour en un espèce de bourrelet circulaire qui la di- vise en deux moitiés. L'intérieur est tapissé par une soie blanche. |

La chrysalide est d'une couleur ferrugineuse ou testacée,, souvent verdâtre, plus ou moins transparenteà l'enveloppedes ailes. Le fourreau de la trompe et des dernières pattes forme un prolongement qui s’avance sous le ventre vers l’anus, et dont la longueur varie dans les différentes espèces. Les an- neaux du ventre sont saillans ; le dernier se termine en une pointe déprimée , obtuse, convexe à sa face supérieure, un peu courbée vers le ventre ; elle porte quelques soïes. cro: chues , très peu sensibles.

Ces espèces ne paraissent ordinairement qu'une fois dans l’année, depuis la fin d'avril jusqu’à la fin de juim. Elles se nourrissent exclusivement de f’erbascum et de Scrophu- laires; mais elles mangent également des J’erbascum et des Scrophulaires quand on leur en donne, quoique, dans la nature, elles vivent souvent exclusivement sur les unes ou les autres de ces plantes.

Quoique les Lépidoptères de ce genre aient une trompe longue qui doit leur servir à se nourrir, on ne les rencontre que très rarement sur les fleurs nous avons pris les .C. Ombratica, Asteris, et Ferbasci comme accidentellement; ce

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE 9

qui provient peut-être aussi du peu de fleurs qui existent à F époque de leur apparition.

Cucullia Verbasci. (PI. 1, fig. 6,f.)

C. Alis anticis, fusco-rufescentibus, marginibus rubro-fuscis. Posticis fuscis.

Linné, etc.

Noctua Verbasci, Hüb. noct. tab. 55, fig. 266.

Cucullia Verbasci, Treits. t. 5. p. 127.

Duponc. t. 7, p. 392. PI. 126, f. 12.

LäBreche Engr. pap. d'Euro. , t. 6, pl. 246, fig. 364 , a h.

Quoique cette espèce soit parfaitement connue, nous sommes cependant obligé d'en donner une description com- plète, afin de faire ressortir comparativement les différences

qui caractérisent ses congénères. Elle est toujours un peu

5 plus grande que les autres, et la frange des ailes supé- rieures est plus profondément dentée, avec la pointe de ces dentelures souvent très prolongée.

Les ailes supérieures sont en dessus d’un brun roussatre, plus ou moins foncé et plus ou moins roux, avec une large éclaircie blanchâtre , ou tout-à-fait blanche, irrégulière, longitudinale, partant depuis la ligne interne, et se pro- longeant jusqu'à la frange; elle est placée un peu au-delà du milieu de l'aile; quelquefois elle n’est pas très appa- rente. Le bord antérieur est teint par une couleur d'un brun rouge, un peu cendrée, qui forme une bande distincte assez large, mais quise fond presque postérieurement avec la couleur de l'aile; il est plus moins chargé d’atomes blanchätres ou cendrés avec quelques peints blanchâtres, dont trois placés à égale distance sur le tiers externe de ce

10 ANNALES.

bord; on y remarque aussi les traces des différentes lignes qui traversent l'aile; celle de la ligne interne est souvent, bien visible. Au-delà de ce bord, il existe sur l'aile un cer- tan nombre de traits et de lignes plus ou moins marqués, placés entre les nervures qui sont fines et d’un brun-rouge. Parmi ces lignes, quelques-unes sont plus sensibles et constantes ; on en remarque surtout trois, placées vers le sommet, les unes après les autres, dont les deux pos- térieures, plus marquées, n'atteignent pas le bord ex- terne de l'aile; on en voit aussi trois autres plus courtes, partant de ce bord , et dont les deux premières vont au de- vant des deux précédentes ; la première est souvent réduite à un très petit linéament. Ces lignes sont d'un brun rouge briqueié, toujours plus rouges dans cette espèce que dans les autres.

On apercoit deux ou trois petits points à peine visibles; appuyés sur la nervure médiane, et une autre semblable entre sa dernière bifurcation. Il existe aussi postérieurement une bande marginale, d'un cendré noirâtre tout-à-fait au bord de l'aile, et d’un brun rouge dans le reste de son étendue; elle est plus large dans sa moitié externe, et se prolonge jusqu'à la moitié du bord externe; elle présente, avant l'angle postérieur et parallèlement à ce bord, une éclaircie longitudinale, traversée par une nervure. Ceite bande est en partie formée par des stries qui se confondent plus ou moins, et dont une plus foncée est placée sur la moitié externe du bord antérieur de la bande.

Les taches ordinaires sont à-peu-près insensibles, quel- quefois une marque plus pâle indique la réniforme.

La ligne transverse médiane est fortement anguleuse, d’abord un peu apparente au bord antérieur, elle forme une petite ligne oblique sinueuse blanchâtre bordée de brun, puis disparaissant presque complètement sur le limbe

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. LE

de l'aile pour se montrer de nouveau sur le bord poste- rieur elle forme deux croissans plus grands et toujours plus blanes et plus marqués que dans les autres espèces; leur direction est un peu oblique vers le bord externe.

La ligne interne quelquefois bien visible, d’autres fois à peine sensible, est représentée par un zigzag qui forme irois, angles aigus très prononcés. L’angle antérieur offre, sur le bord de l'aile, un autre petit angle bien apparent. Ces angles sont bordés intérieurement d’une auire ligne moins foncée, et l'espace entre ces deux lignes forme un liséré plus clair; le dernier angie a son côté postérieur très foncé, et forme, avec l'autre ligne, deux traits obliques caractéristiques qui ont 1c1 une direction plus transverse que dans les autres espèces.

La base de l'aile, à l'exception de la bande marginale antérieure, est d'un jaune roux; la frange est bordée inté- rieurement par un liséré très fin, sinueux, d'un jaune roux; elle est d’un brun roussâtre, en partie traversée par de petits traits blancs qui font suite aux nervures. Le fond des dentelures est aussi bordé de blanc dans sa moitié ante- rieure; elle est séparée dans sa longueur en deux parties d'une couleur un peu différente; l'interne est un peu plus brune et devient noirâtre ou même noire dans sa moitié postérieure , et se continue ainsi jusqu’à la moitié du bord posiérieur de l'aile.

Les secondes aïles sorit d'un brun roussâtre, plus pâles à la base et le long du bord interne : elles ont un croissant noirâtre dans leur milieu, leurs nervures sont plus foncées et bien apparentes.

La frange est anguleuse, bordée intérieurement par un liséré roussâtre; elle est divisée en deux parties dans sa longueur, dont l’interne est noire et l'externe blanche.

Les quatre ailes sont en dessous d'un gris roussâtre, luisant surtout aux supérieures avec des parties plus claires,

12 ANNALES

les inférieures sont blanchâtres au bord interne et à la por- tion de la base qui avoisine ce bord; elles ont un point un peu en forme de croissant, et une ligne transverse peu vi- sile, brune. Les deux écailles du dos qui forment le ea- puchon sont d'un blanc cendré roussâtre, blanches posté- rieurement elles sont bordées de brun rouge; elles sont traversées par quatre lignes d'un cendré roussâtre, plus ou moins apparentes ; les ptérygodes sont roussâtres, bor- dées de blanc intérieurement, elles sont quelquefois char- gées de quelques atomes plus foncés, la partie du dos entre elles, et les crêtes des deux premiers anneaux du ventre sont noires ou noirâtres.

La partie antérieure de la poitrine est d'un brun rouge, le reste est roussâtre. Le ventre est d'un gris roussâtre un peu rougeàtre sur les côtés; il porte en dessous, sur les côtés, une ou deux lignes noirâtres longitudinales souvent

interrompues. La tête et les pattes sont d’un brun rouge; les antennes, qui sont simples dans les deux sexes, sont roussâtres su-

ve inférieurement : les yeux

érieurement., d'un brun rou : S

sont noirâtres.

Les pattes ont la face antérieure du tibia roussâtre, avec un ou deux traits bruns aux antérieures; la face externe est d'un brun rouge et fort velue, surtout postérieurement ; les tarses sont moitié roussâtres, moitié d’un brun rouge.

La chenille est d’un blanc très légèrement jaunâtre et verdâtre; il y a sur le dos quatre taches ou gros points noirs sur chaque anneau, placés carrément. Les deux an- térieurs sont arrondis ou un peu oblongs, les postérieurs sont plus ou moins allongés transversalement, et quelque- fois touchent les lignes qui sont au-dessous d'eux; d’autres fois les postérieurs s'unissent entre eux, ou restant séparés, viennent se joindre aux antérieurs. [ls varient beaucoup

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 13

pour la grandeur et peuvent même se réduire à de très petits points. |

Ces quatre points sont constans et caractéristiques, mais 1is varient de forme selon les espèces. |

Plus en côté et au-dessous des taches, on remarque plu- sieurs lignes et marques noires plus ou moins nombreuses et sensibles; les lignes ne dépassent guère les stigmates. On remarque, principalement sur les côtés , quatre points noirs arrondis, dont le premier est placé au-dessus du stig- mate, et le dernier à la base des pattes. Ces points restent constans dans toutes les espèces de notre groupe sans pres- que varier ; outre ces points, on voit encore quelques petites marques noires. Les anneaux sans pattes ont une ou deux rangées circulaires de points et quelques lignes transverses noires ; la base des pattes est également tachéé de noir; les marques et lignes noires peuvent devenir confluentes et rendre le ventre presque tout noir.

La position des taches noires en dessus varie sur les pre- “miers anneaux. Le premier en présente deux rangées cir- ‘culaires, les deux suivans ont une rangée circulaire médiane placée entre deux paires de taches noires.

Le, dernier porte deux rangées de quatre points, dont ‘eeux de la seconde très petits, s'unissant souvent deux à deux; on voit quelquefois en dessus de plus que les quatre taches ordinaires, un trait noir transverse, la section des anneaux forme souvent aussi une ligne noire.

Outre ‘toutes ces lignes et taches noires, le corps offre en dessus une double série de taches jaunes, dont deux sur chaque anneau, puis une autre série latérale. Les paires de taches du dessus se réunissent souvent dans toute la lon- gueur du corps, elles le sont toujours sur les trois ou quatre premiers anneaux; quelquefois les quatre taches du même anneau se réunissent et forment des anneaux demi circu

k ANNALES

laires. Ces taches jannes, par leur forme et leur position, constituent la principale distinction des espèces.

Les stigmates sont ovoides, noirâtres, avec la bordure épaisse et très noire.

La tête est jaune, avec cinq à six points noirs placés sur deux rangs. La suture frontale et la partie inférieure du front sont marqués de noir.

Les pattes écailleuses sont d’un jaune roux, marquées de quelques petits atomes noirs; elles sont un peu velues. Les autres sont jaunâtres avec une tache à leur base, un trait et un ou deux petits points noirs plus ou moins marqués.

Le corps et la tête portent quelques poils noïrs peu vi- sibles. | _ Cette chenille, très commune partout, se rencontre de- puis le mois de mai jusque vers la fin d'août; les dernières pourraient bien provenir d’une seconde ponte. Elle se trouve sur tous les J’erbascum,, les Blattaires et les Scro- Phularia Canina Ramosissima et Aquatica ; c'est la seule es- | pèce qui semble préférer le Werbascum Thapsus, a seule aussi qui préfère les feuilles aux fleurs ; elle se tient souvent cachée sous les feuilles, et souvent aussi elle reste à dé- couvert. Le papillon éclôt principalement dans le mois demai.

La chrysalide est d'une couleur testacée; le prolonge- ment de la trompe et des dernières pattes est fort RE et dépasse le bord antérieur du dernier anneau.

Cucullia Scrophulariæ. (PL. 5, fig. 1, a.)

C.Alis anticis dentatis flavo-rufescentibus marginibus fuscis.Postcis Juscis.

Noctua Scrophulariæ, Hub. Noct. tab. 55, fig. 267? Cucullia Scrophulariæ, T reits., t. 5, pag. 30. La Brechette Engr., pl. 147, fig. 365, pag. 140?

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE.

Cette espèce est très près de la C. Verbasci, et pourrait facilement être confondue avec des variétés de cette der- nière, comme l'a fait à tort M. Duponchel. Nous pensons d’ail- leurs qu’il n’a point été à même d'observer cette espèce, car la fioure qu'il en donne nous semble représenter la Carine ; les détails qu'il offre, d'après M. Marchand, sont tout-à- fait inexacts faute d'observation, ce dernier entomolo- oiste ayant confondu les chenilles de différentes espèces.

La C. Scrophularie est toujours plus petitequela Yerbasci.

La couleur des ailes est moins brune, plus jaune.

Le bord antérieur des ailes supérieures est d’un brun cendré, ou quelquefois un peu noirâtre.

Les lignes du sommet de l'aile sont d'un brun bien moins rouge, et il en part, du bord de l'aile, une qua- trième bien prononcée, qui, le plus souvent, n'est pas sensible dans la J’erbascr. Les points qui sont appuyés sur la nervure médiane sont plus prononcés, plus foncés, et l'on en voit ur cinquième placé entre le quatrième et le bord antérieur de l'aile, et quelquefois un sixième; la marge postérieure de l'aile est d’une teinte brune; les deux croissans qui la traversent sont moins blanchâtres, placés à-peu-près de même.

Les lignes tranverses de l'aile sont moins sensibles.

. L'interne a ses angles plus allongés, ce qui fait que les traits du bord postérieur du dernier angle se rapprochent davantage de la direction longitudinale. Les nervures sont moins apparentes, tandis que les traits qui partent ou qui se rendent au bord externe sont plus prononcés. La frange est un peu moins dentelée, et les lignes blanches qui la tra- versent sont plus prononcées, plus longues. La moitié in- terne de cette frange est noirâtre dans toute son étendue ; l'autre moitié est brun cendré.

Les ailes inférieures sont d’un brun moins roussâtre.

16 | ANNALES

Les deux écailles qui forment le capuchon sont bordées de brun roussâtre , jamais rouge. Les ptérygodes sont sau- poudrées de plus d’atomes roux, qui quelquefois forment une ligne longitudinale.

Le ventre est d’un gris brun, un peu roussâtre; la poi- trine est grise. Les pattes , qui sont d'un gris roussâtre, ne sont point marquées de brun rouge.

La chenille, quoique ressemblant beaucoup à celle de la Verbasci, en est bien distincte. Elle est toujours plus petite.

Les deux taches noïres postérieures sont plus allongées, touchant quelquefois le point noir qui est au-dessus du stigmate ; elles sont presque toujours unies ensemble, sou- vent même avec les antérieures, avec lesquelles elles for- ment alors une espèce de X. Les quatre points ronds des côtés sont un peu plus gros, et la plupart des autres mar- ques et lignes noires qui se trouvent dans l'autre, ont dis- paru. Il n’y a sur le dos qu'une seule série dorsale de ta- ches jaunes assez grandes , allongées transversalement, sur chacune desquelles sont placées les quatre tachés noires. La tête est d’un jaune plus foncé, et le sommet de la suture frontale forme un V noir renversé. J'ai rencontré cette année une variété dans les Alpes , chez laquelle la série de taches jaunes latérales existait toujours, tandis qu'elle manquait sur les individus de la Corse et du centre de la France,

Cette espèce vit exclusivement sur les Scrophularia No- dosa et Aquatica, et sur les J’erbascum Blattaria et Blatta- rioides ; elle préfère les fleurs et les fruits, et se tient tou- jours à découvert.

Elle est répandue partout, quoique moms commune que la précédente ; elle se trouve en Allemagne, en France, en Corse, etc. Elle est un peu plus commune dans le midi, et paraît à-peu-près aux mêmes époques que la Ferbasci.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 47

La chrysalide est à-peu-près semblable à celle de ja C. V’erbasct.

Le prolongement du dessous du ventre est à-peu près d’é- gale longueur.

Cucullia Lychnitis. (PL. 1, fig. 3, ce.)

C. Alis anticis denticulatis flavo-rufescentibus | marginibus fusco- cinereis ; maculis ordinarits obsoletis.

La Brechétte Engr., pl. 147, fig. 363, pag. 140? ?

Cette espèce s'éloigne encore davantagede la C. F’erbasci que la Scrophulariæ ; mais aussi elle est très près de cette dernière, quoique pourtant elle soit encore une espèce bien distincte. Elle est de la même grosseur que la Scrophulariæ. Ses ailes sont proportionnément un peu plus allongées.

Elle est d’un jaune roux un peu plus pâle. Le bord an- térieur des ailes supérieures est d’un gris brun un peu roussätre moins foncé, marqué par les lignes transver- ses. L'éclaircie blanchâtre du limbe de l'aile est quelque- fois un peu sensible. Les lignes qui, près du sommet, partent du bord externe, sont peu marquées. La marge postérieure est moins foncée, et l'éclaircie, près l'angle postérieur, plus grande; la ligne qui borde antérieurement cette éclaircie est bien plus marquée. Les deux croissans sont de la couleur de l'aile ; ils ne diffèrent pas sensiblement.

La ligne interne est un peu marquée; ses angles sont plus allongés, et les deux lignes du bord postérieur du der- mer angle sont encore plus dans la direction transverse ; la seconde de ces lignes est plus marquée, plus longue, et atteint quelquefois le dernier croissant.

Les taches ordinaires commencent un peu à paraitre L’orbiculaire est entourée par quatre points noirs , placés carrément ; la réniforme est aussi entourée de points noirs

IT, 2

18 ANNALES

variables pour le nombre ; deux ou trois sur son côté in- terne ; quatre à six du côté externe. |

La frange est plus pâle; le bord interne de cette frange a sa moitié postérieure plus foncée: elle est bien moins dentée.

Les ailes postérieures sont plus pâles.

Le capuchon est bordé postérieurement de brun cendré; on n'y voit que trois lignes, qui disparaissent quelquefois presque entièrement. Les antennes sont un peu plus grises en dessus ; le reste ne ditfère pas sensiblement.

La chenille se rapproche beaucoup de celle de la Scro- phulariæ. Les deux taches postérieures, souvent jointes en- semble, sont encore plus allongées , plus minces , et s’unis- sent souvent avec le point qui est au-dessus des stigmates. Les deux points intermédiaires des côtés s'unissent aussi souvent, et forment alors une ligne cblique. Chaque an- neau présente une bande demi circulaire jaune constante, sur laquelle sont placées les taches noires.

Les stigmates sont pâles avec la bordure noire. On en trouve de temps en temps une variété presque entièrement jaune, dont les taches noires sont rudimentaires et ten- dent à disparaître. Elle varie d’ailleurs beaucoup.

Elle vitsur les ’erbascum rameux, tels que 7. Phlomoïdes, Lychnitis, Sinuatum, Nigrum, dont elle mange les fleurs et les fruits.

Elle habite la France, la Corse, etc.

Elle est beaucoup plus tardive que les autres. On la trouve dans les mois de juillet et d'août.

Je l'ai découverte en 1828 , en Touraine.

La chrysalide est semblable aux précédentes , mais elle a le prolongement du dessous du ventre beaucoup plus court ; il n’atteint pas le dernier anneau.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 19

Cucullia Caninæ. (PI. 1, Fig. 5,e.)

C. Als anticis denticulatis cinereo-rufescentibus, margiribus Jusco-cinereis.

Cucullia Thapsiphaga? et Scrophulariæ Dupon., t. », pl. 144, fig. 4, pag. 398, et pl. 124, fig. 3, pag. 396.

Cette Cucullie est très proche de la C. Lychnitis ; mais ses ailes sont proportionnément moins longues ; elle en diffère surtout par la couleur de ses ailes supégieures, qui sont d’un cendré roussâtre, ou tout-à-fait cendrées, avec le bord antérieur d’un gris un peu bleuâtre, et dont la teinte, surtout vers la base de l'aile, se fond davantage avec la couleur du limbe. L’éclaircie blanchâtre et longitudinale du milieu de l'aile est apparente; les taches ordinaires sont un peu plus marquées, entourées de petits points placés de la même manière, les lignes noires de la marge postérieure sont moins foncées. Le dernier article des palpes est un peu moins long; le reste ne diffère pas sen- siblement.

Cette espèce se distingue au premier coup-d’œil de la Lyehnitis, dont la couleur de bois pourri contraste avec la teinte grise de celle-ci. |

Ge papillon paraît à la même époque que la C. Scrophu- lariæ.

La chenille est plus proche de celle de la C. Scrophu- lariæ qu'aucune autre; les quatre points noirs du dessus de chaque anneau sont toujours séparés longitudinalement, et les antérieurs sont souvent unis aux postérieurs. Les postérieurs ne sont pas très allongés, sur quelques an- neaux ils sont bifides à leur extrémité inférieure : mais le principal caractère de cette espèce est d’avoir les taches

2

20 ANNALES

jaunes dorsales étroites, allongées longitudinalement, bor- dées par les deux points noirs de droite et de gauche, entre lesquels elles ne s'engagent jamais, lors même qu'ils sont séparés. Les stigmates sont noirs.

La chrysalide est semblable aux précédentes ; le prolon- gement du dessous du ventre est court ; il n’atteint point le dernier anneau.

Elle vit presque exclusivement sur la Scrophularia Ca- nina et Ramosissima , et quelquefois sur l’4quatica ; cepen- dant je ne l’ai jamais trouvée dans les lieux ne croissent pas l’une og l'autre des deux premières pou Elle aime surtout les fleurs et les fruits, et se tient à découvert. Elle se trouve à la même époque que la Scrophularie.

Elle habite surtout le centre et le midi de la France,

la Corse, etc. Cucullia Scrophulariphaga. (PI. 1, fig. 4, d.) C. Alis anticis denticulatis cinereo-albidis , Mmarginibus obscurioribus.

Cucullia Blattariæ. Treits., t. 5, fig. 3, pag. 12DP?

Cette espèce et les C. Caninæ et Thapsiphaga ont de si grands rapports ensemble, qu’il serait souvent impossible de les séparer sans la connaissance de leurs chenilles.

Celle-ci est à-peu-près de la taille de la C. Canineæ.

La teinte de ses ailes supérieures est plus grise, moins foncée sur la marge antérieure avec les lignes noires de la marge postérieure plus foncées. La ligne transverse interne est mieux marquée; ses angles, surtout celui du milieu, paraissent moins saillans. La ligne médiane est aussi un peu plus sensible, et les deux croissans qu'elle forme pos- térieurement se trouvent dirigés plus obliquement vers le bord externe de l'aile; le premier des deux croissans est moins courbé. Les taches ordinaires sont à peine marquées,

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 21

elles sont accompagnées de nuances roussâtres qui les font paraître plus pâles. On voit à leur côté postérieur quelques points peu sensibles. L'éclaircie blanchâtre longitudinale du milieu de l’aileest bien prononcée.

Elle paraît à la même époque que la C. Scrophulariæ.

La chenille est à peine de la grosseur de celle de la. Caninæ , et par conséquent, la plus petite de toutes. Elle est d’un blanc verdâtre, souvent plus ou moins teinte d'une

légère couleur brunätre. Il existe, sur le dos, deux lignes jaunes longitudinales,

quelquefois maculaires, assez écartées entre elles ; elles ren- ferment , sur la plupart des anneaux, quatre points noirs placés carrément, dont les deux antérieurs sont plus rap- prochés, les postérieurs s’allongent quelquefois de manière à se toucher; il peut même arriver qu'ils se réunissent tous les quatre, sur le dos, par un prolongement linéaire, en formant une espèce de X. Sur les trois premiers anneaux les points sont plus petits, plus nombreux et placés circu- lairement.

Les côtés présentent une série longitudinale de taches jaunes sur lesquelles se trouvent les stigmates qui sont noirs et ovoides; ces taches sont entourées par quatre poinis noirs, placés ici comme sur les autres espèces. On voit aussi un certain nombre de petits points noirs sous les anneaux qui manquent de pattes. La tête est d'un jaune roussätre , avec quatre petits points noirs au sommet el la marque de quelques autres plus bas. Les pattes écailleuses sont de la couleur de la tête, les autres, de la couleur du corps avec un point noir au côté externe pour les intermé- diaires, et deux ou trois plus petits pour les postérieures.

La chrysalide est absolument comme celle de la Caninæ. Cette espèce se trouve au mois de mai et juin sur la Scro- phularia Ramosissima. Je Yai trouvée aux environs d’Ajaccio

22 ANNALES

et de Bastia; elle n'est pas très commune. Le papillon éclôt en mars, avril et mai. |

Cucullia Thapsiphaga. (PI. 1, fig. 2, b.)

C. Alis anticis denticulatis cinereo-albidis ; margine anteriore fusco-cinereo.

Cucullia Thapsiphaga. Treits., t. 5. 3 p. pag. 121.

Cette Cucullie ressemble singulièrement à la C. Scrophu- lariphaga , maïs elle est plus grande; ses ailes supérieures ont absolument la même couleur. La marge antérieure est un peu plus foncée et la teinte se fond moins avec celle du disque de l'aile; les lignes transverses, et surtout lamédiane, sont moins marquées ; l’interne a ses angles beaucoup plus allongés ; la médiane a ses deux croissans postérieurs placés dans une direction bien moins oblique, et le premier est plus courbé. Les taches ordinaires, quelquefois plus ap- parentes, sont accompagnées de nuances rousses plus foncées et de quelques points noirs, dont souvent deux seulement sont visibles. L'éclaircie blanchâtre longitudinale du milieu de l'aile est très prononcée, et envahit souvent une grande partie du limbe. Quoique cette espèce ait de grands rapports avec les deux précédentes, c'est elle néanmoins , qui en diffère le plus par sa chenille, sans se rapprocher davantage des autres. Ce Lépidoptère paraît en avril et mai.

La chenille est de la grosseur de celle de la C. Verbasci ; elle est d’un blanc plus ou moins jaunâtre. Elle a sur le dos deux bandes brunâtres, plus pâles au milieu des anneaux, et dont le bord inférieur est mal arrêté; elles sont séparées par une bande jaune ou jaunâtre qui se rétrécit et s’élargit alternativement deux ou trois fois sur chaque anneau. Les trois premiers anneaux ont deux ou trois rangées circulaires

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 23

de petits points noirs; on voit quatre points sur les autres,

placés tous près de la bande jaune dorsale, et quelquefois entre eux il existe de chaque côté, deux petites lignes, égale- ment noires, placéestransversalementet obliquement,et qui tendent à se réunir sur les bords de la bande jaune du dos.

Au-dessus des stigmates on remarque une bande brunûâtre, blanchâtre dans son milieu, ce qui la fait paraître comme séparée en deux lignes ; son bord inférieur est appuyé sur les stigmates qui sont ovoides, roussâtres avec la bordure noire.

Au-dessus et à côté d'eux on aperçoit plusieurs petits points noirs, quelquefois assez nombreux et accompagnés de quelques lignes de la même couleur ; au-dessous et vers la base des pattes, il en existe encore quelques-uns. Souvent les bandes brunâtres et les petits points noirs sont à peine sensibles , et alors toute la chenille est blanchâtre. Le ventre est un peu verdâtre.

La tête est blanchätre, légèrement moirée de brunâtre avec de très petits tubercules pilifères noirs. Les vraies pattes sont roussâtres, les autres sont de la couleur du corps avec un ou deux petits points noirs à leur côté externe.

Cette chenille, déjà très différente de ses congénères pour les couleurs , en diffère aussi par ses mœurs. Elle vit sur le Verbascum Tychnitis et quelques autres espèces rameuses, mais je ne l'ai jamais rencontrée sur le 7. Thapsus, te très commun dans les mêmes localités,

Dans sa jeunesse, et avant sa troisième mue, elle se tient à la base des feuilles et aux embranchemens de rameaux de fleurs, qu'elle ronge à l’abri d’une toile qu’elle s’est fabri- quée, et qui l'enveloppe et la cache complètement ; plus tard elle se tient à découvert, et ronge les fleurs de la plante ou se place sous les feuilles qu'elle mange également. Maïs c'est surtout lorsqu'elle est arrivée à toute sa grosseur qu’elle

24 ANNALES

descend souvent jusqu'à la base de la tige pour se cacher sous les feuilles inférieures.

Elle est quelquefois si abondante dans certaines localités, que j'ai vu souvent des Verbascum de six à huit pieds de hauteur, qu'elle avait complètement privés de leurs fleurs et de leurs feuilles. On la trouve au mois de juin, dans une grande partie de l'île de Corse; j'en ai rencontré deux individus, au commencement d'août, dans des lieux assez élevés des Alpes de l'Isère. J'ai aussi vu une de ces chenilles

à M. Duponchel qui l'avait recue de Provence; T qu’elle soit assez répandue, cette espèce est encore ignorée de la plupart des entomologistes.

La chrysalide est aussi grosse que celle de la C. NA erbasci; verdâtre et transparente à l'enveloppe des ailes. Le pro- longement du dessous du ventre est très long et arrive pres- que à l'extrémité du dernier anneau.

GENRE ERASTRIA. Erastria Elychrysi. (PL. 2, fig. 15.)

EAlis anticis olivaceo-rufis, fasciis duabus albis, interna areuata. altera exterius angulum efficiente.

Cette jolie espèce est très près de l'E. Minuta, mais elle en est bien distincte. Ses ailes supérieures, sont ds cou- leur olive, tirant plus ou moins sur le roux ;souventelles sont d'un roux verdâtre avec quelques marques rouges ou fauves.

Elles sont traversées par deux bandes blanches; la plus interne est courbée intérieurement, et ses deux extrémités viennent quelquefois se réunir à leur base, qui est blanche; l'autre bande, qui passe à-peu-près par leur milieu a ses bords un peu sinueux, et présente vers le milieu de son bordexterne, comme dans la Minuta, un petit avancement en forme de

DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 25

dent un peu crochue; cette bande est ici toujours plus étroite que dans la Minuta. I y à aussi, le long du bord ex- terne de l’aileg une ligne irrégulière sinueuse blanche, qui s'étend un peu sur le bord interne de la frange, et une tache semblable allongée qui part tout près du sommet. ;

La moitié interne de la frange est d'un roux verdâtre; l'autre portion est blanche, plus ou moins entrecoupée de roux verdâtre; les ailes postérieures sont d’un brun un peu roussâtre, blanchâtres à la base. Leur frange est blanche, traversée dans sa longueur, et près de son bord interne, par deux lignes sinueuses d’un brun roussâtre, dont l'interne est le plus souvent la seule visible.

Le dessous des supérieures est d'un brun roussâtre, avec le bord postérieur et quelques traits au bord externe blan- châtres ; la frange est blanchâtre avec des lignes transverses brunes. Le dessous des inférieures est d’un blanc un peu roussäire. Le corps est en dessus d’une teinte pâle, qui participe de celle des ailes; la tête est blanche au sommet; les palpes, médiocrement longs, sont roussâtres; les an- tennes, un peu ciliées dans le mâle, sont brunûtres; le ventre et les pattes sont d’un blanc sale ou un peu roussâtres.

La chenille n’a que douze pattes; elle est épaisse, courte, amincie à ses deux extrémités. Sa couleur est d’un vert un peu brunâtre ou un peu roussâtre, plus pâle en dessous. Le vaisseau dorsal est marqué par une ligne plus sombre, et un peu après se trouve une bande blanche ou blanchätre, longitudinale, qui se rétrécit aux extrémités. Au-dessous de cette bande existe une nuance sombre, formant comme une autre bande, qui est traversée près de son bord infé- rieur par un liséré blanchâtre longitudinal peu visible. Plus bas, la teinte pâlit et devient presque blanchätre dans la région des stigmates, puis elle s’obscurcit un peu avant la base des pattes. Le ventre est blanchâtre. Les stigmates sont

26 ANNALES

circulaires avec le bord épais, noirâtre et le disque obscur; le dernier est plus grand que les autres. Le premier anneau offre en dessus des marques noirâtres plus @u moins visi- bles. Les tubercules pilifères sont petits, noirs, et portent un poil blanchâtre assez long. |

La tête est petite, noire à sa partie supérieure, d’un vert roussâtre inférieurement. Les vraies pattes sont d’un vert roussâtre; les autres sont vertes, avec une demi-couronne de crochets. è

Elle se trouve au mois d'avril, juin et juillet sur l'Elychry- sum Angustifolium, et se tient à l'extrémité des tiges. Pour se métamorphoser, elle forme entre les feuilles de la plante une petite coque molle, ovoide, d’un blanc jaunâtre, et produit une chrysalide courte, noire avec la partie infé- rieure du ventre , une portion des côtés et de l'enveloppe des ailes d’un vert roux. Les anneaux du ventre ont supé- rieurement deux bords saillans; l’extrémité est obtuse, ar- mée de quatre pointes distantes.

Erastria Scitula. (PI. 2, fig. 16.)

Æ. Alis anticis albo cinereoque variis , macula reniformi, linea- que marginali undulata, nigro-notatis.

Elle est un peu plus grosse que l'E. Elychrysi.

Les ailes supérieures sont mélangées de brun cendré et de blanc; la base, ou à-peu-près le tiers interne de l'aile, est blanchâtre, quelquefois lavé d’un peu de brun cendré, avec une ligne transverse brune près du corps. Cette portion est circonscrite par la ligne transverse interne qui est cour- bée, sinueuse et noirâtre ; à partir de cette ligne jusqu’à la ligne médiane, l'aile est brunâtre; la tache réniforme, qui est comprise dans cet espace, est marquée intérieurement d'une ligne noire transverse, et extérieurement de quelques

e

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 27

atomes noirs. La ligne médiane est flexueuse, fortement courbée vers le bord externe de l’aile ; la ligne externe touche presque le bord de l'aile; elle est blanche, très flexueuse, et forme à l'union de son tiers antérieur un angle rentrant qui vient s'unir avec la ligne médiane. L'espace entre ces deux lignes est d’un brun cendré; celui qui existe entre la ligne externe et le même bord est très étroit, de la même couleur, et fortement élargi par l'angle rentrant de la ligne externe ; il est traversé dans cet endroit par une ligne noire longitudinale.

Les ailes postérieures sont brunâtres, plus pâles à la base, traversées par une ou deux lignes blanchâtres peu visibles. Les franges sont variées de blanc et de brun; le corps est blanchâtre, les écailles du prothorax sont d’un brun roux, les palpes sont de la même couleur; la tête est aussi tachée de cette couleur.

Les antennes sont roussâtres, un peu ciliées dans le mâle; les pattes sont blanchâtres, le ventre est brunâtre, avec les anneaux bordés de blanc: les franges sont variées de blanc et de brun.

Les ailes supérieures sont brunes en dessous, avec la marge postérieure, une partie de la marge externe, et une tache au bord antérieur, blanchâtres ; les autres sont blan- châtres.

GENRE ANTHOPHILA. Antophila Obliterata. (P1. 2, fig. 17.)

A. Alis anticis griseo-rufescente albidoque variis , lineis tribus transversis albidis , obsolets.

Cette espèce est à-peu-près de la taille de | 4. Amæna dont elle se rapproche un peu : elle doit être placée entre elle et l']namæna.

28 ANNALES

Ses ailes supérieures sont d'un gris roussâtre, un peu variées de blanchâtre. Des trois lignes transverses, les deux extérieures sont seules bien distinctes. Toute l'aile, depuis son attache jusqu’à la ligne médiane, est plus ou moins mé- langée de brun roussâtre et de blanchâtre; on aperçoit sur cette espèceles deux taches ordinaires qui sont blanchâtres, mal circonscrites; la réniforme présente, à son côté pos- térieur, une petite tache obscure, et, après elle, l'aile est traversée par une nuance sombre qui quelquefois se pro- longe jusqu’au bord antérieur en passant au côté interne de la tache. En approchant de la base de l'aile, on voit encore une ou deux lignes transverses obscures qui sem- blent border les traces blanchâtres de la ligne interne. L’es- pèce décrit est limité par la ligne médiane qui est blan- châtre. Celle-ci est un peu sinueuse, courbée antérieurement elle forme un angle externe très obtus. L'espace qui la sépare de la ligne externe est plus au moins obscur, d'au- tant plus foncé, qu'on approche de cette dernière ligne; il forme comme une large bande transverse. de

La ligne externe est sinueuse, blanchâtre, presque in- sensible antérieurement, plus large postérieurement, bordée de roux noirâtre à son côté interne; l’espace entre elle et la frange est d’un brun roussätre. La frange est grise, avec des lignes plus obscures; les ailes postérieures sont d’un gris roussâtre blanchâtre, plus ou moins nuancées par les nervures, qui sont larges et plus sombres ; leur frange est plus pâle qu'aux ailes supérieures.

En dessous les aïles sont un peu luisantes, d’un gris roussâtre très pale, avec des nuances plus foncées aux su- périeures.

Tout le reste du corps est grisâtre; les palpes sont mé- diocrement longs et les antennes très peu ciliées. |

J'ai rencontré cette espèce au mois de juin,-dans les en-

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 29

droits marécageux , au bord de la mer, près de Bastia, dans des lieux remplis d’Atriplex et de Salicornia; on la fait par- tir en marchant.

Elle se lève au moindre mouvement et voltige avec beau- coup de vivacité.

Elle ne semble pas rare dans ces localités, il est très

difficile de la prendre fraiche.

GENRE ZETHES.

Caractère du genre Zethes.

Ailes grandes et larges, présentant un angle au milieu de leur bord externe , ayant leur dessous fortement co- lore, avec un croissant plus ou moins pupillé.

Corps mince proportionnément à la grandeur des ailes ; peu allonge, comme dans le genre Ophiusa.

Tête de grosseur médiocre, portant des antennes un peu ciliées dans les deux sexes ; les palpes fort longs, très comprimes , presque droits à partir du pre- mier article ; celui - ci dépassant le chaperon de la moitié de sa longueur; troisieme article, moitié moins long que le precedent, beaucoup plus mince, d’égale grosseur dans toute sa longueur. Spiritrompe

longue.

Zethes Insularis. (PI. 2, fig. 12.)

Z. Alis supra nigro-rufescentibus ; margine externo late fusco- cinerascente ; anticis lineis transversis duabus nigris, exteriore flexuosa litura albida marginata. Infra fusco-rufis, duabus lineis transversis lunulaque albo puvillata , marginibus externis in angulum medium productis.

Ce Lépidoptère présente à-peu-près une envergure de seize lignes.

30 | ANNALES

Les quatre ailes offrent un angle au milieu de leur bord externe.

Les supérieures ont leur surface divisée en trois portions par deux lignes transverses. La portion externe est d'un brun cendré un peu roussâtre, surtout vers la marge; elle est traversée dans sa longueur, près de son côté externe, par une nuance brune en forme de bande, qui n'est pas sensible antérieurement; les nervures de l'aile forment sur cette partie quelques lignes brunâtres, ponctuées de blanc, peu visibles, et postérieurement une tache trian- gulaire appuyée sur le bord de l'aile, séparée de la li- gne transverse seulement par le liséré d'un blane rous- sâtre. La ligne transverse qui limite cet espace est noire, sinueuse, et forme deux angles obtus assez saillans, dont un antérieur, et l’autre postérieur; son milieu est forte- ment concave; cette ligne est bordée extérieurement par un liséré d’un blanc roussâtre; elle se fond, par son côté interne, avec la nuance d’un brun roussâtre, qui teint la portion moyenne, et qui devient noïirâtre en approchant de cette ligne. Il existe, sur cette portion , une tache allon- gée, d'un gris cendré, bordée de blanchâtre et placée obli- quement, qui, partant du bord antérieur , se termine en pointe au dessous de l'angle antérieur de la ligne transverse.

Cette tache est bordée à la partie antérieure de son côté interne, par une nuance noirâtre, qui part du bord anté- rieur de l'aile, et qui semble se prolonger sur le disque et s'unir avec une tache obscure à peine sensible, qui repré- sente la tache réniforme; à son côté externe on voit, sur le bord de l'aile , un petit trait blanchître,

Plus intérieurement et près de la ligne interne,on aperçoit un point obscur plus ou moins marqué, et qui tient lieu de tache orbiculaire. La ligne interne est d’un roux noirûtre, sinueuse, un peu courbe, bordée de blanchâtre, surtout à

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 3x

son côté externe. Tout l'espace qu'elle comprend jusqu’au corps, est d'un brun roussâtre , un peu cendré.

Les ailes inférieures sont tout-à-fait de la même couleur des supérieures ; elles sont traversées par deux lignes noires qui font suite aux deux des supérieures, et de plus, par une bande noire , sinuée et formant un angle dans son milieu, à son côté postérieur, qui est bordé par une teinte plus claire ; la portion postérieure de ces ailes est complètement semblable à la même partie des antérieures, avec une pe- tite marque noirâtre à l'angle du milieu du bord.

La frange est d’un brun grisätre, bordée intérieure- ment par un liséré d'un blanc roussätre très fin, appuyé sur le bord de l'aile qui forme une ligne noiïrâtre très mince, un peu crénelée, et plus marquée à la section des crénelures. L’angle antérieur des premières ailes est très saillant ; il y a aussi un petit angle saillant aux secondes, après ce même angle.

Le dessous des ailes est d’un brun roux, assez foncé, avec deux ou trois lignes transverses plus brunes, un peu éclairées extérieurement, et un croissant avec une double pupille blanche , plus ou moins apparente. Tout le corps et la tête sont d'un brun roussâtre , ainsi que les palpes, dont l'extrémité est un peu blanchâtre. Les antennes sont aussi d'un brun roussâtre , légèrement annelées de noirâtre en dessus ; un peu ciliées dans les deux sexes, mais un peu plus dans le mâle. Les pattes sont d’un brun roussâtre ; les antérieures sont courtes, avec le tibia également court ; les postérieures , médiocrement longues, ont le tibia assez épais.

Je n'ai rencontré cette espèce qu’une seule fois au com- mencement du mois de juin , sur le revers méridional d’une petite montagne , aux environs d’Ajaccio ; je la faisais partir

32 ANNALES

devant moi, en marchant à travers les diverses plantes dont le sol était couvert; elle allait se reposer à peu de distance.

GENRE HEMITHEA. ( Duponchel.)

Hemithea Corsicaria. (PI. 2, fig. 6.)

H. Alis anticis griseis , strigis tribus tranversis sinuafis punctisque duobus, nigrescentibus ; fronte griseo. Antennis in mare pectinatis.

Cette Phalène ressemble extrêmement à la Coronillaria, ainsi qu’à la variété grise de la Cytisaria. Elle est toujours au moins un tiers plus petite que la Coronillaria , ét les an- tennes du mâle sont plus pectinées ; le front, qui est tou- jours très noir chez l’autre, ainsi que chez la Cytisaria, est constamment gris dans la nôtre, tandis que l’espace qui est entre les antennes est , au contraire, plus sombre. C'est surtout dans sa larve que ce Lépidoptère présente des dif- férences bien tranchées. |

Elle ressemble tout à-fait pour la forme à celle de la Coronillaria , mais elle est près de moitié plus petite. Sa couleur est ordinairement verte, quelquefois d’un jaune un peu obscur, et très rarement rougeûtre.

Le vaisseau dorsal forme une ligne un peu plus sombre, et,sur ses côtés,se voit une série de taches blanches triangu- laires,ayant un angletourné vers l'anus; quelquefois elles sont placées sur une ligne blanchâtre ; ces taches s'unissent en- semble sur les derniers anneaux ; elles disparaissent sur les deux premiers et le dernier. Les côtés offrent une bande blanchâtre, très sinueuse, plus ou moins large, se dilatant sur chaque anneau, elle est marquée d’une tache d’un rouge violet; quelquefois cette couleur borde inférieure- ment toute la bande; celle-ci se détourne pour se porter à la base de la troisième paire de pattes ; elle reparaît sur les premier et deuxième anneaux.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 33.

Le ventre est marqué detrois lignes blanchâtres, dont la. médiane plus étroite.

Le premier anneau est bifide avec un profond sillon ; la tête est petite, verte, bifide, chagrinée comme tout le corps; ses deux angles supérieurs sont un peu roses.

Les pattes sont vertes ; les postérieures se prolongent autour de l’anus en deux petites queues. Les stigmates sont ovoides , d’un blanc un peu rosé, avec le bord vert.

Pour se métamorphoser, elie forme un réseau très lâche de soie rousse, entre les débris des végétaux, et produit une chrysalide, semblable pour la forme et un peu pour les couleurs, à celle de la Coronillaria.

Elle est d’un gris plus ou moins rougeâtre ou roussâtre, plus clair sur les anneaux du ventre, qui présentent en dessus une ligne verte interrompue , qui n'atteint pas l'extrémité ; près de celle-ci 1l en existe une autre, égale- ment interrompue, blanchâtre, bordée de rose; les côtés sont aussi marqués d'une ligne semblable, plus courte, et tout-à-fait inférieurement l'on en voit le commencement d’une autre. Toute chrysalide, et surtout l'enveloppe des ailes, sont sablés de points noirs inégaux, plusgros et plus nombreux que sur celle dela Coronillaria. Son extrémité est déprimée, canaliculée inférieurement, armée, au bout et sur son bord, d'une rangée de soies crochues.

Cette chenille se trouve Sur le Genista Corsica (1), d'a-

(x) Je n’ai trouvé l'A. Corsicaria qne sur cette plante, tandis que la Coro- nillaria ne se rencontrait que sur les Cytisus Lanigerus et Spinosus. Je doute fort que cette espèce vive sur des légumineuses herbacées, comme semble l’in- diquer son nom; et même l'individu figuré par M. Duponchel ne me sembleêtre qu'une variété grise de la Cytisaria , fort commune dans le centre de la France: la véritable Coronillaria doit être confinée dans la partie méridionale de la Provence croit la plante qui la novrrit. On pourra voir les différences qui caractérisent ces chenilles dans notre Collection iconographiqt d'Europe.

TI. 9

e des chenilles

34 ANNALES bord au mois de mars, puis en juin ; le papillon paraît en avril et mai, puis en juillet et août.

GENRE FIDONIA. (Treitschke. )

Fidonia Assimilaria. (PI. 2, fig. 0 TO

F. Alisanticis griseo-albidis, fascits tribus atomisque rufis adspersis, posticis subtus fasciis longitudinalibus albis. Antennis in mare pectinatis. ;

Cette Fidonie ressemble beaucoup à la F. Murinaria ; mais elle en est séparée par des caractères bien distincts. Elle est toute d’un oris blanchâtre. Les ailes supérieures sont comme chez la Murinaria traversée par trois raies d’un brun roux, mais l’externe est moins sinueuse, fléchie anté- rieurement, elle forme un angle obtus; ces raïes sont quelquefois maculaires, d’autres fois elles disparaissent presque entièrement, surtout chez les femelles. Le bord externe de l'aile est marqué d’une série de petits traits noi- râtres. Les ailes inférieures sont de la même couleur que les autres, et ont les traces de deux bandes et d’un point brun et une série marginale de petits traits de même cou- leur; outre cela, toutes les quatre sont plus ou moins sau- poudrées d’atomes d’un brunggoussâtre. Les franges sont grises; celles des supérieures, entrecoupées de brun plus foncé.

Les ailes supérieures sont en-dessous d'un brun roussätre, rousses au bord antérieur et au sommet, avec quelques raies blanchâtreslongitudinales qui partent du bord externe seulement visibles antérieurement ; les postérieures sont d'un gris roussâtre, avec deux bandes transverses d'un brun roux, les nervures rousses et des stries longitudinales blanches placées entre les nervures; quelquefois ces stries

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 35

deviennent confluentes et rendent laile toute blanche, mar- quée seulement de quelques atomes et des nervures rousses.

Tout le corps est grisätre, plus ou moins saupoudré d’a- tomes roussâtres. Les antennes sont deux fois autant pec- tinées que chez la Murinaria et les palpes beaucoup plus courts.

Elle paraït jdeux fois; en mars et avril, puis en août. On la trouve dans toute la Corse, dans les endroits arides et dans les montagnes.

GENRE LIGIA. (Duponchel.) Ligia Caliginearia. (PI. 2, fig. 34.)

L. Alis anticis fusco-ferruginis, margine externo rufescente ; linets duabus transversis, externa exterius ferrugineo marginata , punrc-

toque nigrescentibus , serie transversa punctorum alborum.

Ceïte espèce s'éloigne un peu de ses deux congénères pour le dessin , et surtout pour la forme des ailes inférieures, qui sont plus allongées, plus étroites, avec le bord posté- rieur plus arrondi; les antennes sont également pluslongues, plus aiguës, plus grèles, beaucoup moins pectinées.

Les ailes supérieures sont d'un gris de fer; elles sont traversées près de leur base par une ligne plus obscure courbée et un peu sinueuse, oblique; et un peu au- delà du milieu par une autre ligne de la même couleur, oblique, un peu sinuée, courbée en dedans à son extré- mité antérieure ; elle est bordée à son côté externe par une bande ferrugineuse qui n'atteint pas le bord antérieur, et qui est bordée elle-même par une nuance sombre, sur le bord externe de laquelle est appuyé une série transverse de points blancs; le reste de l'aile est un peu plus obscur que le fond et teint de roux, il forme comme une bande margi-

3.

36 ANNALES

nale dont le côté externe est bordé d’une série de points noirs. Quelques nervures du milieu de laile sont plus obscures. La ligne interne est marquée d'un peu de roux et l’on voit un point noirâtre sur le disque de l'aile.

Les ailes postérieures sont très pâles , devenant grisbrun postérieurement. Les franges sont de la couleur des ailes.

Les supérieures sont brunâtres en dessous , plus foncées au bord antérieur et au sommet avec les rudimens d'une ligne noirâtre qui part du bord antérieur; les secondes ailes sont blanchâtres, aspergées d’atomes bruns avec un point, une ligne transverse , et la marge postérieure brunes.

Le corps est de la couleur des ailes ; le ventre et les pattes sont plus pâles et roussâtres.

Elle porte un toupet de poils sur la tête. Les antennes sont brunâtres avec l'axe roussâtre.

Je n'ai pris qu'une seule fois cette Phalène au milieu des makis sur une montagne assez élevée, aux environs d'A- jaccio, dans le mois de mars (1). M. Donzei l'a aussi dé- couverte dans les environs d'Hières. Pendant le repos cette Ligie tient ses ailes à-peu-près parallèles au plan de posi- tion, croisées les unes sur les autres comme les Agrotis

Segetum, Exclamationrs.

GENRE DOSITHOEA. ( Duponchel. )

Dosithæa Infirmaria. (PI. 5, fig. 18.)

D. Alis griseo-pallidis , ‘usco rubroque adspersis, strigis transversis fuscis : fimbris interne serie duplici punctorum nigrorum. Mar-

gine postico sinuato. Elle est à-peu-près aussi grande que la D. incanaria ;

(x) Les deux autres espèces du genre Ligia paraissent au mois de septembre et d'octobre; leurs chenilles, au mois de mars, sont presque arrivées à leur

BTOosseur,

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 37

mais ses ailes sont un peu plus étroites ; elles sont d'un gris très pâle, plus ou moins couvertes d’atomes bruns et roux, ces derniers sont souvent si nombreux qu'elles en prennent une teinte rougeûtre.

Elles sont marquées d'un point central noirâtre; quel- quefois les supérieures en ont deux autres plus intérieure- ment, dont un sur le bord antérieur ; elles sont, de plus, traversées par plusieurs lignes sinueuses, brunes, quelque- fois rougeâtres, dont une, surtout plus visible, placée entre le point et la frange.

Les franges sont de la-couleur des ailes , elies sont bor- dées intérieurement par une double série de petits traits bruns. |

_ Le dessous des ailes est semblable au-dessus, obscure par un grand nombre d’atomes bruns, avec le bord anté- rieur roussâtre. |

L'espace entre les antennes est blanc; celles-ci ne sont pas sensiblement pectinées.

Elle se trouve dans le mois de juin, aux environs d'Ajaccio.

Dosithæa Attenuaria. (PI. 2, fig. 19.)

D. Alis elongatis, griseo-rufis, puncto lineisque fuscis obliquis - transversariis. Posticis emarginatis.

Elle est aussi grande que la D. Filicaria, mais ses ailes sont plus étroites , et bien plus allongées; les postérieures sont échancrées, comme tronquées postérieurement.

Les premières ailes sont d'un gris roussâtre pâle, avec le sommet un peu plus clair, et un point central brun. Elles sont traversées par cinq lignes sinueuses, dont les trois externes les plus larges et les plus visibles sont très pres- sées; placées sur la marge externe elles n'atteignent pas

38 ANNALES

le bord antérieur, et s'arrêtent brusquement avant le som- met à côté d’une parte plus claire. La quatrième passe par le point central, et l’autre entre ce point et la base. Ces lignes sont obliques quoique parallèles au bord externe de l'aile. Les ailes inférieures sont un peu plus brunes que les supérieures, à cause des lignes qui s’élargissent et se con- fondent entre elles; ces lignes sont plus marquées vers le bord interne et: surtout au milieu de l'aile. La frange est couleur des ailes entrecoupée de taches brunes.

Le dessous est un peu plus obscur que le dessus, on y voit la répétition du dessin du dessus.

Le dos est roussâtre, le ventre est long et plus ou moins nuancé de brun avec le dernier anneau d'un jaune roussâtre en dessous et fort long. Le reste est gris. Les palpes courts et extrêmement minces, la spiritrompe assez longue, les an- tennes peu pectinées.

GENRE ACIDALIA. ( Duponchel.) Acidalia Elongaria. (PI. 2, fig. 20.) :

A. Alis einereo-rufescentibus , atomis nigris adspersis, strigis undatis iransversis , puncioque in medio nigro.

Cette petite Phalène est dela taille de la Dosithæa Incana- ria à laquelle elle ressemble un peu, mais ses ailes sont plus allongées. |

Elles sont d’un gris blanchâtre, un peu roussâtres , plus rousses au bord antérieur et à la base des supérieures ; elles sont marquées d’un point central noirâtre. Les supérieures sont traversées depuis le bord externe jusqu'au point du centre par quatre, et les inférieures par trois lignes d’un brun roussâtre, sinueuses , assez marquées; depuis le point

DE LA SOCIÉTE ENTOMOLOGIQUE. 39

jusqu'au corps on en voit encore une ou deux ; outre cela les ailes sont sablées d'atomes noirs placés comme par groupes. Les franges sont roussâtres avec le bord externe bruuâtre. Elles sont marquées extérieurement d’une série de points noirs écartés.

En dessous les ailes sont un peu plus pâles, avec un point noirâtre, trois lignes transverses de: la même couleur, et l'apparence d'une quatrième passant dans la direction du point central. Tout le corps est de la couleur des ailes.

L'espace entre les antennes est blane, les antennes ne sont pas sensiblement pectinées. Les palpes sont très courts, lisses, cylindriques. La trompe est courte.

Elle se trouve au mois de septembre aux environs d’A- Jaccio.

Acidalia Obsoletaria. (PI. 2, fig. 21.)

A. Alis cinereo-rujis, strigis sinuätis transversariis, obsoletis , puncto in medio nigro.

Elle est de la taille de la Dosithæa Incanaria. Ses ailes sont d'un roux cendré, plus rousses au bord antérieur; leur milieu est marqué d'un petit point noir. Elles sont tra- versées avant le point noir par trois ou quatre lignes si- nueuses, un peu plus obscures, très peu sensibles; entre le

point noir et le corps il en existe encore une ou deux, éga-

5 Jement très peu apparentes. Les franges sont larges, un peu plus pâles que les ailes, marquées intérieurement d’une sé- rie de petits points très écartés.

Le dessous des ailes supérieures est d’un brun roux, plus roux au bord antérieur; elles sont marquées d’un point et de trois lignes brunes vers le bord externe. Les inférieures sont roussâtres , avec un point noir et deux lignes trans-

verses brunâtres.

0 | ANNALES

Les quatre ailes sont bordées d'un liséré d’un brun roux, et la frange, qui est roussâtre, présente intérieurement une série de petits points noirâtres et très écartés. |

: Fout le corps est de la même couleur que les ailes, la partie supérieure de la tête est d'un blanc vif, et les an- tennes, qui ne sont pas sensiblement pectinées, sont rous- sâtres. Les palpes sont courts cylindriques, lisses. La trompe courte.

On rencontre cette petite Phalène au mois de juillet aux environs d'Ajaccio.

GENRE EUBOLIA. ( Duponchel. ). Eubolia Proximaria. (PI. 2, fig. 7.)

E. Alis anticis albido griseis , puncto, lineis vittaque media undulata , exterius longe producta transyersariis , REgTiS.

Cette jolie Phalène est tout-à-fait à côté de l’Æ. Peribo- lata , avec laquelle elle a les plus grands rapports. Les ailes, surtout les inférieures, ont une forme un peu plus trian- gulaire ; les supérieures sont également d'un blanc cendré plus ou moins éclatant, et traversées par plusieurs lignes et une bande médiane noire; celle-ci blanchâtre dans son milieu, elle est marquée un peu antérieurement d'un point noir. Mais ce qui distingue surtout cette espèce de sa congénère , c'est que le côté externe de la bande mé- diane est plus flexueux, plus anguleux, et la saillie que forme le milieu de ce bord est beaucoup plus avancée, cou- pée carrément ou un peu bifide. La ligne noire qui vient après offre tout-à-fait les mêmes inflexions. Les autres lignes sont aussi un peu plus sinueuses.

Les ailes inférieures sont d'un brun roussätre comme

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 4x

dans l’autre, mais la ligne noirâtre qui traverse le milieu de ces ailes forme également un angle beaucoup plus saillant.

Le dessous diffère peu de l’autre espèce, et ne reproduit pas les différences du dessus d'une manière bien sensible. Les lignes noirâtres qui iraversent les ailes inférieures sont plus foncées, surtout celle du milieu, qui à l'mverse du dessus est moins anguleuse et fléchie que dans l’autre, toutes quatre sont aussi marquées d'un point noir.

La chenille est brune, elle a sur le dos une bande noirâtre qui se rétrécit vers le bord postérieur de chaque anneau, et sur cetie bande une série de taches blanchâtres triangu- laires quelquefois peu apparentes ; à côté on voit une autre bande longitudinale, blanche, comme interrompue aux in- cisions des anneaux ; entre elle et les stigmates, il existe une teinte sombre et quelquefois comme deux bandes qui se touchent, et dont la supérieure est plus claire; il y a sur les côtés l'apparence d’une ligne plus pâle. Après cha- que stigmate, on voit deux taches noires plus ou moins sensibles.

Le ventre est marqué de deux bandes noirâtres, et lin- tervalle qui les sépare est coupé en deux par une ligne d’un brun roux. Les stigmates sont ovoïdes, noirs, avec la bordure épaisse et le disque enfoncé. La tête est roussâtre, un peu aplatie en devant, striée en travers et maculée de brun roussitre. .

Les pattes sont plus pâles que Île corps.

On la trouve sur le Genista Corsica dans le mois de mars.

Elle entre en terre pour se métamorphoser, et produit une chrysalide peu allongée, conoïde , aiguë, finement ri- dée et ponctuée, d’un rouge obscur. Elle se termine en une pointe allongée, fourchue , étranglée avant la bifurca- tion , dont les deux pointes se recourbent d'une maniere opposée. Cette espèce, qui n’est pas commune dans l'île,

42 ANNALES

paraît, dans le mois d'octobre, aux environs de Bastia, et dans les lieux se rencontre le Genista Corsica.

Eubolia Scitularia. (1) (PI. 2, fig. 8.)

E. Alis anticis fusco rufoque variis, lineis quatuor transversis albis, externa dentata.

Elle est de la taille de la Melanthia Blundiata, à laquelle elle ressemble.

Les ailes supérieures sont en partie brunes, en partie roussâtres ; elles sont traversées par quatre lignes blanchä- tres, sinueuses, et l'intervalle des deux lignes médianes forme une bande brune, marquée de quelques lignes si- nueuses plus obscures et d'un point noirâtre; la ligne qui borde le côté externe de la bande est très blanche, formant quelques angles très obtus, elle est elle-même bordée d’un liséré fin et brun; après elle vient une nuance claire for- mant une espèce de bande d’un blanc roussâtre; laportion qui reste jusqu’à la dernière ligne est brunâtre ou d’un brun roussâtre avec des parties plus foncées; cette ligne est très sinueuse, presque dentée en scie avec les angles un peu ob- tus ; elle est blanche, obscurcie dans quelques endroits, pres- que parallèle au bord de l'aile dont elle est très près; l'es- pace entre elle et ce bord est brun, marqué de quelquestraits sagittés noirâtres, avec une ligne semblable et oblique qui part du sommet de l'aile. Le tiers interne de l'aile qui est tra- versé par la ligne la plus interne, seulement un peu courbe, est d’un brun un peu roussâtre, marqué de quelques lignes

(1) J'aurais pu faire aussi bien de cette Phalène une HMelanthia ou une Melanippe qu’une Eubolia, car je ne vois, entre la plupart des espèces qui composent ces genres, aucune différence, de telle manière qu’on pourrait facilement les faire passer de lan dans l'autre sans en troubler l'harmonie.

DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 43

plus foncées ; à l’union de cetie portion et de la bande du milieu de l’aile, il y a une doubleligne blanchâtre. La frange est grise, bordée intérieurement par un liséré noir un peu entrecoupé de roussâtre, avec deux lignes brunäâtres qui la parcourent dans sa longueur. Elle est un peu entrecoupée de brun.

Les ailes inférieures sont très pâles, un peu brunes pos- térieurement. La frange est blanchâtre, un peu entrecoupée de roussâtre, avec une ligne de la même couleur; le dessous des ailes est brunâtre, il reproduit un peu le dessin du des- sus ; les inférieures sont traversées par deux bandes ou h- gnes brunes, et toutes les quatre sont marquées d'un point brun peu sensible.

Le thorax est à-peu-près de la couleur des aïles supérieu- res , le ventre de la couleur des inférieures. Les antennes sont grises, la trompe assez longue.

Elle se trouve, au mois de juin, aux environs d'Ajaccio et de Bastia.

GENRE CIDARIA. ( Treitschke.} Cidaria Malvata. (PI. 2, fig. 7.)

à] ° e 0 e 7e , C. Alis anticis fusco-rufis , vitta media transversa angulaia, in medio fascia alba interrupta, maculari, vel subnulla, di- lucidata Linea marginali serrata albo notata.

Elle est de la taille de la Cédaria Russata. Les ailes supé- rieures sont d'un brun roussâtre, plus ou moins obscur. Leur base est d'une teinte plus foncée, limitée par une ligne anguleuse. Le milieu de l'aile est traversé par une large bande, plus obscure que le fond , sur laquelle il existe plusieurs lignes peu sensibles, très sinueuses; ses bords

44 ANNALES

sont sinueux, et forment quelques angles au côté interne, qui est un peu éclairé de blanc.

Au milieu de cette bande, on en voit une autre de cou- leur blanche , quelquefois continue et atteignant les deux bords de l'aile, d'autre fois interrompue ou formée seule- ment de quelques taches; elle peut même disparaître. Près du bord externe , il existe une ligne transverse, fortement dentée en scie, plus ou moins éclairée de blanc extérieu- rement; entre cette ligne et la bande on aperçoit, comme sur toute l'aile, des traces de lignes brunes sinueuses; les nervures sont un peu marquées de brun, et , entre elles an- térieurement, l'on remarque quatre ou cinq traits noirs qui viennent se rendre dans les angles de la ligne; il part obliquement du sommet un trait brun, plus ou moins visible.

Les ailes de dessous sont d'un brun roussâtre, ou seule- ment roussätre, plus foncées près de la marge postérieure; l’on voitles traces de plusieurs lignes transverses sinueuses, dont une plus sensible vers le milieu.

Le bord des quatre ailes est marqué d’une série de petits croissans noirs , très fins , coupés en deux par un très petit point roussâtre.

Les franges sont d’un brun roussâtre, traversées dans leur longueur par une ou deux lignes plus sombres, en- trecoupées de brun aux supérieures.

Le dessous des supérieures est d’un brun roux, avec la marge grise, un point noir et la répétition du dessin du dessus.

Les inférieures sont d’un gris roussâtre, avec un point et deux lignes transverses, noirâtres, mieux marquées qu’en dessus.

Tout le corps est de la même couleur que les ailes; les

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 45

quatre premières pattes ont leur face supérieure noirâtre, annelée de roussâtre.

La chenille est d’un blanc jaunâtre, un peu verdâtre, quelquefois un peu brunûtre; le dessus offre une teinte plus foncée, produite par des dessins formés de bandes et lignes diverses. Chaque anneau , excepté les premiers et les derniers,offre un espèce de triangle blanchâtre, plus ou moins apparent. Les côtés ont une bande peu marquée, blanchà- tre ou jaunâtre. Les stigmates, qui sont entourés par plu- sieurs tubercules, sont arrondis, jaunâtres, avec la bor- dure noire ; le ventre est marqué par quatre lignes blanchâtres ou jaunâtres, et cinq lignes obscures ; ces lignes sont peu distinctes et presque mêlées. Le pénultième an- neau offre deux éminences; la première est presque bi- fide, avec deux petits tubercules au sommet; la seconde, moins élevée, presque demi circulaire, porte huit tuber- cules, dont les deux plus gros la rendent bifide.

Les pattes et la tête sont de la couleur du corps ; celle-ci est marquée de quelques points bruns.

Elle fait une coque légère parmi les débris des végétaux, et produit une-chrysalide assez épaisse et courte, toute ru- gueuse , d'un rouge brun presque noirâtre ; le dernier an- neau est un peu renflé à son extrémité ; il se termine par deux soies crochues, divergentes , entourées de quelques autres plus petites.

Nous avons découvert cette chenille, M. Solier et moi ; aux environs de Marseille, à la fin du mois de janvier, quel- ques-unes déjà étaient près de se métamorphoser; nous l’a- vons retrouvée en Corse au mois de février. Elle vit sur les Mauves ; le papillon paraît au mois de septembre.

46 ANNALES

GENRE LARENTIA. ( Treitschke. )

Larentia Dissimilata. (PI. 2, fig. 11.)

L. Alis fusco-cinereis albo flavoque variis , lineis numerosis undatis fuscis.

Quoique cette espèce soit très rapprochée par le dessin de la ZL. Riguata , elle a cependant un port très différent.

Elle est d’un gris cendré, un peu jaunâtre, avec quelques marques jaunes. Les ailes de dessus sont traversées par un grand nombre de stries ondulées, brunes, plus ou moins visibles. Elles forment au milieu de l'aile, comme dans les autres espèces , une large bande, qui ne se distingue du fond , que parce qu’elle est un peu plus sombre sur ses bords, dont l'externe est inégalement anguleux , éclairé par un petit lisére blanchâtre, plus ou moins interrompu ; après lui, vient comme une bande plus pâle que le fond, quelquefois teinte de jaune, et , plus extérieurement, une nuance brune cendrée, limitée par une ligne dentelée, éclairée par un liséré blanchâtre, quelquefois réduite à une série de points; l’espace entre ce liséré et le bord de Faiïle est d'un brun cendré. La base de l'aile forme aussi une par- tie plus foncée, limitée par une ligne brune anguleuse ; l'espace entre elle et la bande médiane est souvent teint de jaune et traversé par une ligne brune. Les ailes inférieures offrent à-peu près le même dessin que les supérieures , qui va en disparaissant vers leur base.

Les franges sont blanchâtres, entrecoupées de brun, bordées intérieurement d’un liséré noir très fin, entrecoupé par une série de très petits points jaunes.

Les quatre ailes ont un point brun central.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. Â7

Le dessous est d’un gris cendré un peu jaunâtre ; on y voit se reproduire une partie du dessin du dessus ; le bord antérieur des supérieures est un peu plus taché de jaune. Le reste est de la même couleur que les ailes.

On trouve ce Lépidoptère en juillet et août, dans les par- ties élevées des montagnes de la Corse; il se tient posé sur

les pierres.

GENRE LARENTIA. ( Treitschke. )

Larentia Oxrycedrata. ( PI. 2, fig. 12.)

L. Alis anticis griseo-albidis , strigis transversis nervulisque nigris , lineis sinualis albidis.

Elle est à-peu-près de la taille, ou un peu plus petite que l'Exiguata.

Les ailes supérieures sont grises, variées de lignes transverses noirâtres , et de quelques autres blanchâtres, avec plusieurs traits noirs qui suivent la direction des ner- vures; elles sont aussi marquées d'un point central noiï- râtre. La portion de Faile, entre ce point et le corps, est traversée par plusieurs lignes, dont une près du point, plus large, se divisant postérieurement en deux; immédiate- ment après, on en voit deux autres assez marquées, rap- prochées, souvent interrompues en approchant du bord antérieur ; il en existe encore une autre tout-à-fait à la base de l'aile ; ces lignes sont brisées antérieurement , ou elles forment un angle saillant.

Sur l’autre portion de l'aile, et à partir du point, on voit un assez grand espace en forme de bande transverse , limitée par une ligne assez prononcée, formant aussi un angle antérieurement, et qui semble, avec la ligne large qui est au côté interne du point, produire une espèce de

48 ANNALES L

bande, dans l'intérieur de laquelle est compris le point , et l'on aperçoit quelques lignes peu sensibles ; le bord ex- terne de cette bande est coupé antérieurement par un ou deux petits traits noirs, et par deux autres postérieure- ment ; il est bordé de blanc. Plus extérieurement ,1l existe encore deux ou trois lignes irrégulières , bordées de blanc, dont la dernière forme quelques petits traits sagitiés, qui semblent souvent n'être produits que par une ligne blanche ; onvoitantérieurement et près du sommet deux ou trois petits traits noirs, appuyés sur ces lignes ; il en part encore quel- ques-unes du bord externe de l'aile, qui est limité par un liséré noir, entrecoupé de roussâtre. |

Les ailes inférieures sont d'une couleur très pâle, grise à la marge interne, qui est traversée par plusieurs lignes brunes, qui se prolongent plus ou moins sur le limbe, dont trois bien marquées, et quelques autres, plus fines, placées entre les franges, sont grises, traversées dans leur lon- eueur par deux lignes un peu maculaires, plus foncées.

Les ailes sont en dessous d’un brun très pâle; elles sont traversées par trois principales bandes ou lignes brunes , en partie formées par des petits traits longitudinaux; elles sont marquées d'un point noir central.

Le corps, en dessus, est gris; il y a sur les côtés du ventre une ligne roussâtre, bordée par deux lignes bru- nâtres, comme formées de points. Le dessus est roussâtre ou blanchâtre; tout le reste est gris.

La chenille est d'un vert jaunâtre, avec quelques lignes plus claires. On la trouve, au mois d'avril , sur le Juriperus Oxycedrus.Ses métamorphoses sont complètement sembla- bles à celle de l'Ericeata. L'insecte parfait éclôt en septem- bre et octobre , aux environs de Corté.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 49

+ Larentia Scopariata. ( PI. 2, fig. 13.)

L. Alis griseo-rufescentibus linéis transversis nigris , alüsque albidis ; nervis nigro notalis.

Elle ressemble beaucoup à la précédente, et les ailes, comme dans la plupart de ces espèces, ont absolument le même dessin.

Elle est d’un gris un peu roussâtre; les ailes supérieures sont marquées d’un point et traversées, comme dans 'Oxy- cedrata, par plusieurs lignes un peu sinueuses, mais plus larges et d’une couleur rousse; les parties des nervures qui traversent ces lignes sont souvent noirâtres ét forment comme de petits traits plus foncés. À partir du point cen- tral jusqu’au corps, les lignes forment antérieurement un angle, mais moins aigu, et sur l'autre portion de l'aile, elles sont seulement sinueuses sans former d'angle, et les espaces entre elles produisent des lignes blan- châtres.

Les secondes ailes sont brunètres,avec le limbe postérieur brun formant comme une bande. Leur milieu est traverse par une éclaircie sur laguelle on voit les traces d’une ligne brunâtre, et le bord interne est marqué par quelques lignes brunes.

Les quatre ailes sont limitées par un lséré noir, un peu entrecoupé d’une teinte plus pâle Les franges sont grises, entrecoupées de brun, presque blanchâtres aux supérieures, elles semblent être partagées en quatre lignes, alternati- vement blanchâtres et brunâtres.

Les ailes sont brunes en dessous, les inférieures plus pâles , traversées par trois ou quatre bandes brunes courbes, dont on ne voit que les traces aux supérieures.

IL. À

bo ANNALES

Le corps est gris, blanchâtre en dessous; le premier anneal du ventre est blanchâtre en dessus; les autres ont une ligne dorsale roussâtre interrompue, avec leur bord brun; les côtés présentent une série de points noirs.

Ÿe pattes sont grises ainsi que les antennes, qui sont un peu ciliées.

J'ai pris cette espèce sur des montagnes élevées, parmi les makis, près de Bogognano, au mois d'avril.

Larentia Ériceata. (PI. 2 , fig. 14.)

L. Alis ,griseo fuscoque vartis , strigis fuscis transversis faciculatis.

Cette espèce présente encore le même dessin des précé- dentes, mais les lignes trausverses sont plus obscures, sou- vent confondues entre elles.

Les ailes supérieures sont brunes, nuancées de grisätre, avec un point noir central; la portion de l'aile, depuis ce point jusqu'au corps, présente Îles mêmes lignes que. dans l'Oxycedrata, mais plus obscures, moins distinctes; deux sont séparées par un liséré blanchâtre , et l’espace entre les autres est d'une couieur cendrée; ces lignes forment un angle antérieur à-peu-près comme dans | Oxycedrata.

En s’avançaut sur l'autre portion de l'aile, après le point, la ligne brune qui limite comme une espèce de bande trans- verse, est:mal séparée, comme crénelée , ombrée de brun intérieurement. Les lignes qui sont après, jusqu'au bord externe, sont confondues entre elles et sont mélangées de cendré, dont on voitiun-assez large espace en-appr nant du ou antérieur el du sommet, qui fait partie d'une ligne transverse de la même couleur; on en:aperçoitsaussi une

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. br autre très fine, anguleuse, tout-à-fait près du bord de l'aile. Au-dessous du sommet, il y a deux petits. traits poirâtres et quelques autres qui partent du bord externe.

Les ailes inférieures sont grises, très pâles à la marge antérieure, marquées à l'interne de deux ou trois lignes qui s’avancent plus ou moins sur le di isque, et d' un AEUT central brun.

Les quatre ailes sont bordées par un liséré très fin, noir, entrecoupé de cendré; les franges sont grises, avec deux lignes plus foncées, un peu maculaires.

Le dessous des Le est d’un brun pâle, plus clair vers la base, avec plusieurs lignes brunes, en parte formées par des traits longitudinaux.

Tout le corps est brunâtre, plus pâle en dessous, avec” les anneaux du ventre finement bordés de blanchâtre en dessus ; les antennes sont un peu ciliées.

Éa a est d'un vert plus ou moins Jaunâtre. Le vaisseau dorsal est marqué par une ligne d'un vert foncé qui n'atteint pas le bord antérieur du premier anneau; cette ligne est enveloppéé d'une teinte plus pâle, qui est suivie d'une couleur Jaunâtre formant une bande longitudinale bordée inférieurement par une ligne d’un vert assez foncé, et qui projette une teinte verte jusque sur les côtés. Ceux- ei sont ridés, un peu saillans, marques d’une bande blan- châtre très sinuée qui offre des parties plus claires. Au- dessous de cette bande ja teinte est plus foncée, puis devient presque Dh Eee Ïl y a sous le ventre une. ligne médiane blanche, sinuée ,: bordée par une couleur un peu obscure; les stiomates peu distincts, presque rords, pa- raissent roussatres.

La téte est arrondie, avec les sutures un peu enfoncées ;

elle est d'un verdâtre un peu roussâtre, moirée de roussâtre supérieurement.

t DEN [2

52 # ANNALES

Les vraies pattes sont roussâtres, les autres sont d'un vert clair. Pour se métamorphoser, elle forme, avec dés débris de végétaux, une petite coque ovaie; elle produit une chrysalide d’un vert testacé, assez courte, dont lextré- mité présente, entre le pénultième et le dernier anneau, trois échancrures; elle se termine par un avancement com- primé, dont le bord est armé d’une série de soies crochues.

Cette chenille vit sur l’Erica Arborea, aux environs de

Bastia. L'insecte parfait éclôt en septembre.

LISTE GÉNÉRALE

DES ESPÈCES TROUVÉES DANS L'ILE DE CORSE.

DIURNES.

GENRE PAPILIO. Podalirius. Lin. Machaon. Lin.

GENRE PIERYS. Brassicæ. Lin. Rapæ. Lin. Napi. Lin. Daplidice. Lin.

Tagis (x) v. x. pl. 5, fig. 2. pag. 259.

-Cardamines. Lin. Sinapis. Lin. GENRE COLIAS. Edusa. Fab. : Var Kelice. Hub.

Hyale. Lin.

(x) Toutes les espèces particulières à la Corse, inédites ou figurées dans cet

opuscule , sont en lettres é/aliques.

Cleopatra. Lin. Rhamni. Liu.

GENRE POLYOMMATUS. ÉD

Quercus. Lin. Telicanus. Hub. Bœticus. Lin. Phlæas. Lin. Rubi. Lin. Hylas. Fab. Ægon. Hub. Agestis. Hub. Alexis. Hub. Cyllarus. Fab. Argiolus. Lin.

GENRE LIMENITIS.

Camilla. Fab.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 53

GENRE APATURA. Jasius. Lin.

GENRE ARGYNNIS. Latonia. Lin. Elisa. God (Cyrene Bonelli.) Paphia. Lin. Cynara. Fab.

GENRE VANESSA. Cardui. Lin. Atalanta. Lin. To. Lin. Poiychloros. Lin. | Ichnusa. v.1. pl.7, fig. 3.Var. P- 6e C. Album. Lin.

GENRE SATYRUS: (1) Circe: Fab. Fidia. Lin. Fauna. Fab. Actœa. Hub. Semele. (Var. 4risteus. BoneHi.) v: 1, pag. 262. P

Neomiris. God. (Iolans Bonelli.) Tithonus. Lin. ‘Ida Hub. Janira. God. Tigelius. Bonelli. v. 1, pag. 263. Ægeria. Lin. f Pamphilus. Lin. | Var Lillus Esp. Corinne. Hub. (Norax Bouelli.)

GENRE HESPERIA. Malvæ. Fab. Aitheæ. Hub. Fritülum. Hub.

Therapne. (Nobis.) v. 1, pl.7, fig. 4 p- 265. Lineola. Ochs. Venula. Hub. CREPUSCULAIRES.

GENRE SMERINTHUS. Ocellata. Lin. Populi. Lin.

GFNRE ACHERONTIA. Atropos. Lin.

GENRE SPHINX.

Elpenor. Lin. Lineata. Fab. Dahlii. Treitschke. Convolvuli. Lin.

GENRE MACROGLOSSA, Stellaiarum. Lin.

GENRE SESIA. Chrysidiformis. Hub. Lasp. Anthraciformis. (Nobis) v.

fig. 7, pag. 266. Philanthiformis. Lasp.

T'; pl. 7

GENRE ZYGOENA. Corsica. Boisduval. v. 1. pl. 7, fig. 56, p. 267. NOCTURNES BCOMBYCITES. GENRE LITHOSIA.

Bifasciata.(Nobis) v. r, pl. 8, f. 11, p.250. Fr

Pulchra. Esp. (Pulchélia. Lin.)

Jacobeæ. Lin.

Rufeola.(Nob.)v.x, pl:8, fig.r2, p.252.

Luteola. Hub.

(x) C’est sans doute par erreur que M. Lefebvre, dans son mémoire sur les

Satyres Leucomelaniens, indique comme de Sardaigne le 8. Psyche. Boneili ne le

cite point parmi les espèces rapportées de cette ile par M. de la Marmore, et nous

pensons que Île groupe dont il fait partie est étranger à la Sardaigne comme à

la Corse.

D4 Caniola. OT Muscerda. Hub.

Punctata. Fab.

GENRE CALLIMORPHA. Hera. Lin.

GENRE CHELONIA. Villica. Lin. Pudica. Esp. Caja. Lin.

Fuliginosa. Lin. Menthastri. Fab. Lubricipeda. Fab.

GENRE TRICHOSOMA (nobis).

Corsicum. (Nobis) v. r, pl. 8, fig. 6,

P-272.

GENRE PSYCHE.

Apiformis. Rossi.

an

(1):

e ° . . e 0 0 a . 0 e

e e e e * o e e e

Graminella. Hub.

GENRE LIPARISe Chrysorrhæa. Lin. Dispar. Lin.

Monacha. Lin.

- GENRE ORGYA.

Rupestris. (Nobis)v. x, pl. 8, fig. r-5, p. 275: Coryli. Lin.

Le

GENRE LASIOCAMPA.

Quercifolia, Lin. Pini. L. GENRE BOMBYX. Trifolii. Fab. Quercus. Lin.

ANNALES

Pityvcampa. Fab. Franconica. Fab. Neustria. Lin. GENRE SATURNIA. Pyri. Bork. CeNae cos Ligniperda. Fab. | GENRE PLATYPTERIX. Spinula. Wien-verz. Hamuia. Wien-verz. GENRE HARPIA. Fagi. Lin. GENRE DICRANURA. Vinula. Lin. GENRE NOTODONTA. Ziczac. Lin. Trepida. Fab. Palpina. Lin. NOCTURNES NOCTUÉLITES. GENRE TYMATOPHORA. Octogesima. Hubn. GENRE UROPUS (nobis). Ulmi. Bork. è GENKE ACRONICTA.

Tnidens. Hub. Euphorbiæ? Fab. GENRE BRYOPHILA,

Lichenes. Fab.

Var? Par. Hub. GENRE AGROTIS,

Lidia. Cram. Saucia. Hub.

(x) Espéces que je n'ai pu déterminer avec certitude.

(2) J'ai trouvé la chenille d’une espèce à côté de l’£uphorbiæ; mais elle à péri.

*

DE LA SOCIÈTE ENTOMOLOGIQUE.

Suffusa. Fab. Segetum et Segetis. Hub. Ruris: Hub. Crassa. Hub.

Trux. Hub. (Lenticulosa. God.)

Puta. L. (Lignosa. God.) Valligera. Fab. Dilucida. Hub. C.-nigrum. Lin. Flammatra. Fab. GENRE GRAPHIPHORA.

Plecta. Lin.

GENRE TRIPHÆNA. Orbona. Fab. Pronuba. Lin.

GENRE AMPHYPYRA. Tragopogonis. Lin. Livida. Fab. Effusa. Boisduval. Cyrnamomea. Bork. Spectrum. Fab.

GENRE MANIA.

Maura. Lin.

GENRE HELIOPHOBUS.

OT

Lichenea. Hub.

GENRE ERIOPUS. Latreillii. Dup.

Pteridis. Fab.

GENRE HADENA. Capsincola. Esp. Carpophaga. Bork. Peregrina. Treits. Suberis. Boisduval. Protea. Dup.

Saportæ. Dup. Solieri. Boisduvai. Æthiops. Ochs.

GENRE PHLOGOTHORÀ.

Empyrea. Hub.

QT (PA

Meticulosa. Lin. _ GENRE EURHIPIA.

Adulatrix. Lin.

GENRE MISEL(A: Oxyacanthæ. Lin.

GENRE FOLIA. Consfiersa. Wien-verz. Dysodea. Wien-verz. Corsica. (Nobis) v. 1, pl. 0; fi: 3,

p- 279.

Flavicincta. Fab. Asphodeli. (Nobis) v: +, pl 9, fig. 4,

p. 281. GENRE APAMEA.

Occlusa. Hub. Didyma. Bork.

GENRE MAMESTRA. Chenopodiphaga. Boisduval. Brassicæ. Lin.

Chenopodii. Fab.

Olcracea. Lin.

GENRE THYATIRA. Batis. Lin.

GENRE GONOPTERA. Libatrix. Lin.

GENRE MYEHIMNA. Turca. Lin.

Xanthographa. Fab.

GENRE ORTHOSIA. Instabilis. Fab.

Ambigua. Hub. Ilicis. Boisduval. Stabilis. Hub.

GENRE CARADRINA.

_Cubicularis. Wien:verz.

Fuscicornis. (Nobis) v. 1, pi. 0, fig. 5, pag. 286.

Exigua. Hub.

Plantaginis. Hub.

56

GENRE LEUCANIA. Straminea. Treits. Punctosa. Treits. Amnicola. Rambur. v. 1, pl. 9, fig. », pag. 280. L.-album. Tan. Riparia. Rambur. v. 1, pl. 9. fig. t, pag. 288. Vitellina. Hub. Lithargyria. Bork. Albipuncta. Fab. GENRE XANTHIA. Luteago. Fab. Rufina. Ein. Aurago. Fab. Flavago. Esp. GENRE COSMIA.

Trapezina. Lin. Affinis. Lin. GENRE CERASTIS. Rubiginea. Wien-verz. GENRE XYLINA. Leautieri ? Boisduval. Conformis. Fab. Merckü.(Nobis.)v.r,pl. 9,fig. 6,p. 293. Lithoriza. Bork. Hyperici. Fab. Platyptera. Esp.

- GENRE CUCUELIA.

Tanaceli. Fab.

Chamomillæ (x). Wien-ve.

Thapsiphaga. Treïitschke. v. 2, pl 2, fig. 26, pag. 22.

Scrophulariphaga. (Nobis) v. 2,pl. x, fig. 4 , pag. 20.

ANNALES

Caninæ. (Nobis) v. 2Y pr ee \pag-20- | Lychnitis (Nobis) v. 2, pl. 1, fig. 3, P- 17. Scrophulariæ. Esp. v.2, pl. x, fig. r, pag. 14. Verbasci. Lin. v. 2, pl. 1, fig. 6, p. 9.

GENRE ABROSTOLA.

Triplasia. Lin. GENRE PLUSIA.

Festucæ. Lin. Chrysitis. Lin. Circumflexa. Lin. Chalsytis. Hub. Gamme. Lin.

Ni. Hub.

Accentifera. Lefebvre.

GENRE HELIOTHIS:-

Peltigera. Wien-verz.

Armigera. Hub.

GENRE ACONTIA. Solaris. Wien-verz. Luctuosa. Wieu-verz.

GENRE CATEPHIA.

Alchymista. Ramburu. Boisduvai.

GENRE CATOCALA:

Elocata. Esp. Nupta. Lin. Dilecta. Hub. Conjuncta. Esp. Nymphea. Esp. Conversa. Esp.

(r) Nous croyons que cette espèce n’est pas la véritable Chamomille : ce se-

rait alors une espèce nouvelle , qui se trouve ausst dans le midi de la France.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 57

GENRE ERASTRIA.

Paula. L.

Elychrysi. (Nobis)v. 2, pl. 2 fig. 15, pag. 24.

Scitula, (Nobis) v. >, pl.2, fig. 16, pag. 26.

Ostrina.

Minuta. Hub.

Fuscula. Wien-verz.

Sulphurea. Hub.

GENRE ANTOPHILA.

OEne:. Wien-verz.

AmϾna. Hub.

Obliterata. (Nobis) v. 2, pl. 2, fig. 17, pag. 2.

GENRE OPHIUSA.

Tirrhœa. Fab.

Lunaris. Fab.

Craccæ. Fab.

Algira. Lin.

Geometrica. Fab.

Suava. Hub.

(x) GENRE zerues. (Nobis.) Znsularis. (Nobis) v. 2 , pl. 2, fig. 12, pag. 20.

PYLALITES. ( Duponchel.) GENRE HERMIN:A. (Latreille.) Crinalis. Treit.

GENRE HYPENA. (Scrank.) Rostralis. Wien-verz. Obsitalis. Hubn.

Lividalis. Hubn.

PHALENITES.

GENRE RUMIiA. (Duponchel.) Cratægaria. Lin.

GENRE MEeTROCAMPE. (Latreille.) Margaritaria. Lin. Honoraria. Wien-verz.

GENRE ENNOMOs. (Treitschke.) Augularia. Wien-verz. GENRE TimanprA. (Duponchel.)

Amataria. Lin. Imitaria. Hubn.

Emutaria. Hubn. GENRE BEMITHEA. (Duponchel.)

Vernaria. Lin.

Coroniilaria. Lin.

Corsicaria. (Nobis) v. 2, pl. 2 , fig. 6, pag. 52.

Viridaria. Hub. :

Æstivaria. Huba.

Herbaria. Hubn.

GENRE HIBERN1A. (Latreille.)

0

Defoliaria. Lin. GENRE AMPaiDasis, (Treitschke.) Hirtaria. Lin.

GENRE BOARMIA. (Treitschke.) Rhomboidaria. Wien-verz. Sociaria. Hubn.

Petrificaria. Hubn. Umbraria. Hubn.

(x) Ce genre nous semble appartenir encore aux Noctuélites ; mais il a de si

grands rapports avec les Herminies, que nous ue pouvons nous empêcher de

faire suivre immédiatement ces dernières espèces. Ce n’est d’ailleurs que par le

genre Euclidia que les phalènes pourraient se lier aux Noctuelles, les Botys

faisant suite aux Hermeinies, qui cependant doivent former une famille distincte

de ceux-là , ou être réunies à celle des Noctuélites.

DB)

Lichenaria. Fabri. Crepuscularia. Wien-verz.

GENRE FiDONIA. (Treitschke.)

Auroraria. Bork. Assimilaria. (Nobis) v. 2, pl. 2, fig. o, pag. 34. Indigenaria. Bork. Genre LiGra. (Duponchel.) Jourdanaria. Hubn. Opacaria. Hubn. Caliginearia. (Nobis) v. 2, pl 2, fig. 34, pag. 35.

GENRE CABERA. (Treitschke.) Pusaria. Linn. Permutaiaria. Hubn.

GENRE EPHyRA. (Duponchel.) Pupillaria. Hubu.

GENRE DOSITHEA. (Duponchel.) Infirmaria. (Nobis)v. 2, PL. 2, fig. 18,

pag. 36. Attenuaria. (Nobis) v. 2, pl. 2, fig 19,

pag. 37. Politaria. Hubn. Ornataria. Esp. Decoraria. Hubn. Pusillaria. Hubn. Filicata. Hubn... Incanäria. Duponchel. Imitaria. Hubn. Contiguaria. Hubn.

GENRE AGIDALIA. (Treitschke.) Rubricaria. Hubn.

Pallidaria. Hubn. Aversaria. Hubn.

Elongarie. (Nobis) v. 2, pl. 2, fig. 20, pag. 38. Obsoletaria. (Nobis) v 2, pl. 2,

fig. 21, pag. 39.

ANNALES

GENRE ASPILATES. (Treitschke.} Citraria. Hubn. Sacraria. Lin. GENRE PHASIANE. (Duponchel.) Petraria. Esp. GENRE EUBOLIA. (Duponchel.) Cervinaria. Treitschke. Proximaria. (Nobis)v. 2, pl. 2, fig. 7, pag. 40. Scitularia. (Nobis) v. 2, pl. 2, fig. 8, BASE

GENRE GNOPxos. (Treitschke.)

42.

GENRE MELANIPPE, (Dupenchel.) Rivata. Hubn. GENRE ANAITIS. (Duponchel.) Plagiata. Lin. un GENRE Giparta. {Treitschke.) Malvata. {Nobis) v. 2, pl. 2, fig. 5, pag. 45. Basochesiata. Dup. Miaria. Wien-verz. GENRE LARENTIA. (Treitschke.)

Collata. Hubn. Tersata. Wien-verz. Vitalbata. Wien-verz. Polygrammata. Borkh. Dilutata. Wien-verz. Impluviata. Wien-verz. Cæsiata. Wien-verz. Flavicinctata. Hubn. Bilineata. Lin. Dissimilata. (Nobis) vw. 2, pl. 2 fig. 11, pag. 46. Sericeata. Hubn Venosata. Fab.

jrriguata. Hubo.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 59

* Centaureata. Wien-verz.

Exiguata. Hubn.

Ericeata. (Nobis) v. 2, pl. 2, fig. 14, pag.

Oxycedrata. (Nobis) v. 2, pl. 2, fig. 12, pag; 47.

Gemmata. Hubn.

Suberata? Hubn.

Scopariata. (Nobis) v. 2, pl 2. fie. (19.

GENRE Cuesras. (Treitschke.)

. Obliquata. Hubo. Hippocastanata. Treits.

GENRE STRENIA, (Duponchel.) Clathrata. Lin.

PYRALITES. (Duponchel.) : GENRE AGLOSsA. (Latreille.)

Cuprealis. Hubn. Pinguinalis. Lin.

GENRE CLEDEOBfA. (Stephens.) Bombycalis. Fab. Corsicalis.” (1)

GENRE BOTYySs. (Latreille.)

Verticalis, Lin. Hyalinalis. Hubn. Silacealis. Hubn. Politalis. Wien-verz. Ferrugalis. Hubn. Sericealis. Wien-verz. Polygonalis. Hubn. Hybridalis. Hubn.

Palealis. Wien-verz. Asinalis. Hub. Brugnerals. * Ophialis. k Isatidalis. * GENRE NYMPHULA. (Schranck.) Interpunctalis. Hubn.

Nudalis. Numeralis. Hub.

GENRE DYDROGAMPA. (Lalreille.) Potamogalis. Treits. Fivulalis. * Ramburialis. Duponchel. * Stratiolalis. Wien-verz. Literalis. Wien-verz.

GENRE AsOPIA. (Treitschke.)

Rubidalis. Hubs.

Corticalis. Hubn. Oftnæalis. Duponchel.

GENRE ryrAUSTA. (Schränck.)

Sanguinalis. Wien-verz. Purpuralis. Lion. Floralis. Hubn. Punicealis. Wien-verz. Cespitalis. Wien-verz.

GENRE ENNYCKIA. (Treitschke.)

Pollina!lis ? *

GENRE EULORA. (Curtis.}

Incertalis. *

(x} Toutes les espèces marquées d’une étoile sont inédites et publiées par M. Duponchel , dans l'ouvrage des Lépidoptères de France.

60 * ANNALES

VAR LR L'URL TL LED D RE QUE VE EU LE EUR LL LE LEVÉE L LAVER ERP ARR AR ee DR VE LES LE Q/R LES.

DESCRIPTION

DE DEUX GENRES NOMVEAUX DE CURCULIONITES.

ET

D'UN NOUVEAU PRIONIEN, DE LA DEUXIÈME DIVISION DU GENRE MACRODONTIA, DE M. Seville PAR M. CHEVROLAT.

Séance du 7 novembre 1839.

ee 6 ÇQ en

J'ai eu occasion de signaler, pages 211 et 212 de nos Annales, la connexité qui existait entre les Rhinosimes et les Arrhenodes, division de lafamille des Brentides,de M. Schon- her. L'examen que je viens de faire du petit insecte Colom- bien envoyé par M. Lebas, me confirnie aujourd'hui dans l'opinion j'étais que ces deux familles se rapprochent sous plus d’un rapport, d’abord par leur manière de vivre, et ensuite par les formes extérieures.

Je donne à cet insecte, quiest essentiellement hétéromère, le nom de omalirhinus de Opoos planus, er de 6in., nasus. A] se distingue du genre Rhinosimus, duquel ilest très voisin, par ses antennes qui sont de la longueur du corps, deve- nant plus grosses vers l'extrémité ; l'article basilaire est à lui seul aussi jong que les trois suivans. Elles sont insérées à la partie antérieure de l'œil, tandis qu'elles partent pres-

que de l'extrémité du rostre, dans les Rhinosimus Æneus

&

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 6r

et Roboris, et Planirostris de Fab. (1). Les jambes de de- vant ont à leur sommet une espèce d’épine fort longue, et le dernier article des tarses est proportionnellement plus long.

Character generis : Antennæ ante oculos insertæ, cor- poris longitudine, articulis undecim. art longo, cla- vato, tres sequentes conjunctim æquante. 2 5 sub-æqua- hbus, apice truncatis. 6 8 nodosis. 9 10 sub-obconicis 11° Ovato, his tribus postremis articulis majoribus. Mandi- bulæ apice bidentatæ , ultimo articulo palporum cylindrico, elongato.

Corpus sub-ovatum, alatum, dorso plamiusculo, rostro thoraceque simul, elytrorum longitudine. Caput magnum, depressum, inflexum ; rostro lato, thorace breviore, plano ; oculis lateralibus, reticulatissimis. Thorax cordatus, por- tice angustior, truncatus. Scutellum minutum kemi-rotun- datum. Ælytra brevia. Pedes mutici pilosi, femoribus crassis , tibiis apice bi-spinosis.

Ponolirhinus Rufirostris. (PI. Ÿ, fig. 3.)

Ater nitidus. Capite punctato, fronte foveato. Rostro, art. antennarum » Primoque ; tantum modo basi; rufis. Thorace cordato punctato. Elytris brevibus, pedibus fus- co-piceis.

Habitat in Columbia ( Carthagène).

Trompe très aplatie, un peu élargie à son extrémité, sillonnée et comme striée régulièrement sur les côtés. Tete large, inclinée en avant, couverte de gros points: yeux la- téraux grands. Corselet ponctué, convexe en dessus, à peine

(x) Le Rh5 Rufcollis de Panz. a l'insertion des antennes très rapprochée de l’œil, comme dans ce genre.

62 ANNALES

marginé, coupé droit en arrière, légèrement sinueux en avant; angles postérieurs un peu relevés. Ælyires de:la lar- seur du corselet à sa partie supérieure, arrondies à l'extré- mité, peu convexes ; elles paraissent glabres, et ce n'est qu'avec des verres, grossissant extrêémement, qu'on aperçoit la ponctuation.

Ce n’est que depuis quelques années que des spéculations d'un nouveau genre, basées sur la recherche des insectes du Sénégal, nous ont fait connaître un nombre infini d'es- pèces, remarquables par le brillant de leurs couleurs, ou par leur monstruosité. Les envois considéribles et multi- pliés faits par MM. Bumolin, Bax, Leprieur, Clery, Brunet, Bouilly, Perrotet, et de beaucoup d'autres Francais établis en ce pays, ont enrichi nos collections de près de deux mille nouveaux Coléopières ; sur ce nombre, on en trouverait à peine de cent cinquante à deux cents décrits dans les divers ouvrages de Fabricius et d'Olivier, et lorsqu'on pense qu'en s'éloignant seulement de quelques lieues d'endroits déjà chassés, on y rencontre des espèces tout-à-fait différentes, combien l'Entomelogie ne devra-t-elle pas accroître par suite son domaine, lorsque nos relations commerciales s'é- tendront davantage, et que des entomophiles zélés exploi- teront avec grand soin les pays déjà connus et ceux situes plus au centre de l'Afrique.

Parmi ces nouvelles acquisitions se trouve un Crypto- rhyrchide d'une dimension assez grande et extraordinaire par la longueur de la massue des antennes (du moins dans le mâle). Je l'ai appelé Tonrés, troué. Je place ce genre avant le Mecocorynus de Schônher, avec lequel il a les plus grands rapports; mais sès yeux réunis en-dessous, et plusieurs

autres caracières m'ont forcé. à l'en séparer.

DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 63

Tretus, genus novum.

Divisio Gonatoceri. Familia Cryptorynchides Schon”.

CHaRACTER GENERIS : Antennæ-fere rosiri longitudine, oraciles. Funicuio 7-articulato ; articulis nodosis. Clavä uni- artieulata, cylindrica, scapi longitudine.

Rostrum longum (Rhyncophori palmarum formæ).

Oculi magui, supra remoti, subtus connexi.

Thorax sub-rotundus, supra modice depressus, antice cir- culatim strangulatissimus. 3

- Elytra basi trunçcata, sub-convexa, eallosa, anum obte- gentia ; humeri sub-angèlati.

Descriptio : Corpus magnum, alatum. Antennæ versus medium rostri insertæ , fractæ, 9-articulatæ. Art° apice crasso,oculos attingente (rima profunda , sub-recta, ad ocu- los desinente). sub-conico, 3-5 elongatis, nodosis, 6:8 glo- bosis. Clava protensa, cylindrica,utin Rhinis et Cœlosternis. Rostrum dimidi corporis longitudine, basi compressum, latum, paulo ante apicem recurvum, subtus canaliculatum, | rusosum. Oculilaterales, subtus adnex1, imbo solummodoe sejuncti. Thorax antice magnopere attenuatus, sub oculis notabiliter emarginatus, basi bi-arcuatus, subtus canalicu- latus (Canali rugato, marginato, insertionem pedum ante- riorum attingente), Scutellum mediocre, rotundatum, im ely- ris deinde marginatum. £lytra subconvexa, apice callosa, costata, strlis concavis signata. Pedes longissimt, femori- bus clavatis, apice unidentatis, tibiis anticis flexuosis , in- ius omnino spinosis, Cæterisque bi-uncmatis, setulaque ter-

minats. Art° Tarsorum longissimo vix conico ; dinndio

64 ANNALES

præcedentis, his subtus cavis, apice fissis; bilobo, subtus coriaceo; sub-longiore secundo, piloso , bi-unguiculato. Abdomen 5 segmentis tranversis 1°: majore. Pygidium parvum.

Hoc insectum, quamvis subgeneri Mecocoryno Sckon' proximum sit, propter oculos subtus junctos, antennas ncvem articulatas aliasque dissimilitudines , in novum ge- nerum sub nomine Tenrtis , perforatus , institui.

Tretus Loripes. (PI 3, fig. 2)

Mas. Obscure fuscus, rostro nigro, basi monocero, thorace rotundato, nervoso perforatoque, lateribus anticis, spina bifurcata adornato, medio uni-costato. Elytris macula dorsali cordiformi ornatis, costatis , punctis cavis striatis. Pedibus dentaiis, leucophaeo-annulatis.

Femina differt, rosiro mutico bast, thorace, lateribus spina erecta , corporeque muito obesiore. Antennæ desunt.

Habitat in Senegalia superior. Museum Buquet. Longitudino 1x fin. rostro excluso , rostri 5 lin. 172. Lat. humeris 5 lin. Longitudo 10 lin. rostro excluso , rostri 4 lin. lat. hu- meris » lin.

Il est d’un gris cendré, mélangé d'obscur. 7rompe à base obscure et coriacée, oranuleuse vers Île milieu , ponc- ruée au centre, lisse en dessus et au sommet; le dessous est aplati; la fossette du scrobs est coupée carrément à son origine. Anfennes noires. Tête en dessous, ridée sous les yeux; la rainure qui recoit la trompe est échan- crée et velue à sa base. Corselet arrondi, un peu aplati à

sa surface, ayant une petite élévation en regard de chaque

DE LA SOCIÈTE ENTOMOLOGIQUE. 65 œil, peu avant l’étranglement , réticulé et marqué de cavi- tés formées de gros points enfoncés; le milieu porte une carène très prononcée en avant. Æcusson de forme ronde, ayant une ligne longitudinale élevée. Elytres tronqués à la base, et d'une manière sinueuse; angle huméral rond; elles ont dix striès, séparées par des côtes dont la deuxième et la quatrième , en partant de la suture, sont plus élevées. On voit quelques points noirs arrondis, luisans, principa- lement sur la suture; leur extrémité est cendrée et ponc- tuée seulement. Pattes distantes à leur naissance, fort lon- gues , les antérieures surtout ; cuisses en massue : celles de devant se déjettent en dehors; jambes arquées, munies d'épines dans toute leur longueur ; les quatre de derrière sont plus droites et moins longues , ainsi que leurs tarses; les genoux sont profondément échancrés , vus en dessus.

Ia femelle se distingue du mâle par sa trompe, privée à sa base de la petite dent; son corselet est chargé d’un grand nombre de points brillans, élevés, noirs; le côté antérieur, au lieu d’avoir une épine bifurquée, est seule- ment terminé en pointe; le corps est aussi, proportion gardée, beaucoup plus gros et large. Cet individu , dont les antennes doivent offrir des différences assez grandes, en était malheëreusement privé.

Macrodontia Flavipennis. ( PL 3, fig. r.)

Castaneus. Mandibutiis exsertis, intus dentatis, Capite ovato. Fronte impressa. Thorace transverso, posterius lates- cente, cum angulo recurvo, deinde oblique lunato, lateribus sub armato , dentulato, antice valde emarginato (angulis acutis), pilisque aureis limbato, et basi truncato. Scutello

II. 3

66 ANNALES

hemi-rotundato. Æ/ytris omnino flavis, cum quatuor costu- latis, brevi spina suturali. Pedibus scabriuseulis.

Capite et thorace subtus, extensis rugis transversis si- gnatis. |

Long. 3 poll. Lat. 1 poll. Brasilia.

Mandibules coriacées , de la longueur de la tête, inclinées en dedans, recourbées au sommet, celle de gauche recou- vre la droite à l'extrémité, l’'échancrure qui est à sa base est plus grande et élevée que dans l’autre. Téte coriacée en- dessous, ayant sa partie antérieure entaillée, marquée d'une côte transverse en avant; on voit une petite dent avancée au-dessous de chaque mandibule. Palpes fauves. Corselet très finementponctué, ayant en marge une ligneétroite, peu enfoncée ; il a près du milieu , de chaque côté, deux taches plus foncées, dont celle extérieure rugueuse, et celle du centre a quelques gros points. Ælytres arrondies sur le côté près la base, relevées sur les bords, creusées au-dessous de l'épaule, avec cette partie couverte de points granuleux d’un brun obscur ; les quatre nervures n'atteignent pas l'extrémité. Pattes antérieures un peu plus longues que les suivantes. Jarnbes intérieurement un peu épineuses; leur sommet est muni de deux petites épines réunies. Tarses rougeâtres en-dessus, garnis de poils jaunes sur les bords, dessous en brosse. {bdomen d'une couleur plus claire que les autres parties du corps.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 67

ER RE RE Te AD RL D A/R RD ES AR ARS MORT Re A Te RE Te ET Te BE QT ED

DESCRIPTION.

DE DEUX COLÉOPTÈRES NOUVEAUX DES GENRES /iwlela ET Buprestis, pAR M. Gory.

Séance du 21 novembre 1832.

——__## @ ©

Rutela Cyanitarsis. (Gorx. Brésil intérieur.) Rutele a tarses bleus. (PI. 5, fig. 1.)

Viridi-micans, elytris subtilissime lineatis, rugosis; anten- nis pedibusque cæruleis.

Long. 9 lign., larg. 5 lign.

Tête arrondie antérieurement. Corselet lisse, trapézoïdal, ayant les bords latéraux très relevés, légèrement échancrés vers leur milieu, et un point enfoncé vis-à-vis de cette échancrure. Ecusson lisse, en forme de cœur. Elytres bom- bées, presque parallèles , arrondies à leur extrémité, avec quelques lignes longitudinales peu marquées, et des rides transversales bien senties, surtout du côté des bords ex- ternes.

Plaque anale ridée transversalement. Tout le corps d’un beau vert doré très brillant, pattes de même couleur, mais

un peu plus rouges.

68 ANNALES

Antennes et tarses bleus. Cet insecte me vient des collections apportées de l'inté- rieur du Brésil par M. de Saint-Hilaire.

Buprestis Carbunculus.( Gory. Brésil. ) Bupreste Rubis. (PI 5, fig. 2.)

Gibbosa; capite, antennis , thorace, scutello, corpore subtus pedibusque cæruleis ; elytris igne auroque micantibus.

Long. 5 lign., larg. 2 lign.

Tête avec une forte impression longitudinale sur le front.

Antennes en scie, un peu plus courtes que le corselet.

Corselet légèrement échancré antérieurement , arrondi sur les côtés, qui sont relevés, avec la base prolongée vers l’écusson. Près de chaque bord externe , et vers la moitié, un large point irrégulier très enfoncé.

Écusson en forme de cœur.

Elytres bombées,avec deux fortes impressions irrégulières à leur base, resserrées vers le milieu de chaque côté externe, et renflées un peu avant leur extrémité.

En entier finement ponctué.

Yeux bruns. Tête, antennes, corselet, écusson, MST du corpset pattes d’un bleu métallique foncé ; pu rubis très éclatant, avec des reflets dorés.

J'ai reçu cet insecte du Bresil.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 69

LAPRRAVILALLLÉRVLLLVLLULR LLLOLLTUR LOVLLVLLVEVLLLLEVEVLLRLIVE LL VLE AA DUR LR.

OBSERVATIONS

SUR LA STRUCTURE DU NID DE L’ARAIGNÉE PIONNIEÈRE , PAR M. VICTOR ÂAUDOUIN.

Séance du 5 décembre 1832.

(PL. 4.)

L'HISTOIRE des Araignées est inépuisable, comme on le sait, en traits d’adresse, de prévoyance et de ruse. Plusieurs qui sont vagabondes et agiles fondent sur leur proie avec la rapidité de léclair , tandis que d’autres plus faibles et moins courageuses fabriquent avec un art mer- veilleux des pièges que toujours elles tendent dans un lieu favorablement choisi. Certaines espèces se conten- tent de jeter çà et là, et comme au hasard, quelques fils. qui suffisent pour arrêter l’insecie au passage ét à l'instant elles sautent dessus, en sortant de leur tanière, si toute- fois on peut appeler de ce nom un petit berceau de ver- dure sous lequel elles se cachent et qui est formé par le simple reploiement d'une feuille sur eile-mème. D'autres se blottissent au-dessous de la toile qu’elles ont ourdie, et dès qu’un petit animal se trouve embarrassé dans les soies qui se croisent au-dessus , elles la déchirent, la traversent de

70 ANNALES

part en part pour arriver à lui, et rétablissent bientôt sans qu’il y paraisse cette utile déchirure. Quelques-unes font des constructions plus achevées; elles dressent de vé- ritables tentes, qui se trouvent fixées et fortement appli- quées sur le sol et auxquelles sont réservées des issues que la mère et les petits connaissent parfaitement, mais qui restent cachées et impénétrables pour tout autre.

Enfin, on connaît une espèce d’Araignée qui, vivant au fond de Peau et forcé cependant de respirer Pair atmo- sphérique, monte s’en approvisionner à la surface du liquide, puis le transporte successivement dans une sorte de petite cloche située à plusieurs pieds de profondeur et y établit ensuite sa demeure. Cette espèce qui appartient au genre Argyronète, mettrait donc en pratique, et cela depuis l’origine du monde, un procédé qui ne date dans les sciences chimiques que de peu d’années; mais, em- pressons-nous de le dire, le génie de Phomme après Pavoir cherché et découvert, est allé bien au-delà de l'invention, tandis que l’Araignée, malgré une longue série de siècles , est demeurée dans les limites étroites de son merveilleux instinct.

Une infinité de traits d'industrie que je passe sous silence ne sont ni moins curieux ni moins surprenans; mais je dois me borner à rappeler ceux qui se rattachent plus directement au sujet de ce mémoire.

Quelques espèces d’Araignées sont douées d’un talent particulier pour construire; elles creusent des tanières, elles percent des galeries , elles élèvent des voûtes , elles bâtissent des espèces de ponts souterrains ; enfin elles ménayent à ces demeures des ouvertures et y adaptent des portes auxquelles il ne manque véritablement que le verrou; car sans forcer en rien lexpression, on peut dire, et nous allons le prouver bientôt , que les gonds ou

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 71 la charnière et que, jusqu’à la féyure, tout y existe. L'intérieur de ces habitations n’est pas moins remar- quable par l’extrème propreté qui y règne; Feau n’y pé- nètre jamais , quelle que soit Phumidité du sol dans lequel elles sont construites ; jamais il n’y séjourne aucune im- mondice. Les murs en sont exactement tapissés avec une étoffe soyeuse, en général satinée et presque toujours d’une blancheur éclatante. Les Araignées qui se distinguent par ces habitudes appartiennent au genre Mygale des. auteurs. On n’en connaît encore que quatre espèces, la Mygale Ariane ,la Mygale Recluse ,\a Mygale Maçonne et la Mygale Pionniere.

On ne sait rien des habitudes de la première espèce, qui est originaire de l’île de Naxos; on ne possède que quelques détails sur la seconde : elle a été trouvée à la Jamaïque, par Brown, qui l’a décrite succinctement, et nous à appris qu’elle construisait dans la terre une sorte de tube droit dont l’ouverture voisine de la surface du sol était close par une sorte de couvercle. (1)

Quant à la troisième espèce, la Mygale Maçonne, eile est devenue célèbre par les observations curieuses que Sauvage a consignées dans les mémoires de l’Académie des sciences, et qui ont été depuis citées et reproduites dans tous les ouvrages d’entomologie et dans tous les dic- tionnaires d'histoire naturelle.

Il n'en-est pas de même de l’Araignée Pionnièie (Mygale Fodiens , WALCK); ses mœurs sonl moins connues , et

(1) M. Latreille à dernièrement recu deux de ces tubes construits par la Mygale Récluse Mygale Nidulans, et il a bien voulu m’en donner un échantillon que j’ai déposé dans les collections du Muséum. Son architec- ture est beaucoup plus simple que celle des habitations que je décris dans mon mémoire.

72 ANNALES c’est de cette espèce dont je me propose spécialement de parler.

Elle se trouve en Corse, et je n'ai pas.eu la satisfac- tion de l’observer à l’état vivant; mais il existe dans les collections du Muséum d'histoire naturelle de Paris , plu- sieurs nids de celte espèce groupés sur une molte de terre, et celle circonstance m’a engagée à les décrire.

Déja M. Latreille à parlé succinctement de ces nids à l'article Mygale du dictionnaire d'histoire naturelle (édit. de Déterville), et il a feit à leur égard une remarque ju- dicieusé : c’est que, rapprochés comme ils le sont les uns. des autres, ils doivent faire présumer que cette espèce ne craint pas la société ou le voisinage de ses semblables. Quoi qu’il en soit, la motte de terre, qui renferme ces tubes et que je mets sous les yeux de l'Académie, esi com- posée d’une terre argileuse d’un rouge de brique; les tubes ont, comme la masse dans laquelle ils sont creusés, trois pouces de hauteur et dix lignes de largeur. Droits dans les deux tiers de leur étendue, ils deviennent légèrement obliques vers leur extrémité inférieure, peut-être même le recourbaient-ils davantage en se prolongeant beaucoup plus avant dans le sol. Toujours est-il certain qu’en les enlevant on ne les a pas obtenus dans leur entier.

En examinant un de ces tubes avec quelque soin, j'ai remarqué qu’il n’était pas simplement creusé dans la terre argileuse qui l’enveloppait, comme le serait une excavation ou un trou de sonde qu’on pratiquerait dans la terre, mais qu’il était construit à la manière d’un puits, c’est-à-dire qu'il avait des parois propres formées par une espèce de mortier assez solide; en sorte qu'on peut, ainsi que je lai fait, le dégager entièrement de la masse qui l'entoure.

Si, pour l’étudier avec encore plus de soin, on en fend:

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 73 un dans le sens de la longueur, on voit que son intérieur est Lapissé par une étoffe soyeuse et très mince, douce au toucher, et qu’il n’existe aucune des inégalités qu’on de- vrait s'attendre à rencontrer sur des murs faits avec une ierre grossière, En effet , cette paroi intérieure semble avoir élé crépie avec un mortier plus fin; et, de plus, élle est unie et lissée comme st une truelle eût été habilement passée dessus; mais les soins que prend l’Araignée pour terminer son ouvrage vont encore plus loin : ce que nous faisons pour nos tentures de quelque prix , elle le pratique dans sa demeure souterraine; celte sorte de papier satiné qui orne son habitation , elle ne Pa pas posé le premier; mais elle a appliqué d’ahord sur la muraille une toile on , pour parler plus exactement, des fils grossiers et c’est sur eux, qu’elle a collé ensuite son éloffe soyeuse.

Fout cela est bien fait pour exciter notre admiration, mais ce qui a le droit de nous surprendre davantage, c’est la manière dont ceite chambre en boyau est ouverte ou fermée au gré de celui qui Phabite.

Si notre espèce d Âraïgnée m’avait eu rien à craindre de la part d’autres animaux, ou bien, si elle avait été assez courageuse et assez forte pour les attendre de pied ferme et les vaincre, elle aurait pu sans inconvénient jaisser libre l’entrée de sa maisen, cela lui eût été plus commode pour aller et venir; mais il n’en est pas ainsi! elle a tout à redouter de la part d’ure foule d’ennemis, ei son caractère timide joint au peu de moyens qu’elle possède pour leur résister, oblige d’être sans cesse sur la défensive. Alors comme tous les êtres faibles elle emploie la ruse pour se souslraire au danger, el son industrie supplée d’une manière merveilleuse à ce qui lui manque en force et en courage.

Sauvage a décrit avec soin la manière dont l’Araignée

74 ANNALES

maçoune de Montpellier fabriquait un couvercle pour fermer le tube qu’elle habite; l’Araignée de Corse ou la Mygale Pionnière emploie à-peu-près les mêmes précau- tions, mais elle montre plus de perfection dans son ou- vrage, et comme l'édifice qu’elle construit est plus vaste dans lPensemble et dans les détails , la description que nous allons en faire en donnera une idée très exacte.

Pour clore nos demeures, nous avons des porles qui, roulant sur des gonds, viennent s'appliquer Gans une féyure, et y sont retenues ensuite par um moyen quelcon- que, lAraignée Pionnière ne s’enferme pas autrement chez elles à l'orifice extérieur de son tube est adapiée une porte maintenue en place par une charnière et re- çue dans une sorte d’évasement circulaire qu’on ue peut mieux comparer qu’à une véritable féyure. Cette porte, ou si l’on aime mieux ce couvercle se rabat en dehors, et l’on conçoit que PAraigaée , lorsquelle veut sortir, n’a be- soin que de la pousser pour louvrir. Mais quel moyen emploie-t-elle pour la fermer , c’est ce qu'on apprendra bientôt , si on veut bien prêter quelque attention à ce qui va suivre.

Rossi, auquel on doit les seuls détails que Pon possède sur l’Araignée Pionnière et sur son nid, a donné une des- cription du couvercle qui le clôt; jai vérifié ces observa- tions, et, quoiqu’elles m'aient paru très exactes, j’ai cru pouvoir en ajouter plusieurs qui serviront à les compléter.

A en juger par son aspect, on croirait que ce cou- vercle est formé d’un amas de terre grossièrement pétrie et revètue, du côté qui correspond à l’intérieur de lhabi- tation, par une loile solide; mais cette structure, qui déjà pourrait surprendre chez un animal qui n’a pas d’ins- trument particulier pour construire, est bien plus com- pliquée qu’elle ne le paraît d’abord. En effet, je me sU1S as-

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 75 sure, en faisant une coupe verticale du couvercle, que son épaisseur, qui n’a pas moins de deux à trois lignes, résultait d’un assemblage de couches de terre et de couches de toile au nombre de plus de trente , emboîtées les unes dans les autres, et rappelant assez bien, à cause de cette disposition , ces poids de cuivre en usage pour nos petites balances, et dont les divisions, qui ont la forme de pe- tites cupules, se reçoivent successivement jusqu’à la der- nière.

Si on examine chacune de ces couches de toile, on remarque qu’elles aboutissent toutes à la charnière, qui se trouve ainsi d'autant plus renforcée, que la porte a plus de volume. La rainure elle-même, sur laquelle la porte s'applique, et que nous avons nommée précédemment la féyure, est épaisse, et son épaisseur est due au grand nom- bre de couches qui la constituent. Ce nombre paraît même correspondre à celui que présente le couvercle.

N'ayant pas vu l’Araignée construire son habitation, et Rossi, bien qu’il ait eu pendant quelque temps des in- dividus vivans à sa disposition, n'ayant pas joui non plus de ce spectacle, nous sommes réduits à faire des conjec- tures sur la manière dont elle s’y prend pour confec- tionner les parties dont il vient d’être question.Mais l’es- pèce d’analyse que nous venons d’en faire permettra d’en établir de très vraisemblables.

Supposons lAraignée à l’œuvre, et voyons-la commen- cer son travail. Elle aura d’abord ourdi la première toile circulaire qui forme la porte de sa demeure, puis, sans Giscontinuer elle aura étendu cette toile sur la charnière et laura prolongée aussitôt sur la féyure. On peut expliquer de cette manière, pourquoi chacune de ces trois parties fait suite l’une à l’autre, et lon conçoit facilement com- ment cetle manœuvre s’étani répétée, la porte, la char—

: ANNALES |

niére et la féyure se Lrouvent à la longue, formées par un grand nombre de couches. Mais commeil existe entre celles qui constituent la porte, des lits de terre, il est présumable que l’Araignée aura interrompu chaque fois son tissage pour les en pétrir convenablement. (1)

Quoi qu’il en soit, le travail ayant eu lieu de cette manière, il doit nécessairement exister une proportion toujours égale entre le volume du couvercle et la force de sa charnière, puisque celle-ci se trouve augmentée d’une couche à mesure que le premier en reçoit une nouvelle.

Mais plus on étudie avec soin Parrangement de ces parties, plus on découvre de perfection dans l’ouvrage. En effet, si on examine le bord circulaire de lPespèce de rondelle qui remplit en tout les fonctions d’une porte, on remarque qu’au lieu d’être taillé droit, il est coupé obliquement de dehors en dedans, de mauière à représen- ter non pas une rondelle de cylindre, mais Gien la ron- delle d’un cône, et d’une autre part, on observe que la portion de lorifice du tube qui reçoit ce couvercle est taillée elle-même en biseau et en sens inverse.

Le but de cette disposition est facile à saisir. Si le cou- vercle avait eu un bord droit, il n’aurait rencontré en se rabattant, comme il le fait dans l’orifice du tube, aucune partie sur laquelle appuyer ; et dans ce cas, la charnière seule se serait opposée à ce qu’il pénéträt plus profon- dément dans son intérieur; mais quand bien même cette partie délicate aurait pu supporter, sans éprouver de re- lâchement, ce poids continuel et le choc assez fort que produit le couvercle chaque fois qu’il se rabat, il eût été

(1) On poürrait également admettre qu’elle a débuté par la féyure, alors les choses se seraient Passé en sens inverse de celui que nous avons

décrit,

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 77 à craindre que quelque pression accidentelle du dehors ne fût enfin venue la rompre. C’est pour obvier à ce grave inconvénient que lAraignée a pratiqué à Porifice de son habitation une féyure contre laqueile vient appuyer la porte, et qu’elle ne saurait franchir. Mais cette féyure est faite avec un tel soin, et le couvercle s'applique si exacte- ment sur elle, qu’il faut y regarder de très près pour re connaître le point les deux parties se rencontrent. Au reste, l'instinct de l’animal le porte à rendre cette jonction aussi parfaite que possible; car non-seulement il lui im- porte de clore solidement sa demeure, mais il a le plus grand intérêt à en cacher Pouverture anx yeux de ses en- ñemis. C’est évidemment dans cette intention que l’Arai- gnée a crépi exlérieurement la porte de son habitation avec une terre grossière. En cela, elle ne fait qu’imiter l’instinct admirable qu'ont une foule d'insectes de tromper le regard en fabriquant avec des substances variées , et très souvent avec les feuilles des plantes dont ils se nourrissent, des espèces d’habits ou de fourreaux sous lesquels ils se cachent, bien en fixant sur ces mêmes plantes des cocons ou d’autres demeures provisoires qui, par leurs couleurs et leur apparence, se confondent avec les tiges, les feuilles, les bourgeons et les fleurs.

La Mygale Pionnière, je le répète, a recours à une ruse semblable en crépissant la porte qui ciôt son habita- tion avec la terre qui forme la surface du so!, et en la ren- dant tellement rugueuse et inégale, qu’elle se confond avec lui; mais en agissant ainsi, elle semble avoir prévu une autre genre de nécessité: dans Phabitude ou elle paraît être , de sortir souvent de sa demeure, et d’y rentrer pré- cipitamment au moindre danger ; il lui a fallu pouvoir en ouvrir facilement la porte : or, cette manœuvre qui aurait été pénible et plus ou moins longue, si la surface extérieure

78 ANNALES

du couvercle eût été lisse, devient très facile à cause des nombreuses inégalités qu’on y trouve et qui donnent tou- jours prise aux crochets dont l’animal est pourvu.

Si l’Araignée se trouve dans la nécessité d'ouvrir elle- même sa porte lorsqu'elle vient du dehors, elle n’a pas à s’en inquiéter pour la fermer. Soit qu’elle sorte, soit qu’elle rentre, celte porte se ferme toujours d’elle-même, et c’est encore une des observaiions les plus curieuses que four- nit l’étude attentive de cette singulière habitation.

On en saisira facilement la cause si on prend la peine d'ouvrir, d'essayer et de tenir ouverts les nids que je fais passer sous les yeux de l'Académie. On verra que ce n’est qu'avec quelque effort que l’on parvient à soulever assez le couvercle pour qu’il devienne vertical, c’est-à-dire, pour qu’il forme un angle exactement droit avec l’orifice du tube. Si on le renverse encore plus, de manière à ou- vrir cet angle davantage, la résistance devient encore plus grande ; maïs dans ce cas comme dans le premier, le couvercle abandonné à lui-même retombe aussitôt , et ferme l’ouverture. La tension et l’élasticité de la charnière sont les principales causes de cet effet; mais en admettant que cetle tension et cette élasticité n’existassent pas, il se produirait encore, et le couvercle soulevé de manière à dépasser un peu la ligne verticale pourrait retomber de lui-même et fermer naturellement l’orifice du tube. Ce résultat curieux est à une différence sensible qui existe dans Son épaisseur. Si on l’examine avec soin sous ce rap- port, on remarque que la partie voisine de la charnière est plus épaisse, et comme bosselée intérieurement. Ce surcroît de poids qui, s’il avait eu lieu ioin de la charuière eût porté le couvercle chaque fois qu’il aurait été soulevé au-delà de la ligne verticale, à se renverser en dehors. se trouvant au contraire placé tout près du point d'attache et

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 79 du côté ou il se ferme, agit en sens inverse, et tend sans cesse à le faire retomber.

Il est inutile, je crois, d’insister sur l’avantage que l’Araignée retire de cette disposition. Elle peut quitter brusquement sa demeure et sauler sur la proie qu’elle guette, sans perdre de temps à fermer son habitation ; et si quelque ennemi la poursuit il lui suit d’avoir le temps de l’entr’ouvrir pour qu’elle se trouve à l'abri du danger; car le couvercle se rabat alors aussitôt de lui- même.

Nous venons de parler assez longuement de la porte qui clôt la demeure de la Mygale Pionnière, mais nous n’a- vons pas encore épuisé ce sujet, et il nous reste à dire ce qu’il y a peut-être de plus intéressant dans sa confection.

Sauvage nous a appris que la Mygale Maçonne de Montpellier qui construit, en miniature, une demeure presque aussi parfaite que celle de l’Araignée de Corse, en défendait l’entrée en se cramponnant contre son cou- vercle, et cela d'autant plus fortement qu’on insistait da- vantage pour l’ouvrir. Suivant Rossi notre espèce se con- duit de même. Mais tandis que l’Araignée de Montpel- lier se contente de s’accrocher à espèce de trame soyeuse qui tapisse la surface intérieure de sa porte, celle de Corse emploie un moyen plus efficace.

Déjà nous avons dit que la surface intérieure du cou- vercle qui clôt habitation de la Mygale Pionnière, ne ressemblait en rien à celle du dehors. Autant celle-ci est raboteuse autant l’autre est unie; de plus on a vu qu’elle élait tapissée, comme Îles parois de l’habitation, d’une couche soyeuse très blanche, mais beaucoup plus consis- tante et ayant l’apparence du parchemin ; nous ajouterons que celte surface intérieure est surtout remarquable par l'existence d’une série de petits trous. Ces petits trous

80 ANNALES

qu’on pourrait au premier abord négliger de voir, for- ment un des traits les plus curieux de l'histoire de l’Axrai- gnée Pionnière , car c’est par leur moyen qu’elle peut, lorsque lon veut forcer sa porte, la maintenir exacte- ment fermée. Elle y parvient en se cramponnant d’une part à l’aide de ses pattes aux parois de son ‘tube, el de l’autre en introduisant dans les trous de son cou- vercle les épines et les crochets cornés dont sont mu- nies ses mächoires. On comprend que la porte de sa demeure se trouve alors retenue par un moyen en quelque sorte aussi efficace que celui que nous obtenons lorsque nous poussons un verrou dans sa gache. Mais ce qui doit davantage exciter notre admiration c’est la manière dont ces trous ont été disposés. On croira peut-être que lPAraï- gnée n’en a pas épargné le nombre, et que pour ne pas se trouver au dépourvu, quand la nécessité la force à en faire usage , elle en a criblé la face interne de son couver- cle. Ce n’est cependant pas ce qu’on observe. Ces trous sont peu nombreux, on n’en compte au plus qu’une tren— taine, et au liea de les avoir dispersés au hasard, ils se trou- vent tous réunis dans uue place déterminée, et qui est exactement la même dans les quatre nids que j’ai pu ob- server. Mais cette place est très convenable et telle que nous l’aurions choisie nous-mêmes, après y avoir bien ré- fléchi: en effet ils sont situés tout près des bords du cou- vérele, et toujours au côté opposé à la charnière. Il est clair que PÂraignée trouve un grand avantage dans cette disposition, car dans l’action de tirer à soi ce couvercle, elle opère bien plus efficacement en se cramponnant loin de la charnière que si elle eût agi dans son voisinage. L'instinct de l’animal semble lavoir si bien instruit sur ce point qu’il n’a pas pris la peine de faire un seul trou, soit au milieu du couvercle soit au voisinage du

DE LA SOCIÉTE ENTOMOLOGIQUE. 8r point il s'attache, et que toutes les ouvertures qu’on y observe sont disposées sur une ligne demi circulaire très étroite , et telles qu’on les a figurées dans le dessin qui est joint à mon mémoire.

Les observations que je viens de présenter à la Société m'ont paru mériter d'être connues dans tous leurs dé- tails, non-seulement parce qu’elles sont en eiles-mêmes dignes d'intérêt, mais parce qu'ayant pour but d’éclai- rer la connaissance des mœurs elles ont naturellement leur place dans l’étude de la science.

Je n’ajouterai, à ce sujet, qu’une simple remarque, c’est que plus nous avons vu de perfection dans l’ou- vrage de PAraignée de Corse, plus nous sommes forcés de reconnaître que tous ces actes dérivent exclusivement de Pinstinct. Car, si on admettait que Panimal pût les exécuter avec quelque réflexien, il faudrait lui accorder non-seulement un raisonnement très parfait, mais en- core des connaissances d’un ordre fort élevé et que l’homme lui-même n’a acquises que par un long iravail d'esprit et parce qu’il a mis à profit expérience suc- cessive de ses devanciers.

Le rêle de l’Araignée se réduit donc à opérer sans cal- cul ni combinaison , mais sous une influence étrangère et irrésistible , et quant aux leçons que pourrait lui fournir l’expérience, elles sont entièrement nulles, comme chez tous les insectes , c’est-à-dire, qu'après avoir vécu des mois et des années, elle n’en sait guère plus et r’en fait pas davantage que lorsque sortant de l’œuf, elle s’est mise incontinent à construire.

La description que je viens de donner du nid de la Mygale Pionn'ère devait naturellement m'’inspirer le desir d'étudier l’organisation de celte espèce.

J'ai eu le plaisir de pouvoir le faire, et je le dois à

EL. 6

82 ANNALES

l’obiigeance de M. Dejean qui a bien voulu mettre à ma disposition un individu provenant de la collection de M. Latreille.

Déjà Rossi avait décrit cette espèce, mais sans entrer dans des détails suffisans relatifs à son organisation ex- térieure. Ce qu'il m’importait surtout de connaître, c'était la structure des mandibules et des paltes ; car ce sont les seuls instrumens que possède l'animal pour confectionner sa demeure. Je me suis donc attaché à étudier ces diverses parties.

L'examen que j'en ai fait m'a montré plusieurs particu- larités signalées déjà par MM. Latreille (1), Walckenaer (2) et Lécen Dnfour (5). Ce dernier qui a observé avec soin les formes de ces parties, s’exprime ainsi à leur égard : « Les mandibules sont plus grosses et plus inclinées que celles de la Mygale Maçonne; le rateau dont elles sont armées se compose de cinq ou six épines principales qui garnissent leur bord supérieur et de quelques autres u:oins prononcées, situées en dehors des premières. La rainure qui reçoit le crochet dans sa rétraction a, de cha- que côté, cinq dents noires, fortes et courtes. Les paltes sont simplement velues; mais les tarses des deux paires antérieures et les articles correspondans des palpes sont garnis de piquans remarquables ; ses ongles offrent cela de particulier, qu'ils n’ont qu’une seule dent à leur base; le tarse se termine par un ergol. »

Le bord supérieur des mandibules est garni en effet

(1) Mém. de la Société d’Hist. nat. de Paris, p. 125, et Hist. nat. des crustacés et des insectes, tome vit, p. 165.

(2) Faune française, aranéides,, p. 4.

(5) Annales générales des Scivnces physiques de Bruxelles, t. v, p. 102.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 83 d’épines assez fortes; mais l’observation minutieuse que j'ai cru devoir faire de ces parties m'a montré que les épines principales étaient très aiguës et au nombre d’une dizaine. J’ai remarqué de plus qu’il en existait trois au- tres d’un volume plus fort à pointe obluse, et qui ont échappé à l’observation des aranéologistes. L’une est iso- lée et placée plus en dehors, les deux autres sont irès rap- prochées de manière à ne laisser enire elles aucun inter- valle; de plus, elles sont situées sur un tubercule com- nun qui fait une légère saillie au-dessus de Particulation du crochet de la mandibule. Sans doute que ces épines, plus grosses et d’une forme particulière, ont quelques usages qui leur sont propres, peut-être, dans l’acte de

construire.

Jai représenté ces parties avec soin et j’ai figuré aussi les deux rangées de tubercules qui garnissent la rainure dans laquelle vient se loger, en se repliant, le crochet de la mandibule, M. Léon Dufour qui, sauf quelques lé- gers détails a donné une description complète de ces par- lies, observe que cette rainure offre, de chaque côté, cinq dents. Ce nombre est à-peu-près celui qui existe; maïisil faut d’abord remarquer que les tubercules qui garnissent les deux côtés de la rainure sont en nombre différent. Il en résulte que ces bords sont d'inégale longueur. Le plus court qui occupe le côté externe de la mandibule ne pré- sente que quatre tubercules d'autant moins prononcés qu’ils se rapprochent davantage de la base du crochet. C’est le contraire pour lPautre bord de la rainure qui est le plus long ; les tubercules qu’on y voit sont d’autant plus saillans qu’ils se rapprochent davantage de cette base; ils sont aus:1 plus forts et plus nombreux, car on en compte jusqu’à sept. Indépendamment de ces dents, on remarque dans la rainure quelques petites saillies verruqueuser,

6.

84 ANNALES

J’ai vu aussi sur l’un des crochets des mandibules, mais après bien des essais, une petite ouverture située près de sa pointe et sur le côté dorsal. C’est par ce trou, perce} tible seulement à Paide d'une forte loupe, que sort le venin qui donne la mort aux insectes dont la Mygale Pionnière se nourrit.

Mon ami , M. Léon Dufour, a très bien observé la struc- ture des pattes; elles‘sont garnies de deux ongles qui, cha- cun, ont simplement un crochet à leur base, et il existe, à l'endroit ceux-ci s’insèrent . un onglet ou ergot. Cette organisation des pattes diffère, sous plusieurs rapports, de celle que l’on rencontre dans la Mygale Maçonne des envi-

rons de Montpellier. é

Explication de la planche.

Fig. 1. Mygale Pionnière de grandeur naturelle et d’après un dessin de M. Walckenaer.

Fig. 1. Trois nids de grandeur naturelle. a L'un de ces nids fermé exactement, par le couvercle. b Ge couxercle ouvert vu de profil, et très déjeté forcément en arrière et retenu dans celle position par une épin- gle. c Le rebord circulaire, ou la féyure dans la- quelle il se rabat. d Couvercle vu de face, montrant la rangée demi circulaire de pelits trous dans lesquels l’Araignée enfonce des épines, et s’oppose ainsi forte- ment à ce qu’on l’ouvre en dehors. e féyure dans le- quel se rabat le couvercle taillé obliquement, et dont le bord est composé de plusieurs couches de toile soyeuse. f'Toile soyeuse qui tapisse intérieurement le nid, et qui ici a été soulevée pour la rendre plus apparente.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 85 g Parois du tube composé par un mortier plus dur que la masse d’argile dans laquelle ce tube est creusé.

Fig. IT. Coupe transversale du convercle, montrant la manière dont les couches soyeuses et ierreuses s'em- boîtent successivement l’une dans l’autre , et la manière dont les bords sont taillés en biseau @.

Fig. IV. Une des mandibules, celle du côté droit , gros- sie et montrant: &, sa surface plane, qui s'applique contre celle du côté opposé. Bb Deux rangées de den- ticules. c Epines principales du bord supérieur et interne. d ete Dents plus fortes, dont deux portées sur une sorte de tubercule. f Le crochet.

Fig. V. Extrémité du crochet vu en dessus, percé d’an

trou. Fig. VI. Extrémité de la patte. a Patte tronqnée., b Onglet ou ergot..— c Crochets simplement dentés

à leur base.

86 ANNALES

LR LR LUTLLR LETR LOT LV LE SALLE LL R LUE LES SLR LES LEE LL LEE LELL'PELELE LED

DESCRIPTION

D'UNE ESPÈCE NOUVELLE D'ARACHNIDE APPARTENANT AU

GENRE A72YOpe DE M. SAVIGNY, PAR M. LUCAS.

Séance du 5 décembre 18332.

ep

Le genre Epéire que M. Walckenaër a créé dans la classe des Arachnides, est aujourd'hui tellement nombreux en es- pèces, que c'est une circonstance heureuse que de pouvoir découvrir quelque caractère qui permette de le subdiviser.

C'est ce qu'unt tenté de faire deux entomologistes célè- bres. Ainsi M. Latreille, qui est un si bon appréciateur de l'importance des caractères, et qui afaitune siheureuse appü- cation de ses principes dans les nombreux ouvrages qu'on lui doit, a fondé dernièrement le genre Gasteracanthe, qui comprend les espèces d'Epéires dont l’abdomen est armé de pointes plus ou moins nombreuses, et M. Savigny a établi dans le magnifique ouvrage sur l'Egypte, le genre 4rsyope, dans lequel il réunit les espèces dont le thorax est très sen- siblement aplati, ou déprimé, ou rétréci seulement vers les yeux , qui diffèrent de ceux des Epéires, en ce que les laté- raux antérieurs sont beaucoup plus petits que les autres(r).

(x) Dans les Epéires, ces veux latéraux antérieurs dépassent les autres en volume , ou au moizs leur sont égaux.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 87

Ces deux genres paraissent très naturels, et seront sans doute adoptés par tous les entomologistes, surtout quand on se sera attaché à décrire les espèces plus moins nombreuses qui leur appartiennent.

C'est pour contribuer en quelque chose à ce résultat, que je me hasarde à présenter à la Société Entomologique la description d'une espèce que je crois nouvelle.

Elle est originaire de l'Amérique septentrionale, et ap- partient à l'établissement du Muséum d'histoire naturelle de Paris, auquel M. Lesueur, qui habite Philadelphie, l’a adres- sée 1l y a peu d'années. Sa taille est assez grande, puisque son corps n'a pas moins de neuf lignes, et que, lorsque les pattes sont allongées ; l'animal occupe en longueur une étendue de plus de deux pouces. Mais ce qui rend surtout cette espèce remarquable, c'est la couleur orangée et très vive de son abdomen. Cette particularité, qui ne permet pas de la confondre avec aucune autre, nous a engagé à la distinguer sous lenom d'Orangée, Aurantia; et nous avons résumé de la manière suivante les caractères qui lui sont

propres. Argyope Orangée, Argyope Aurantia. (Luc.)

Maxillés rotundatis , maculà flavescente lateri interno. Tho- race plano, pileis argenteis induto. Abdomine elongato, truncato, maculis auranteis ornato.

ra Cette belle espèce qui, dans le système de M. VX alcke- naër, prendrait place dans la deuxième famille des Épéires

(les zonées), a, comme toutes celles de ce groupe, le tho-

rax très plat et revêtu de poils argentés ; mais les caractères

suivans serviront à la faire reconnaître.

88 ANNALES

Palpes jaunâtres , avec le dernier article légèrement brun et allongé. |

Mandibules brunes, avec le côté interne jaunâtre , cro- chets des mandibules noirs.

Abdomen ovale, tronqué, ayant à sa partie antérieure deux espèces de tubercules bruns en avant, et orangés en arrière. Fond brun, avec des taches et des bandes d’une belle couleur orangée, piacées principalement en dessus, et sur les côtés quatre taches principales de même couleur, au milieu de la plaque de couleur brunâtre qui occupe toute la ligne médiane.

Filières rougeûtres.

Dessous à-peu-près semblable au dessus, c’est-à-dire qu'il existe deux bandes orangées latérales placées sur un fond brun qui en occupe tout l'intervalie.

Pattes poilues, les antérieures et les postérieures les plus longues.

Second article des pattes légèrement orangé, articles sui- vans noirs.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 80

LR LD ED D LES LL LAR L'URSS LOT VD QE SR LUE VA D QUE LÉD LA, D LEUR LEE AVE SD DR LUE

MÉMOIRE

sur LE Psalidomyia Fucicola, nouverre Esrèce DE Dipière VIVANT SUR LES BORDS DE LA MER ET FORMANT UN NOU- VEAU GENRE DANS LA FAMILLE DES Athericeres, TRIBU DES Muscides ( Larr.); PAR M. A. Doumerc.

U

ë. Séance du 5 décembre 1832.

=, © O-Q ee ——

L'insecte représenté fig. 1,pl. 6, est un Diptère de la famille des Athéricères et de la tribu des Muscides de Latr.; et forme un nouveau genre voisin des 7} hyréophore, Sca- tophage et Actore (Latr. Meig.), avec lesquels il a quel- que analogie, mais dont il ne peut faire partie à cause des différens caractères qui lui sont propres et que je vais énu- mérer.

Corps de forme allongée. Tete (fig. 3)semi-sphérique, pres- que conique, arrondie et tronquée en avant et en arrière. Front aplati, lisse, garni de quelques poils épars; chez le mâle, il s’'ayance antérieurement, de manière à former Me au-dessous de lui, une cavité double et

avec l’hypostte profonde, dans laquelle sont insérées les antennes. Yeux assez grands, arrondis, un peu obliques, écartés l’un de l'autre dans les deux sexes, par un espace frontal inter- médiaire, assez large et finement sillonné longitudinalement

90 ANNALES

de quatre stries, peu distinctes à l'œil nu. Ocelles au nom- bre de trois, placés en triangle allongé, et serrés entre eux sur le vertex. Antennes (fig. 4) très courtes, assez semblables à celles des Actores, insérées entre les yeux , sous le bord du front, un peu écartées à leur base et composées de trois articies courts ; le premier grenu , le second cupuliforme , garni de poils nr sur les bords , en outre un plus long que les autres et redressé ; ce oi article recoit la ii du troisième , qui est lenticulaire, un peu comprimé, et porte à son côté externe, près de sa base, une soie longue, lisse et composée de deux articulations, dont la première forme environ le tiers de la longueur totale. Ces trois articles an- tennaires sont très serrés entre eux et garnis de petits poils épars. Hypostome (fig. 3) lisse, dirigé bios en bas vers la bouche, ayant dans son centre une carène plate, formant supérieurement avec les bords des joues deux fos- settes profondes, pour recevoir les antennes dans le repos; celles du mâle surtout y sont entièrement plongées ; sur les parties latérales de l'hypostome, il y a de ehaque côté une saillie presque verticale, garnie de petits poils raides. Bouche à ouverture grande, ovale, garnie sur les côtés de quelques poils, et recevant la trompe (fig. 3) qui estrétractile, charnue, triangulaire, comprimée et bilabiée. Palpes pe- tits, ovales, allongés, de deux articles égaux et insérés à sa base. Corselet (fig. 1) plat en dessus, lisse, coupé droit an- térieurement , arrondi sur les côtés et en arrière, muni à cha- cun de ses angles antérieurs d'un tubercule assez gros; le tout garni de poils raides isolés. Ecusson (fig.6) de médiocre grandeur, presque triangulaire, arrondi et i de quatre poils raides dont deux à sa pointe. 4i/es grandes relativement à l'insecte, mais étroites, dépassant un peu l'abdomen et croisées sur lui dans le repos; leursnervuresdisposées comme dans lafig.5 ; les deux transversales tenant, à quelques modifi-

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 91

cations près, la position de celles des Scatophages et des Ac- tores ; mais surtout de ce dernier genre : la plus petite des deux est cependant plus grande que dans Îles Scatophages, plus rapprochée de la grande, obliquement parallèle à cette dernière , qui est aussi plus rapprochée du bord de l'aile que dans ce dernier genre. Cuillerons petits, bordés et velus. Ba- lanciers assez grands, nus et en forme de raquette. Abdomen, (fig. r), ovale, un peu pyriforme, aplati, composé de six seg- mens, lisse , etgarni de quelques poils raides. Anus (fig. 8) de la femelle terminé par une espèce de tarière courte, glo- buleuse, se rétrécissant à sa base, et ressemblant parfaitement à une toupie dont le fer serait implanté dans l'anus. Segment anal( fig. 7) du mâle terminé par une espèce de tenaculum ou pince, dont les branches ressemblent assez à celles des Forficules femelles, mais dont les pointes, au lieu d'être ai- guës, sont mousses et garnies en dedans de soies raides. Cet appareil se irouve couché le long des derniers segmens du ventre dans le repos; il paraît que, dans l’accouplement, 1l s’en détache un peu, afin de saisir le pédicule de la tarière de la femelle, qui se trouve ainsi étranglé dans l'ouverture de cette pièce, de façon que son capitule est enclavé contre l'organe spermathorrhéen. Pattes (fig. 3) de moyenne lon- _gueur, un peu grèles ; cuisses un peu épaisses, jambes inter- médiaires et postérieures garnies de quatre épines droites ; tarses ciliés, à premier article aussi long que les trois sui- vans pris ensemble ; les quatre autres égaux entre eux , et le dernier muni de deux crochets entre lesquels il y a deux grosses pelotes velues.

L'on voit par cette description, et en comparant notre Diptere avec ceux des genres dont nous avons parlé, que cet inisectesse rapproche plus ou moins, tantôt des Thyreo- phores par une têie dont les antennes sont insérées dans une souttière de l’hypostome ; tantôt des Scatophages , par

02 ANNALES

la forme de la bouche et de l'écusson , avec quelques mo- difications dans les nervures des ailes ; tantôt enfin des 4c- tores, par la configuration des artigles des antennes, et en partie aussi des ailes; mais, comme ces modifications sont constantes dans les deux sexes de notre Psalidomyia, je me crois autorisé à fonder un nouveau genre, surtout en fai- sant attention aux parties sexuelles, principalement dans le mâle, elles sont assez remarquables pour n avoir aucune analogie avec les genres précités; ce sont ces organes qui mont fait lui donner le nom de Psalidomyia, de deux mots grecs, ça (pince), et pra (Mouche) ; le nom spécifique de Fucicola lui vient de ce que ces insectes volent en troupe sur les Fucus, entre les galets du bord de la mer; je pense enfin que sa place doit être entre les genres Thyréophore et Scatophage.

De tout ce qui a rapport aux mœurs de cet insecte, je n'ait pu observer que sa vivacité à courir par saccades comme les Dolichopes, et à partir subitement en volant, pour s’alier poser à quelques pas du lieu de son départ. Cette vélocité est cependant compensée par la lourdeur du vol, quoique continu. Le mâle est plus agile que la femelle ; aussi n'ai-je pu l’attraper que parce que je le surprisaccou- plé, et qu'il n’eut pas le temps de dégager ses pinces de la tarière de la femelle pour se sauver. La configuration des. parties de la bouche indique assez par leur analogie avec celles des Scatophages, qu’elles sont destinées à la succion des sucs qui proviennent du détritus des Mollusques et des Fucus, qui, comme l’on sait, ont une odeur nauseuse et. même cadavéreuse, à l’état de putridité.

C'est au mois de septembre 1832, que, chassant sur les galets couverts de Fucus au bord de la mer, à Dieppe, j'ai trouvé pour la première fois ce Diptère. Il est à remarquer que, loin de redouter l'approche de la vague, ces insectes,

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 93

sortant de dessous les galets 1lsse cachent, et dont le mou- vement de la marche du chasseur vient troubler le repos, dirigent leur vol vers elle, et que ce n’est qu'avec beaucoup de peine qu on leur fait rebrousser chemin en sens opposé de la mer.

ESPÈCE. Psalidomyia Fucicola. ( Doum. ) ( Long. 3 1/2 à 4 lig.)

Psar., Fuc. Capite rufo, supra fusco; antennis pedibusque rufescentibus, thorace nigricante, léneis tribus griseis; abdo- mine nigro-sericeo, ano feminæ, Jorcipiteque maris fusces- centibus ; alis hyalinis, basi rufescente.

Au premier aspect, la couleur de l'insecte paraît brun de suie. Tête brune, lisse; front un peu plus clair en avant, ocelles grisâtres, luisans; antennes fauves, troisième ar- ticle plus foncé que les autres. Hypostome rougeûtre clair, ainsi que la bouche et la trompe. Corselet d'un gris obscur, ayanten dessus trois lignes d’un cendré clair, n'atteignantpas l’écusson ; épaulettes d’un brun ferrugineux. Ecusson brun. Abdomen noirâtre, lisse, soyeux. Anus et tarière de la fe- melle dur fauve rougeâtre clair, ainsi que la pince du mâle. Aïles transparentes, un peu enfumées et roussâtres à leur base; cuilleron$ jaunâtres, balanciers blanchâtres. Païtes d'un brun roussâtre clair chez la femelle, plus foncées et rougetres chez le mâle; cuisses un peu épaisses et garnies de poils épars ; crochets des tarses noirs, avec leurs pelotes d’un jaune pâle.

Se trouve en septembre sur les bords de la mer à Dieppe, en Normandie.

94 ANNALES

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DESCRIPTION

DE DEUX Coleoptères NOUVEAUX, DES GENRES Péilium er Hister PAR M. AUBÉ.

Séance du 5 décembre 1832.

Ptilium Trisulcatum.

Long d'un sixième de ligne environ , ovaie allongé, d'un noir brillant. Tete noire sans ponctuation, plus large que longue, et arrondie antérieurement. Antennes pâles et ainsi formées : les deux premiers articles sont plus gros que les six suivans, le premier est cylindrique etle deuxième ovoide; le troisième plus étroit que les cinq autres, égaux entre eux et ovoides, est aussi de même forme; les trois der-

+

niers, plus gros que les six précédens, sont aussi ovoides, et d'autant plus gros qu'ils sont plus externes ; ils forment la massue, Les antennes sont couvertes . poils épineux, très nombreux, et principalement à la massue. La largeur du corsélet, en avant et en arrière, est la même, et un peu moindre que celle de la tête, mais dans son centre cet organe est fortementdilaté; sa longueur égale environ sa plus grande largeur ; ilest marqué au centre d’un sillon profond qui, partant du bord postérieur, n'atteint pas le bord antérieur ;

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 95

de chaque côté de ce sillon part en divergeant un autre sillon plus petit. Ecusson très petit, triangulaire. Les é/y- tres , sans ponctuation, sont noires, excepté cependant vers leur extrémité elles pâlissent; elles sont antérieu- rement de la largeur du corselet, se dilatent insensible- ment jusqu'au milieu, se rétrécissent ensuite, et se termi- nent en s’arrondissant. L’abdomen est noir et luisant. Les pattes sont pâles ; vues au microscope, elles sont couvertes de fortes épines.

J'ai trouvé ce Ptilium , que je crois être le plus petit des Coléoptères connus, près de Paris, dans le fumier des cou- ches à melon, le 25 septembre. Il vient immédiatement

après le Péilium Pusillum de Gyllenhal. Hister Formicetorum.

Cet Hister a environ une ligne et demi de longueur ; il est arrondi et d'un noir terne. Tête large, non ponctuée, sans aucune strie. Antennes ferrugineuses à massue glo- buleuse, velue et beaucoup plus pâle. Corselet noir terne, deux fois aussi large postérieurement qu'antérieurement ; en avant, sa largeur est à-peu-près égale à sa longueur; les angles antérieurs sont arrondis, etles postérieurs droits ; il est. légèrement convexe et sans ponctuation ; fortement échancré en avant, il offre de chaque côté de l’échan- crure une très légère dépression ; en arrière, il se prolonge au devant des élytres en un angle obtus. L’écusson est ar- rondi et très petit. Les élytres, à la base, de la largeur du corselet, s'élargissent graduellement jusqu'au milieu envi- ron , se rétrécissent ensuite et se terminent brusquement par une coupe en ligne droite ; la couleur est la même que celle du corselet ; à l’aide d'une très forte loupe seulement, l'on s'apercoit que leur opacité est due à une très fine

96 Ne ANNALES

ponctuation. L'on observe sur les élytres, en allant de de- dans en dehors , deux lignes droites très légèrement sail- lantes , comme usées par le frottement, et à peine visibles à la loupe; quatre stries dorsales courbes, n'atteignant ni la base ni l'extrémité, et une strie humérale presque im- perceptible. Les quatre stries dorsales, en arrière, se transforment insensiblement en lignes saillantes , en tout semblables à celles qui existent près de la suture , peut-être même moins apparentes. Les stries marginale et latérale sont remplacées par des lignes saillantes ; la terminale manque. La partie réfléchie des élytres ne présente pas, comme dans beaucoup d'espèces de ce genre, une petite fossette allon- gée ; mais elle est fortement ponctuée. 4bdomen ponctué latéralement et postérieurement. Pattes ferrugineuses, cuis- ses aplaties; les jambes, également aplaties, sont très dilatées en dehors en s'arrondissant ; celles de devant sont un peu plus larges et garnies de quatre à cinq petites dents peu apparentes. Les tarses n'offrent rien de remarquable.

Cet insecte vit avec les grosses Fourmis ; je l'ai trouvé une seule fois et un seul individu, dans une grande four- milière de la forêt de Bondy, le 17 juin 1832.

D'après le système de Paykull, cet Hister doit être placé entre le Cruciatus et l'Interruptus, dans la première sous- division de la deuxième famille de la troisième tribu dela seconde section ; mais, dans l'ordre naturel, je le placerais après le Punctatus, avec lequel il a le plus d’analogie.

Comme lui aussi, il rentre dans le genre Dendrophilus de Leach.

@ DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 97

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DIVISION

DU GENRE Safyre EN NEUF GROUPES, D'APRÈS DES CARAC- TÈRES TIRÉS A-LA-FOIS DES NERVURES ET DES ANTENNES. PAR M. DuPoNcHer.

Séance du 19 décembre 1832.

bp CC =——

Le genre Satyre étant un des plus nombreux dans la famille des Zépidopteres diurnes, on le divise ordinairement en trois sections pour mieux s'y reconnaître. On comprend dans la première les espèces à taches noires sur un fond blanc, vulgairement appelés Satyres blancs ; on range dans la seconde celles à taches fauves sur un fond plus ou moins noir , et connues généralement sous le nom de Satyres ne- gres ; enfin on réunit dans la troisième toutes celles à cou- leurs variées, et qui ne peuvent entrer dans les deux pre- mières. Cette division, uniquement fondée sur un caractère aussi secondaire que la couleur, ne saurait satisfaire le vé- ritable naturaliste. J’ai donc cherché à en établir une autre sur une base plus solide, et je crois y être parvenu en tirant mes caractères des principales nervures des premières ailes et des antennes. Mais, avant de les exposer, je dois faire connaître ici les termes que j'emploierai pour exprimer ceux tirés des nervures, afin d'être mieux compris. Ces ter-

II. 7

98 ANNALES mes ont été créés par li. Al. Lefebvre (1), et j'ai cru ne pouvoir mieux faire que de les adopter. Ainsi j'appellerai, conime lui, xervure costale , celle qui borde la côte des pre- mières ailes ; zervure médiane, celle qui occupe le milieu des mêmes ailes, et se divise en trois branches ou nervules, à peu de distance de son origine; et zervure sous - médiane ou énferieure, celle qui longe le bord interne sans le diviser. « Un caractère remarquable dans tous les Satyres, tant « exotiques qu'indigènes, a dit Godart (2), c'est que les « deux nervures les plus voisines de la côte des premières « ailes, sont renflées près du corselet ». Cela n'est pas en- tièrement exact, du moins pour les Satyres indigènes, dont je m'occupe seulement ici, car dans les nègres proprement dits, ou especes alpines, ce renflement est nul ou à peine sensible ; dans les Satyres blancs , il n'existe qu'à la rervure costale ; dans plusieurs des Satyres à couleurs variées, il affecte la costale et la médiane, et dans les petites espèces, à nombreuses taches oculaires, les trois nervures sont éga- lement renflées à leur origme, et beaucoup plus que dans les‘autres Satyres. C’est donc d'après la présence ou Fab- sence de ce renflement”, combiné avec la forme des anten- nes, que j'ai divisé le geure Satyre en neuf groupes, ainsi qu'iksüit, savoir :

Premier groupe. Nervure costale seule renflee à son origine. Antennes épaisses,

| | FE

droites , et fusiformes. DACHÉSIS, GALATHEA ; CLOTHO, LARISSA, ARGE, INES, PSYCHE. Ce groupe se compose uniquement des espèces à taches

(x) Voir son mémoire inséré dans les Annales, 1°" trimestre, 1832, p. 80.

L dr © x M Ni ni (>) Histoire naturelle des Lipidoptères de France, vol., pag. 87:

DE LA SOCIETÉ ENTOMOLOGIQUE. 99.

noires sur un fond blanc, vulgairement appelés Satyres blancs ou demi-deuils. Ces espèces fréquentent de préférence les prés sylvatiques et tous les lieux croissent de hautes graminées. On pourrait les appeler les eramINrcoLss.

Deuxième groupe.

Nervure costale tres renflee a son origine , la médiane seule- ment un peu dilatee; l’inferieure sans dilatation sensible ; antennes greles, à massue forte et un peu allongée.

ACTÆA, BRYCE, PHÆDRA.

Ce groupe ne comprend que trois espèces, qui se recon- naissent à une ou deux grandes taches oculaires sur leurs premières ailes, plus prononcées en dessus qu'en dessous. Elles n'habitent que les grands bois remplis de hautes bruyères, sur lesquelles elles aiment à se reposer. Je les ne, pellerai ERICICOLES.

Troisième groupe.

Nervure costale et nervure médiane également très renflées à leur origine ; il inférieure sans RS sensible ; antennes

grèles, à massue plus ou moins courbe.

FIDIA, FAUNA, CIRCE, HERMIONE, ALCYONE, ANTHE, BRISEIS , ANTHELEA, AUTONOE, PODARCE, SEMELE , HIPPOLYTE, ARE-

THUSA, NEOMYRIS, NARICA.

Toutes lesespèces de ce groupe ont également une ou deux

grandes taches oculaires sur leurs premières ailes; inaïis elles

ont l'angle supérieur de ces mêmes ailes plus aigu. Chez quelques-unes le mâle est très différent de la femelle pour la

Læl / +

4

100 ANNALES

couleur, ainsi qu'on le voit principalement dans l’Anthelea. Tous les Satyres dont il s’agit fréquentent de préférence les rochers et les collines arides. Le nom de ruPIcoLEs donne une juste idée de leurs habitudes.

Quatrième groupe.

Nervure costale et nervure médiane également di latees a leur origine, l’inférieure sans dilatation sensible; antennes gre- les «a massue allongée el peu renfiee.

EUDORA, JANIRA, ‘CLYMENE, THITONUS, IDA el PASIPHAE.

Toutes les espèces de ce groupe n’ont qu'un œil sur leurs premières ailes, ordinairement bipupillé. La femelle de l'Eudora, qui en a deux, fait seule exception à cette règle. Elies habitent non-seulement lés bois, mais tous les terreins incultes et plus ou moins herbus. On peut les appeler les HER BICOLES.

Cinquième groupe.

Nervure costale et nervure médiane plus ou moins renflees à leur origine, l’inférieure sans dilatation sensible ; antennes droites, visiblement annelees de noir et blanc, et à massue prriforme.

ROXELANA, MOERA, MEGÆRA , TIGELIUS, ÆGERIA.

Les espèces qui appartiennent à ce groupe n’ont égale- ment qu un œil sur leurs premières ailes ; mais elles en ont toujours de cinq à six aux ailes inférieures. D'ailleurs, leurs antennes annelées de noir et de blanc, ne permettent pas de les confondre avec celles du groupe précédent. Comme on les trouve principalement dans le voisinage des habita- ions, on peut les appeler les vrarcones.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 1OE

Sixième. groupe.

Nervure costale plus dilatee que la médiane, qui l’est cepen- dant d'une maniere sensible ; l’énferieure sans aucune dila- tation; antennes annelees de noïtr et de blanc, a massue allongee,

DEJANIRA, HYPERANTHEUS.

_Ces deux espèces se distinguent de toutes les précédentes en ce qu'elles ont une rangée dequatre à cinq yeux sur leurs premières ailes. On ne les trouve que dans les parties om- bragées des bois, elles voltisent de branche en branche. Elles méritent bien, à cause de cela, le nom de RAMICOLES.

Septième groupe.

Les trois nervures tres fortement renflees et d’une manière égale à leur origine; antennes annelees de gris et de brun, à massue assez prononcee.

OEDIPUS, HERO, ARCANIUS, DORUS, PHILEA, CORINNA, LEANDER, IPHIS, DAVUS, PAMPHILUS, LYLLUS.

Ce groupe comprend toutes les petites espèces à taches ocellées, plus ou moins nombreuses sur les quatre ailes, et précédées dans presque toutes d’une ligne couleur d'argent ou de plomb. La plupart ne se trouvent que dans les bois taillis , elies voltigent sur les buissons. Le nom de pumr- coLEs est celui qui leur convient le mieux, d'après leurs.

habitudes.

102 "ANNALES Huitième groupe.

Les trois nervures sans dilatation sensible à leur origine ; un-

tennes assez fortes, et à massue allongee. AELLO, NORNA, TARPEIA, BORE, BOOTES, PHRYNE..

Les six espèces comprises dans ce groupe sont toutes propres aux contrées boréales, ou aux régions les plus froides des montagnes. Elles se distinguent de toutes les autres par une forme particulière ; elles ont un air étiolé; leurs couleurs sont ternes, leurs ailes plus minces et plus allongées, leurs palpes plusvelus, etles nervures de lents aïles inférieures, en dessous, sont toujours d'une couleur plus claire que le fonid. Les contrées les plus voisines du pôle

arctique étant leur véritable patrie, je les appellerai les ARc- TICOLES. |

Neuvième et dernier groupe.

Les trois nervures sans renflement sensible a leur origine ; an-

5 \ A . = tennes grèles, à massue plus ou moins globuleuse ou pyri- forme.

EPIPHRON, PHARTE, MELAMPUS, CASSIOPE, MNESTRA, PYRRHA, OEME, PSODEA, CETO, MEDUSA, AFRA, PARMENIO, STYGNE;, MELAS, LEFEBVREI, ALECTO, NERINE, BLANDINA, EURYALE,

LIGEA, EMBIA, NEORIDAS, ARACHNE, EVIAS, GOANTE, GORGE, EPISTYGNE, MANTO, DROMUS, ARETE.

Ce groupe, le plus nombreux de tous, comprend toutes ies espèces particulières aux montagnes, et vulgairement appelées négres, à cause de la couleur du fond de leurs ailes,

DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 103 qui est d’un brun plus ou moins noir. On pourrait le sub- diviser en deux sections : la première comprendrait les es- pèces à ailes entières, et la seconde, celles à ailes inférieures dentelées. Comme ia plupart de ces Satyres n’häbitent que les montagnes alpines, je les appellerai les ALPICOLES.

On voit par l'exposé de cès caractères, qu'ils sont très simples et d'autant plus faciles à saisir, qu'ils sont fondés sur des parties visibles sans loupe, qui est asséz rare’en entomologie. Quant à l'expression de groupe, dont je me suis servi, elle prouve que mon intention n'a pas été d'é- tablir de véritables genres, mais seulement des divisions, à l'aide desquelles on puisse trouver plus facilement l'espèce que l’on cherche parmi le grand nombre de celles que ren- ferme Je genre Satyre des auteurs. Cependant, pour soula- ser la mémoire, jai cru devoir donner à chacun de ces groupes un nom qui indique d'une manière générale les habitudes des espèces qui s'y rapportent, ce qui est encore un moyen d'en faciliter la recherche.

104 ANNALES

228 LR RER E LES LLTEVELVELLTLVELVLELLRLLELUE LOT VUE LL LIL RE LE LLLEVELLORLUEILUATS

MÉMOIRE

SUR LES GENRES Àylocortis, Leptopus ar Velia, par m. Léon Durour, CORRESPONDANT DE L'INSTITUT, etc.

Séance du 9 janvier 1833.

Minima non spernende.

Se G 0-0 ——

Révision du genre Xylucorts. ; Dans la marche progressive actuelle de l’entomologie, il n'est pas donné à’ tous ceux qui se complaisent dans l’ai- mable étude de cette science de l'enrichir par des insectes nouveaux auxquels leur grandeur ou l'éclat de leurs cou- leurs assignent une place distinguée dans les somptueuses collections. Ceux qui ne sont point appelés à ces bonnes fortunes doivent avoir assez de philosophie pour attacher de l'importance à la découverte de la plus petite comme de la plus obscure des espèces, surtout lorsque celle-ci appartient au sol qu'ils habitent. C'est précisément la condition de voire correspondant des Landes. Ce n’est ni un beau Coléoptère, ni un brillant Papillon qu'il vient étaler aux regards de la société, c’est une fort petite et chétive Punaise dont il ne rougit pas de lui faire hommage, dans la conviction il est qu’elle approuve le sens de son épi- graphe.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 105

En avril 1831, je fis connaître, dans les Annales des sciences naturelles , un Hémiptère nouveau de la tribu des : Géocorises membraneuses de M. Latreille, que je ne pus rapporter à aucun des genres établis jusqu'alors. Je le décrivis sous la dénomination générique de Xylocoris et sous le nom spécifique de Rufipennis. Dans l'automne de 1859, j je trouvai pareillement, sous les écorces d’un Pin mort, une autre espèce de ce même genre, dont jexpo- serai bicntée le signalement. J'éprouve une véritable satis- faction en voyant que ce nouveau Xylocore confirme les caractères pénériques publiés en 1831, en sorte quilny a rien à changer dans leur expression. Mais la découverte d'une seconde espèce, dans un genre qui avait été fondé sur l'étude d'une seule, doit nécessairement apporter des modifications dans ce qui concerne les caractères pui de l'habitude générale du corps, comme elle doit entrainer aussi, par l'examen comparatif, un changement dans la phrase spécifique. Ainsi donc, avant de passer à la des- cription du nouveau Géocorise, je vais résumer les traits caractéristiques du genre ainsi que ceux de l'espèce déja publiée, afin que les entomologistes sachent en est la science sur ce point.

Xylocoris (Xylocore.)

Antennes insérées au-devant des yeux, un peu au-dessous du bord latéral de la tête, plus longues que le corselet; composées de quatre articles, dont les deux premiers, sen- siblement plus gros, cylindrico-conoïdes, le basilaire le plus court de tous, le second le plus long, le troisième et le quatrième brusquement fort grèles, capillaires ou sétacés, égaux entre eux, très velus. Bec droit, grèle, dépassant à peine la première paire de pattes, composé de trois ar-

106 ANNALES

ticles, dont le premier est fort court, le second plus long que le troisième, celui-ci términé en pointe acérée. Labre court. Veux latéraux de grandeur ordinaire. Ocelles nuls. Pattes uniquement ambulatoires, égales entre elles, de moyenne longueur; cuisses un peu grosses. Tarses de trois articles, dont le premier est fort court, rudimentaire, et le dernier se termine par deux crochets simples modérément arqués. Corps de petite taille, ovale, oblong, aplati.

Esp. L. Xy7. Rufipennis. Xy1. Rufipenne. Duf., Annal. des Sc. nat., tom. 22, p. 425, tab. 13, fig. 3.

Apierus , ater, nitidus, sub lente pubescens capite inter an- fennas sub acuminato ; hemelytris dimidiatis rufis > antennis tibiis tarsisque rufo-pallidis ; tibiis anticis apice dilatatis.

Hab. sub Pinorum e mortuarum cortice in Gatlia meridionali: occidental.

Long. 2 3 lin.

Esp. IL 4,7. A4ter. Xyl Noir, tab. B, fie. 3.

Alatus, oblongus, ater, nitidus glaberrimus ; capite inter antennas producto obtusissimo sub-truncato; thoracis lénea dorsali 'rpressa; hemelytrorum corio margine pore me dium secio sub articulato ; antennarum articulo secundo , tertioque tébiis tarsisque rufo-pallidis sub lente pilosts.

Hab. sub Pinorum e mortuarum cortice in Gallia meridionati- occidentalr.

Long 23 lin.

Le corps de ce petit Xylocore est oblong, tout-à-fait plat, et d’un noir luisant. Tête avancée en une sorte de museau très obtus, comme tronqué. Bec tout-à-fait appliqué dans sa

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. ro7 rétraction contre la région inférieure de la tête et à peine un peu plus long que ne ci. Yeux ovalaires, médiocrement saillans, d'un e noirâtre. Corselet rhomboïdal, son côté postérieur plus long, presque droit. Écusson larsement triangulaire. Hnélinés offrant, vers le tiers postérieur de leur portion coriacée, un petit angle rentrant, une sorte de ph ou de demi-articulation ; leur portion membraneuse, tantôt blanchâtre, tantôt ur peu enfumée, avec des ner- VUTEs simples, peu sensibles. Aïles sans PE ni nervures. Il n'y à que la moitié d’une de celles- -ci avant le bord extérienr

Explication de la figure.

3. Xycoloris Ater, considérablement oTOsSI. a. Mesure de sa longueur naturelle. b. Antenne c. Patte postérieure { d. Hémélytres e. Aile

» r4> ] ï enecre p'us grossis.

Révision du genre Leptopus.

En 1803, je découvris, sur les graviers PAdour, près de Sainti-Séver ds un petit Heémiptere fort curieux, d'une physionomie semblable à celle des Acanihia, Latr., Salda, Fabr., et je m'empressai de le communiquer à mon ami, M. Latreille. Ce savant entomologiste, dont le tact est si sûr, fut frappé de la brièveté du bec arqué et épi- neux de ce Géocorise, ainsi que de la ténuité des antennes, du développement des cuisses antérieures, armées de pi- quars, er dela gracilité des pattes intermédiaires et posté- rieures. il en fonda un nouveau genre, et la considération de ce dernier trait lui fournit le terme générique de Lep- topus. Il inséra , dans le supplément de son Genera (1809), urñe exposition fort abrégée des caractères de ce genre, et

108 ANNALES

celle-ci a été ensuite reproduite dans ses divers ouvrages. Toutefois, l'article Leptope, de la deuxième édition du Nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle, renferme quel- ques mots de plus sur les traits spécifiques de cet insecte.

Une figure du Leptopus et quelques développemens , tant génériques que spécifiques , m'ont paru être un besoin de la science, et je vais essayer d'autant plus volontiers de diminuer cette lacune, que la découverte d'une nouvelle espèce me mettra Buse à même de confirmer ou de modifier les caractères déjà énoncés.

Le genre Leptopus, ainsi que l'a jugé M. Latreille, doit, dans le cadre des familles naturelles des insectes, suivre im- médiatement ses Acanthia. Des raisons solides ne manque- raient pas, ainsi que je l'ai avancé dans mon travail sur l'a- natomie des Hémipteres, pour autoriser l'institution d'une nouvelle petite famiile avec les deux genres que je viens de nommer, et le Pelogonus. Mais ce n’est point ici le lieu de nous occuper de ce rapprochement. Passons à l'exposi- tion des caractères génériques et habituels.

Caracteres generiques et habituels.

Antennes insérées au-devant des yeux, au bord interne de la tête, plus longues que le corselet, sétacées, glabres, composées de quatre articles, dont le premier, le plus court, est seul un peu renflé, et dont le troisième est le plus long de tous. Bec arqué, court, ne dépassant pas l’origine des pattes antérieures, composé de deux articles apparens, plus ou moins épineux sur les côtés. Yeux tout-à-fait latéraux, grands , très saillans , ovales-réniformes. Deux ocelles placés sur un tubereule commun. Pattes ambulatoires , fort grèles ; cuisses antérieures plus grosses que les. autres, pyrami-

dales , garnies de piquans en dessous. Membrane des hemeé-

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 109

lytres parcourue par quatre ou cinq nervures simples, lon- oitudinales, dont les deux les plus internes sont souvent confluentes et forment ainsi une cellule allongée.

Corps ovalaire. Tête avec le vertex déprimé. Corselet comme divisé en deux portions presque égales, par une empreinte transversale. Æcusson largement triangulaire, de médiocre grandeur. Hemélytres coriaceo-membraneuses.

Les Leptopes sont des Hémiptères de petite taille, que [a gracilité de leurs pattes intermédiaires et postérieures rend très agiles à la course. [ls ne sautent point, mais doués par la grosseur et le développement de leurs yeux d’une vue étendue, ils sont prompts à s'envoler aussitôt qu'on s’ap- proche d'eux. Ils sont insectivores et organisés pour saisir des proies vivantes, ainsi que le témoignent les piquans qui garnissent et leur bec et les pattes antérieures. fls habitent les lieux secs, et ne paraissent que dans la saison la plus chaude de l’année. Quoique le Leptope littoral se trouve sur les bords des rivières , il est facile de se convaincre, quand bien même l'observation directe de ses habitudes ne l’apprendrait pas, qu'il n’est point destiné à vivre dans les lieux humides. Il n'offre pas en effet à la surface de son corps ce duvet serré, soyeux et imperméable propre aux insectes qui fréquentent les lieux aquatiques ou maréca- seux. L'espèce littorale n'habite que les rives essentielle. ment caillouteuses, et c'est toujours sur les pierres plus ou moins entassées loin de l'humidité qu’elle se tient en embuscade.

Esp. I. Leptopus Littoralis. Lepiope Littoral. Nob., pl. B, fig. 2.

( De Latr., Nouv. Dict. d'Hist. nat. , édit.

Griseo-cinereus, villosus, hispidulusque ; oculis , ocellisque

glabris ; rostré articulo primo utrinque longe bispinoso,

110 | ANNALES

terminali brevius spinoso ; thorace antice sub-attenuato , utrinque ante pedum anteriorun insertionem tuberculo la- terali unispinoso; scutello nigro glabro; hemelytris ni- grescente macullulatis ,costa brevissime ciliato-spinulosa ; pedibus pallidis ; femoribus pedibusque anticis subtus longe

multispinosts.

Hab. lapides ad ripas Aiuri(Saint-Séver) Galliæ meridiona- lis , et Ebri Hispaniæ septentrionalis. Long. 2. Lin.

La tête du ZL. Lütoral, à cause de la grosseur et de la sailie de ses yeux, paraît élevée au-dessus du plan du cor- selet. On y observe quelques poils raides, soit en dessus, soit en dessous. Les antennes ont une finesse capillaire. Elles sont glabres, d’une teinte obscure, mais plus pâles à leur base. Le dernier article est de la longueur du second, mais le troisième est le plus long de tous. Le bec est d'ür roux pâle, et ne m'a paru composé que de deux articles. Le premier de ceux-ci, qui est le plus long, est fort re- marquable par les deux épines, longues, raides et droîites, qui garnissent chacun de ses bords. Ces épines ne sont pas des poils ordinaires; elles sont de texture cornée comme le bec et ne semblent qu’un prolongement latéral de la substance de celui-ci. C’est le seul Hémiprère à ma connaissance dont le bec soit ainsi armé. L'article termimal de celui-ci est plus large, triangulaire, très acéré, et ses côtés offrent aussi deux spinulés, mais bien moins pronon- cées que les précédentes. Les yeux sont glabres, bien dis- tinctement reticulés. Les ocelles sont implantés, comme enchatonnés , sur les côtés d’un très petit tubercule rond, glabre et roussâtre, situé près du bord postérieur de la tête. Le corselet un peu atténué en avant, a des poils raides et en même temps une villosité molle, grisâtre, dans les in- dividus frais et bien conservés. Son lobe antérieur a une

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. rrr fossette dorsale plus ou moins marquée, et dans l’insecte vivant on distingue des points enfoncés , disposés en série près de son bord céphalique. Les flancs du prothorax pré- sentent un trait fort singulier, c'est l'existence, tout près de l'insertion des pattes antérieures, d’une sorte d'écaille tuberculiforme, qui semble destinée à servir de point d’ap- pui à la cuisse dans ses grands mouvemens. Cette écaille est assez sailiante pour déborder la marge du prothorax, et elle est armée en avant d'une courte spinule. L'écusson est triangulaire, pointu, noirâtre, glabre, parfois un peu roussâtre à sa pointe. Les hémélytres dépassent en longueur l'abdomen. Elles sont d’un gris cendré, avec des mouchetures irrégulières noirâtres. La loupe y découvre des poils noirs fort courts, redrescés, bulbeux à leur origine, et une série de ceux-ci déborde un peu la marge extérieure de lhémé- lytre. Quand on regarde contre Île jour la partie coriacée de celle ci, on la voit comme eriblée de petits points sub- diaphanes. La partie membraneuse de l'hémélytre est bien distinctement limitée. Elle est parcourue par des rervures longitudinales simples, presque parallèles, dont le nombre et. la disposition m'ont présenté des différences suivant les individus. Dans celui dont j'offre ici la figure, il n'y avait que quatre de ces nervures , et les deux plus rapprochées du borû interne confluaient en arrière de manière à consti- tuer une cellule. Du point de confluence part un pétiole assez long, qui va gagner le bord postérieur de la mem- brane hémélytrale. Je trouve, dans un autre individu. cinq nervures au lieu de quatre, et les deux plus internes ne confluent que tout-à-fait au contour postérieur de meur- brane, de manière qu'il n'existe aucune trace de pétiole. Cette variation est fort singulière, mais elle est bien réelle. L'abdomen du Leptope est noïrâtre, glabre, avec le bord

des segmens blanchâtre.

112 ANNALES

Les pattes sont pâles, avec une tache annulaire brune peu prononcée, près de l'extrémité tibiale des cuisses. Les antérieures ont les cuisses bien plus grosses que les autres, pyramidales , atténuées vers leur extrémité antérieure , et munies , ainsi que le tibia, d’un appareil de préhension qui forme un des traits les plus saillans de cet insecte. Le bord inférieur de ces cuisses est armé d'une double rangée d'é- pines alternativement plus longues , et indépendamment de celles-là, or en compte trois ou quatre à la face antérieure seulement de leur moitié tibiale. Les tibias de ces mêmes pattes sont aussi garnis en dedans de trois paires d'épines semblables. Les autres pattes sont inermes, glabres, ou mu- nies, aux tibias et aux tarses , de poils microscopiques. Les tarses m'ont paru de deux articles seulement, et sont d'au- tant moins longs qu'ils appartiennentaux pattes antérieures.

Le Leptope Littoral est un insecte rare et très difficile à saisir. Il habite les cailloux secs de la grève de l'Adour, près de Saint-Séver, et je l'ai rencontré aussi, dans des lo- calités semblables, aux bords de l'Ebre, en Espagne, près: de Logrogno et de Tudela, en 1808. Il paraît en été. Sa pe- titesse et sa couleur, qui est celle des pierres au milieu des- quelles il se tent, le dérobent à la vue. Quand le soleil est ardent, il s'envole à la moindre approche, comme les C£- cindèles, ou bien il se précipite dans les interstices des cail- loux. Le temps couvert est le plis favorable pour la chasse de cet insecte; alors en appliquant sur lui le doigi mouillé, cn peut s'en saisir.

Oss. Il est présumable que le Z. Lapidicole, mentionné par M. Latreille, dans le dictionnaire précité, et découvert par M. de Bazoches, dans le département du Calvados, appartient à l'espèce que je viens de décrire. Il serait inté- ressant, surtout pour la géographie entomologique, d'é- claircir le fait de cette identité.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 113

Esp. Il. Leptopus Echinops. Leptope OEil hérissé. Nob, tab. B, fig. 2.

Griseo-cinereus , villosus hispidulusque, oculis, ocellis , scu- telloque hispidis ; rostri articulo primo inermi, secundo utrinque bispinuloso ; thorace antice haud aut vix attenuato ; hemelytris albo nigroque variegatis ; femoribus tibiisque anticis subtus longe multispinosis.

Hab. in montibus saxosis rupibusque Hispaniæ, circa Tafalla, et Tudela Navarre. Mense octobri 1808 captus.

Long. 1 3,4 lin.

Je regrette vivement de n'avoir pas à produire une bonne figure de ce Leptope, que je ne possède plus dans ma collec- tion. L'esquisse un peu grossière que j'en fis lors de sa décou- verte est aujourd'hui indigne du burin ; mais les détails des- criptifs consignés dans le journal entomologique de mes ex- cursions en Espagne, ne sauratent me faire naître le moindre doute, et sur l'identité générique, et sur la différence spé- cifique de cette espèce avec la précédente. Les poils raides qui hérissent les yeux, les ocelles et l’écusson, ainsi que l'absence des piquans au premier article du bec, sont des traits, les uns positifs et l’autre négatif, qui distinguent cette espèce. Les mouchetures des hémélytres ont aussi une dis- position différente dans celle-ci. Il n’est pas rare qu’elles forment une bande transversale vers le milieu, et une obli- que vers la base. La structure générale du corps, la forme, la composition des antennes et du bec, la grosseur, la saillie des yeux ; la configuration des pattes, dont les antérieures sont ravisseuses par les piquans qui les garnissent, et par la grosseur des cuisses, tous ces traits appartiennent au signa- lement générique.

QC

IL. «

114 ANNALES

E æplication de la figure.

=

2. Leptopus littoralrs fort gTOSSI. a. Mesure de sa longueur naturelle.

b. Bec. \ c. Antenne. {

Fe Considérablemen 1 d. Patte antérieure. CHERS e. Patte postérieure.

Description et figure d’une nouvelle espècede F'elia.

Le terme générique de f’elia a été imposé par M. Latreille à un petit groupe bien naturel d'insectes Hémiptères , que Fabricius, dans son Systema Rhyngotorum , a rangé parmi ses Hydrometra. Notre illustre législateur de l'Entomologie (Règne animal, édit.) a placé les genres Hydrometra, Velia et Gerris à la fin de sa trop grande famille des Geéo- corises. Dans un travail assez étendu sur l'anatomie et la classification des Hemipteres , travail qui s'imprime en ce moment, j'ai proposé, pour ces trois genres, l'établissement d’une nouvelle famille intermédiaire aux Géocorises et aux Hydrocorises, et que j'ai désignée sous la dénomination d’Amphibicorises. <

Les Vélies, indépendamment des traits de structure et d'organisation qui les distinguent des Gerris, en diffèrent par leur habitude de marcher sur l’eau, et non d'y, nager par mouvemens saccadés comme ces derniers. La descrip- tion dela nouvelle espèce que je viens de: découvrir fera sentir la nécessité de modifier dorénavant l'expression des caractères génériques des V’elia.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. r15

Veliu Prgmæa. Vélie Pygmée. Nob. tab. B, fig. r.

Nigro-cinerea , thoracis margine antico tenuiter, antennis pe. dibusque bast rufo-testaceis ; linea orbitali interna maculis- que sex in singulo hemelytro albis ; thorace rhomboideo, convezxiusculo, in medio levissime carinato, angulis latera- Zibus prominulis; hemelytris fumosis abdominis longitu- dine; pedibus inermibus subæqualibus, tarsis anticis uni articulatis , reliquis biarticulatis.

Hab. in aquis stagnantibus, umbrosis, circa Saint -Sever

e (Landes). Long. 273 Un.

Cette petite et jolie espèce a toute la physionomie et le genre de vie des autres. Elle ressemble en miniature à la Velie des ruisseaux (Velia Rivulorum, Lar.), dont elle est d’ailleurs distincte par une foule de caractères solides.

Sa tête est marquée , au bord interne des yeux, d'un trait blanc. plus ou moins argenté. Les yeux sont bruns et globu- leux ; les antennes, d'un roux pâle avec leur extrémité noi- râtre, ont le premier article un peu cambré, plus long et plus gros que le second, qui'est le plus court de tous. Ce- lui-ci est séparé du troisième par un petit article turbiné rudimentaire que le microscope met en évidence. J'ai si- gnalé, dans mon travail précité, l'existence de cet article vestigiaire, inaperçu jusqu'à ce jour par les entomolopgistes, comme un trait commun aux Gerris et aux Velia. Le troi- sième article est grèle, et le quatrième, ou le terminal, le plus long de tous, est noirâtre, pareillement grèle et cylin- droïde. Le bec n’atteint pas la seconde paire de pattes. Il se compose de deux articles seulement, dont le premier, le plus long, est d'un roux pâle, et le terminal est acéré et noi- râtre.

ô.

176 ANNALES

Le corselet, ou prothorax, rhomboïdal comme celui de la Vélie des ruisseaux, a ses angles latéraux plus saillans, et son angle postérieur plus arrondi que dans cette dernière espèce. Sa région dorsale, lécèrement convexe, offre une ligne médiane très fine, glabre, à peine saillante. Son bord antérieur et d'un roux pâle.

Ees hémélytres sont de la longueur de l'abdomen , d’une teinte enfumée, excepté à leur base, qui est pâle. On ÿ compte six taches blanches distinctes , plus ou moins ovalai- res. La première, qui est la plus allongée , et souvent Ja ioins apparente, occupe la base'de l’hémélytre. À son côté interne, on voit la deuxième, dont une nervure sépare, et un peu en arrière d'elle, près du bord externe de l’hémé- lytre, est la troisiènre, bien isolée. La quatrième et la cin- quième, disjointes par une simple nervure, sont placées, l'une dans l'enceinte et près du bout d'une grande cellule | qui occupe le centre de l'hémélytre, l’autre, en dehors de cette cellule. La sixième tache, bien ‘tranchée, est située près de l’extrémité de l'hémélytre.

Les pattes de la #. Pygmæa ne présentent pas, dans leur longueur et leur grosseur respectives , la disproportion qui s'observe dans celles des #7, Rivulorum et Currens. Simples, c'est-à-dire sans dents ni renflemens particuliers, et moins longues, comparativement au corps, que dans les autres. espèces, elles sont semblables entre-elles par leur grosseur, et les antérieures sont seulement un peu plus courtes que les autres. Les cuisses sont d'un roux pâle avec leur extrémité obscure. Les tibias ont cétte derniérenuance. Ils sont simples et inermes, mais ceux des pattes de devant se dilatent insensiblement vers leur extrémité tarsienne qui est obliquement tronquée. Les tarses, aussi d'une teinte obscure ; offrent, quant à leur composition, des différences très essentielles avec ceux des deux espèces que je viens

.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 119 de citer, et ces différences, malgré la petitesse de l'insecte, ont été sévèrement constatées. Les tarses antérieurs plus courts et proportionnellement plus larges que les autres me sont formés que d'une seule pièce au lieu de trois qui constituent évidemment ceux des 7. Rivulorum et Currens. Cette pièce, dans quelques circonstances, m'a paru s'in- sérer au tibia par un très petit article rudimentaire ; mais l'existence de eelui-ci est très douteuse. Avant:sa terrminai- son, qui est très obtuse, ce tarse est entaïllé et comme échrancré latéralement pour l'insertion des ongles, en sorte que celle-ci n’a pas lieu à l'extrémité de la pièce tarsienne. Les ongles, au nombre de deux, sont fort grèles, assez longs, faibles, à peine arqués et s’abritent lors de leur ré- traction sous l’espèce de capuchon formé par le prolonge- ment du tarse. Les tarses des pattes intermédiaires et pos- térieurs sont distinciement formés de deux articles allongés, cylindriques, presque égaux entre eux. Leurs ongles, sem- blables à ceux des pattes de devant, ont leur insertion moins éloignée du bout terminal du tarse.

. Notre Vélie paraît glabre à l'œil nu, mais le microscope nous révèle toute la sage prévoyance de la nature dans le but de ses créations. Puisque cet insecte était destiné à passer sa vie.sur l’eau, à parcourir sa surface pour, s'y pro- curer ses moyens d'existence, il fallait bien le prémunir contre les atteintes destructives de l'humidité. Aussi son corps, ainsi que les pattes et les antennes, sont. couverts d'une villosité, d’un duvet uniforme qui, en lui formant un vêtement imperméable, n'empêche pas l'accès de l'air dans les stigmates pour l’acte important de la respiration.

Dans le mois d'octobre 1832, je découvris la V’elie Pyg- mée au voisinage des rives de l’Adour; près de Saint-Séver, dans des flaques d'eau ombragées, couvertes de Marsilea

Quaurifolia. Elle y était commune, mais sur des centames

118 ANNALES

d'individus, je ne pus en rencontrer que deux ou trois à l'état d'insectes parfaits, c’est-à-dire pourvus d'ailes et d'hé- mélitres. Les autres étaient des larves ou des individus “aptères qui, pour la plupart, avaient une taille égale à la leur, quoiqu'ils n’offrissent aucun vestige d'hémélytres qui pût les faire considérer comme des nymphes. Ces larves avaient sur le devant du corselet, à la place du trait rous- sâtre que j'ai signalé dans l’insecte parfait, deux taches plus ou moins confluentes d'un blanc de neige. Des points de cette dernière nuance s’observent aussi à la base dor- sale de l'abdomen. Les bords de celui-ci sont marqués le plus souvent de taches testacées et par fois de points d'un blanc éclatant.

L'ambulation de nos Vélies a quelque chose d'assez grave. Elle s'exécute par des pas menus et répétés qui semblent les faire glisser ou couler sur la surface de l’eau sans y produire la moindre agitation, la moindre ride. Quand on les saisit avec les doigts, elies exhalent l'odeur désagréable qui est propre en général aux Punaises.

Explication de la figure.

1. Velia Pygmæa considérablement grossie. a. Mesure de sa longueur naturelle.

b. Antenne plus considérablement grossie. c. Une patte antérieure.

d. Une patte postérieure.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 119

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NOTICE ,

SUR LE POLYOMMATE CERONUS, PAR M. A. PIERRET.

{ Séance du r9 décembre 1832.)

Plusieurs Entomologistes regardent le Polyommate Cero- nus comme une variété de l’AÆdonis ; d'autres au contraire, ie mettent au rang des espèces: ces derniers se fondent en cela sur l'autorité d'Hübner ; mais personne n'ignore que cet iconographe a souvent sans motif plausible, multiplié le nombre de ses planches. C’est ce qui a été très bien senti par M. le docteur Boisduval , lorsque dans son /ndex Methodi- cus , il a marqué d’un point de doute (an var. Ceronus ?) cette prétendue espèce. La classification de M. Boisduval étant universellement adoptée, l'amateur doit éprouver un grand embarras, lorsqu'il voit hésiter l’un des hommes qui ont le mieux mérité de la science, l’un de ceux qui ont éclairci le plus d'incertitudes. Je m'empresse donc de si- gnaler quelques observations sur ce Polyommate qui, mal- gré son faciès étrange, n’est, à mon avis, qu'une variété fe- melle de 4donis ; en effet, il ne diffère de cette dernière;

120 ANNALES

qu'en ce que la couleur, au lieu d'être noire, est d’un bleu d'azur chatoyant, analogue à la teinte du mâle; du reste, il offre absolument les mêmes caractères que la femelle de l’Adonis ; la tache centrale du dessus des premières ailes , et les lunules rougeâtres du dessus des inférieures sy repro- duisent également. Les antennes, le corps, et le dessous des ailes n’offrent aucune différence. Cette variété d’ailleurs est toujours femelle, et s’accouple avec, ie mâle de l'Ædonis, lequel ne subit aucune modification. Au surplus, il est as- sez ordinaire, chez les femelles des Argus, de voir ces transitions successives du noir au bleu : ainsi, la couleur du Corydon le plus souvent noirâtre, passe quelquefois au bleu cendré; j'ai même pris cette dernière variété dans. la forêt de Chantilly, sur les hauteurs de Lamorlaye, aussi communément que l’autre femelle. Il en est de même du Po- lyommate Alexis; la femelle, tantôt toute noire, tantôt noire avec la base saupoudrée de bleuâtre, devient quelque- fois presque entièrement bleue.

Je crois avoir assez prouvé par ces exemples, que le Ce- ronus ne peut être considéré que comme une variété de no- tre Adonis. J'ajouterai maintenant que ce n'est pas seule- ment une variété locale, mais bien une variété accidentelle. En effet, on avait cru jusqu'à présent qu'il n’habitait que le midi de la France ; je ne pensais même pas qu’il eût été pris autre part qu'aux environs de Bordeaux, localité dont ja- vais recu l'unique individu que je possédais alors, et dont viennent presque tous ceux des collections de Paris; maisil a été pris cette année, dansles premiers jours d'août à Gurcy (Seine-et-Marne), dix-neuf lieues de Paris, par mon ami M. Francis Bellier, zélé entomophile et véridique observa- teur. L’exemplaire que je tiens de son amitié, ne diffère au- cunement de ceux recueillis dans te sud-ouest de la France et fut trouvé par lui au milieu d’un groupe d’Adonis, Polyom-

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 21

mate très commun dans cette localité aride et montueuse; il ne différait de ce dernier ni par le vol ni par les mœurs; du reste c'est le seul individu que je sache avoir jamais été ren- contré aussi près de Paris, le noir est la couleur do- minante des Adonis femelles. Cependant, cette variété paraît être très commune aux environs de Bordeaux, si l’on en juge par le grand nombre d'individus que l’on reçoit de M. Au- guste, Entomologiste distingué de cette ville.

129 ANNALES k

+

LOBLARSIVLELLLILR VULLVELIRULRELALLLRLOVELLVLVLLY LAVAL ELVLLLR LUE LAN VE LR LER

ESSAI

D'UNE RÉVISION DU GENRE Lamnpyre,eAR M. F. L. DE LAPoRTE.

o

Séance du 5 décembre 1832.

Les insectes dont nous nous occupons ici sont certai- nement ceux qui ont intéressé le plus , non-seulement les naturalistes, mais même les personnes les plus étrangères à l'étude des sciences. Il n’est pas un enfant qui ne connaisse le Ver luisant de nos campagnes, ni à peine une relation de voyages il ne soit question des mouches à feu, dont l'éclatante phosphorescence, éclaire d'une manière si ad- mirable les nuits des contrées équatoriales. Il est vrai que les Elaters à taches dorsales lumineuses ne contribuent pas, dans une moindre proportion, à ce magnifique spec- tacle.

Les Grecs et les écrivains romains nous parlent souvent des Lampyres, tantôt sous ce nom, tantôt sous ceux de Cicindela, Lucio, Noctiluca, Incendula, Lucernuta , Lu- ciola, etc.; ce dernier est encore celui sous lequel l'on désigne vulgairement, en Italie, l'espèce la plus commune dans cette contrée.

DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 123

Plusieurs naturalistes modernes nous ont donné d’inté- ressans détails sur ces insectes. DeGéer nous a fait connaître leurs mœurs, Tréviranus les détails de leur organisation intérieure, Carroderi, Forster, Bukerhiem, etc. , ont fait de belles recherches sur les causes et les particularités de leur phosphorescence.

Nous allons tracer une esquisse rapide des changemens que ce genre a éprouvés.

Fabricius le premier forma le genre Lampyris tel qu'il est aujourd'hui adopté; avant lui, Linnée l'avait réuni aux Lycus et aux Pyrochroa, et Geoffroy l'avait confondu avec les pre- miers. Dans ces derniers temps, le grand nombre d'espèces nouvelles que les voyageurs rapportèrent de toutes les par- ties du monde, fit sentir la nécessité de subdiviser denouveau cette coupe générique qui, dans les collections seules de Paris, compte aujourd hui près de deux cents espèces. M. le comte de Hoffmansego le premier en détacha, sous le nom de Phengodes , les espèces dont les antennes sont plumeuses, et sous celui d'Amydetes, celles chez lesquelles ces mêmes organes sont composés d’un grand nombre d'articles.

M. Guérin, dans son magasin d'en tomologie, avait aussi rapporté à ce groupe un genre qu'il nomme Cladophorus ; mais depuis ( Voyage du capitaine Duperrey, partie ento- mologique ), il a reconnu que ces insectes devaient rentrer dans la division des Lycus.

Enfin M. Gray, dans l'ouvrage anglais The animal King- dom, y ajouta ceux de Calyptocephalus ei de Megaloph- thalmus , et un troisième auquel il doune le nom de C/a- dophorus, qui, nous venons de le voir, avait déjà été employé par M. Guérin, mais comme M. Gray ne cite pas ce dernier auteur, nous ignorons s’il a appliqué ce nom sans savoir qu’ était déjà employé, ou s’il a cru que son espèce devait rentrer dans le genre du naturaliste francais ;

124 ANNALES

dans le dernier cas, il y aurait erreur, car le Cladophorus de M. Gray est un vrai Lampyre et nous avons vu que celui _de M. Guérin était plutôt un Lycus.

Toutes ces coupes, faites aux dépens du genre Lampyre, nous montrent combien diffèrent entre elles les espèces qui y sont réunies; cependant nous devons avouer que ce genre n'en est pas moins très naturel, et, à notre avis, il vaudrait mieux le subdiviser que de le démembrer. Le grand nombre d'espèces de Lampyres que nous avons examinées nous a forcé à augmenter de beaucoup le nombre de ces divisions, mais nous. avons, préféré les réunir toutes, au moins provisoirement, dans le grand genre Lampyre; ce- pendant MM. Hoffmansegg et Gray ayant donné des noms particuliers à plusieurs de ces divisions, nous avons cru, pour la régularité du travail, devoir en proposer pour toutes. M. Guérin, dans la partie entomologique du voyage du capitaine Duperrey a déjà adopté plusieurs de nos coupes, ‘aprés notre manuscrit, que nous lui avions com- muniqué.

Nous avons conservé le nom de Lampyres proprement dit aux espèces les plus répandues en Europe, et dont les femelles sont privées d'’élytres , ou n'en ont au plus que des rudimens,

Nous allons présenter le tableau de nos divisions ; mais qu'il nous soit auparavant permis de remercier ici toutes les personnes qui ont bien voulu mettre leurs collections à notre disposition. Nous citerons MM. Desmarest, Bucquet, Gory et Chevrolat; ce dernier surtout mérite toute notre reconnaissance pour les notes qu'il a bien voulu nous com- muniquer sur ce genre, dont il s'était autrefois particuliè- rement occupé.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 125 Espèces à Q apières ou n'ayant que des moigons délytres. 13° sous-genre. Lampyris. Lanx.

Espèces à (o) ayant des élytres semblables à celles des g

A. Antennes de beaucoup d'articles (une vingtaine). 1°" sous-genre —- Amydetes. Horr. B. Antennes de douze articles. sous-genre. Alecton. Lar.

C. Antennes de onze articles. a. Élytres rétrécies postérieurement en pointe, moins larges que l'abdomen et raccourcies. 1. Antennes à articles émettant chacun un rameau.

sous-genre. Dryptelytra. Lar. 2. Antennes à articles émettant chacun deux ra- meaux. sous-genre. Phengodes. Horr.

b. Élytres non rétrécies postérieurement en pointe et aussi larges que l'abdomen. 1. Elytres beaucoup plus courtes que l'abdomen.

12° sous-genre. Phosphænus. Lar.

2. Elytres à-peu-près de la longueur de l'abdomen. * Antennes presque de la longueur du corps, à articles comprimés et triangulaires.

NII sous-genre. Lucidota. Lar. es Antennes beaucoup plus courtes que le corps.

s. Tête entièrement découverte, corselet tron- | qué carrément en avant.

126 ANNALES

15° sous-genre. [uctola. Lar.

ss. Tête entièrement ou en presque totalité recouverte par le corselet. i. Antennes des & à articles munis des deux côtés de rameaux, celles des ® pectinées des deux côtés.

4" sous-genre. Lamprocera. Lar.

division. Corps élargi, corselet trans- versal. Lamprocera. La. division. Corps allongé, corselet lon- gitudinal. Calyptocephalus. Gray. ä, Antennes à articles munis de rameaux dis- posés d’un seul côté, grèles et contournés sur eux-mêmes.

sous-genre. Ethra. Laer.

it. Antennes à articles munis de rameaux disposés d’un seul côté; élargis, compri- més, formant un éventail.

P. article des tarses à peine échancré.

sous-genre. Megalophthalmus. Gray.

PP. article des tarses très fortement bi-

lobé.

sous-genre. Vesta. Lar.

iii, Antennes des deux sexes pectinées, corps très large, très rebordé. o. Antennes fusiformes.

10° sous-genre. Lucio. Lae.

00. Antennes non fusiformes.

DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 127

sous-genre. Hyas. Lar.

mées , celles des mâles quelquefois pecti- nées, corps plus ou moins allongé.

14° sous-genre. Photinus. Lar.

division. Tête entièrement cachée sous le corselet; antennes des deux sexes presque filiformes ; corps oblong.

Photinus proprement dits.

division. Tête cachée entièrement sous le corselet ; antennes comprimées, celles des mâles quelquefois pectinées.

Lucernuta. Laer.

division. Tête en partie découverte. Telephoroides. Lar.

division. Tête entièrement cachée sous le corselet ; antennes des deux sexes fili- formes ; élytres élargies à la base, rétré- cies en arrière,

Aspisoma. La.

1°” sous-genre. Amydetes. Horr., GERMAR., LATREILLE.

Antennes composées d’un très grand nombre d'articles ; le r°r assez gros, le moyen, tous les autres munis _ d'un rameau long et plumeux. Palpes, Tarses , Tête large, presque découverte, corselet transversal, peu

128 ANNALES

arrondi et peu avancé en avant, écusson petit, élytres paral- lèles. Deux avant-derniers segmens de l'abdomen phospho- rescens ; pattes moyennes,

1. Amy detes Fastigiata , Izrre. Mag. VE, p.342.

2. Amydetes Plumicornis. Lampyris Plumicornis Larr.

Voyage, Humsoznr,zool. XVI. 4. 35. Amydetes Apicalis. GerMaR ins. spec. 4. Amydetes Vigorsiüi. Lracu. Zoological journal.

2e sous-genre. Phengodes. (1) Horr., Larr., LeAcH.

Antennes de onze articles ; chaque article, à l'exception des deux premiers , muni au côté interne de deux rameaux assez longs.

Élytres très courtes, allant en se rétrécissant jusqu’à l’extré- mité, elles se terminent en pointe,

1. Phengodes Plumosa. Lampyris Plumosa. Fas. Or.

Nota. C'est, je crois, le même qui est figuré dans l’édi-

tion anglaise du règne animal, pl. XXXIX, fig. 3. 2. Phengodes Flavicollis. Leacn. Zool. Journal. 3e sous-genre. Dryptelytra.

Antennes de onze articles, le 1°" assez grand, le 2€ court, ious les suivans munis chacun d'un rameau long et comprimé.

Palpes, ….

Tarses à article presque aussi long que les trois sui- vans réunis, crochets assez forts.

Tête cachée sous le corselet, yeux assez petits; corselet transversal, plus large que les élytres, arrondi et largement rebordé sur les côtés et un peu anguleux en avant ; écusson

(x) Je n’ai pas vu ee genre en nalure.

Ë DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. ï2g triangulaire ; élytres presque de la longueur de l'abdomen, se rétrécissant presque en pointe en arrière, baïllantes et comme échancrées du côté de la suture; pattes moyennes, jambes non comprimées. Dryptelytra Cayennensis.

bi 7 s

Long. 5+, Larg. 1 + Jaune, extrémité des antennes et disque des élytres noi- râtres ; ces dernières bordées à la base; sur la suture et à

l'extrémité, de jaune ; extrémité des jambes et tarses un peu obscurs. Cayenne. Collect. de M. Gorx.

4e sous-genre. Lamprocera. Omalisus. Srur.

Antennes de onze articles , insérées entre les yeux; Île 1er article fort, le 2e très court, tous les suivans émet- tant chacun dans les mâles deux rameaux longs, aplatis, inserés des deux côtés de la tige. Dans les fe- melles ces rameaux sont courts et formént que très fortes dents de scie:

Palpes labiaux très courts, terminés pàr un article sécuri-

__ forme, échancré au milieu; les maxillaires longs, forts; leur dernier article grand, renflé, un peu ova- laire et pointu à l'extrémité.

Tarses forts, à rer article un peu plus long que les deux

Suivans ; ceux-Ci égaux, le élargi; ra petits.

Chips assez plan; tête cachée sous le corselet, celui-ci rebordé, anguleux en avant; écusson triangulaire, élytres larges, ges, arrondies à rte

Ces insectes doivent répandre peu de lumière, car l’ab- domen des mâles n'offre ordinairement qu’un petit point lumineux au milieu des et 6 segmens et celui des. femelles en est entièrement dépourvu.

zre division. Corps élargi, élytres ayant un très large

II. 9

130 ANNALES bord latéral, corselet transversal, presque arrondi en

. avant.

1. Lamprocera Grandis , Omalisus grandis. Srurm. Cafal.

Nota. Cette espèce est répandue dans les collections de Paris, sous le nom de Lampyris Latreillei, mais celui de Sturm étant publié, doit obtenir la préférence.

division. Genre Calyptocephalus. Gray. Corps allongé, élytres parallèles; corselet formant au milieu en avanñt un angle avancé et quelquefois aigu; rameaux des an- tennes beaucoup plus grèles et plus longs que dans les

vrais Lamprocera.

1, Calypiocephalus Fasciatus. GRAyx. An. Kingdom. pl. 39, fig. D.

Long. 6 lignes.

Corselet jaune avec un point noir au milieu; élytres noires avec une bande transversale un peu courbe au mi- lieu; antennes noirâtres , pattes pâles. Guyane anglaise,

2. Calyptocephalus Goryi. Long. 7 lignes, larg. 1 <. |

Noir, côtés du corselet, dessous du thorax et une tache longitudinale sous l'abdomen d’un jaune orangé.— Cayenne.

3. Calyptocephalus Thoracicus. Long. 6 lignes, larg. 1 +

Noir; corselet, écusson, dessous du thorax et cuisses, à l'exception de l'extrémité, jaunes; deux petites lignes!très. courtes, et noires sur le disque du corselet, Cayenne.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. i#3r

5e sous-genre. Megalophtalmus. Gray.

Antennes de longueur moyenne de one articles, le pre- mier grand, le second très court, tous les suivans émettant chacun un rameau comprimé, serré l’un contre l’autre et formant un éventail.

Palpes maxillaires longs, les premier et troisième articles courts, les deuxième et quatrième longs, celui-ci renflé

et pointu à l'extrénnté. Palpes labiaux courts à dernier article grand, renflé et pointu.

Tarses assez forts, à premier article le plus long de tous, le deuxième moyen, le troisième court, le quatrième très court non sensiblement bilobé, le cinquième long ; crochets moyens. ;

Tête che sous le corselet; ceilui-c1 tronqué en arrière, arrondi en avant ; écusson demi arrondi en arrière, tronqué en avant ; élytres longues , assez grandes; pattes moyennes.

Megalophtalmus Bennetti Gray. Animal Kingdom. p. 371, pl. Long. 4 lignes. D'un brun jaune, élytres avec des siries élevées ; an-

tennes et pattes noirâtres. Colombre.

2, Mesulophtalmus Melanurus; Lampyris Melanura. Collect. CHEVROLAT,

Long. 6 lignes, laro, 2 *.

Noir; corselet avec un faible sillon longitudinal en ar- rière, et chaque côté une teinte d'un rouge obscur; écusson de la couleur générale ; élytres d’un brun jaune avec l'extrémité et une légère tache autour de l'écusson, noires ; elles offrent quelques très faibles lignes longitudinales un

g.

132 ANNALES

peu élevées; abdomen d'un brun jaune avec l'extrémité voire. Perou. 3. Megalophthalmus Costatus. Long. 4 lignes, larg. 1=.

Brun pubescent; corselet obscur au milieu, jaune sur les côtés, large, très arrondi en avant, à bords relevés, inégal au milieu et offrant deux tubercules un peu allongés; écusson jaunâtre ; élytres avec trois côtes longitudinales; la suture et le bord latéral relevés. Ce dernier et la suture

sont de la couleur de l'écusson ; dessous du thorax et pattes jaunâtres ; abdomen un peu plus obscur. Colombie.

Nota. J'ai vu un individu de cette espèce chez lequel les mandibules étaient très avancées et un autre qui n'en diffé- rait que par l'absence de ce caractère; ce sont probable- ment des différences sexuelles. M. Gray range ce caractère parmi ceux qu'il applique au genre.

sous-genre. Vesta.

Antennes assez longues, de onze articles, le premier grand, le deuxième très court, tous les suivans émettant chacun un rameau comprimé, écartés l’un de l’autre.

Palpes maxillaires longs, le premier article assez court, les deux suivans à-peu-près égaux, le dernier grand, pointu à l'extrémité, échancré intérieurement. Les labiaux courts. |

Tarses à premier article grand, les deux suivans à-peu-près égaux, le quatrième très fortement bilobé, le cin- quième moyen.

Tête cachée sous le corselet, celui-ci arrondi en avant, tronqué en arrière, les angles postérieurs prolongés, écusson moyen; élytres grandes, allengées, presque paral- lèles; pattes un peu comprimées.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 133

1. Vesta. Chevrolatii. Long. ro lignes , larges 3 lignes.

Noir, corselet et écusson rouges, élytres offrant quel- ques faibles côtes longitudinales. Dessous du prothorax rougeâtre; dernier segment de l'abdomen jaune; pattes noires avec le dessous des cuisses d'un jaune rouge; cro- chets des tarses bruns.—Java.

sous-genre. Ethra (Cladophorus). Gray.

Antennes de onze articles, le premier assez grand, le deuxième très court, les suivans émettant chacun un rameau long contourné sur lui-même.

Palpes….

Tarses à premier article plus long que les suivans, le qua- trième bilobé, crochets moyens.

Tête cachée sous le corselet, celui-ci un peu allonge, arrondi en avant, écusson triangulaire, élytres aliongées, presque parallèles ; pattes...

Ces insectes nous semblent propres à l'Amériqne du sud; ils doivent être peu ou point lumineux. M. Gray, dans l’é- dition anglaise du règne animal, les a pris à tort pour le genre Cladophorus de M. Guerin, ce dernier doit rentrer dans le groupe des Lycus, ainsi que son auteur l’a depuis reconnu. ( Voyez la partie entomologique du voyage de

M. Duperrey. ) 1. Ethra Marginata.

Cladophorus Marginatus, Gray, an. Kingdom. ins. pl. 30. fig. 4. 2. Ethra Lateralis. Long. 6 lignes, larg. 1 +.

Noirâtre, les bords latéraux des élytres jaunes depuis

134 ANNALES

l'angle humeral Jusque vers les deux tiers des élytres.

Bresil. Coll. de M. Gory.

Nota. Cette espèce est très voisine de la précédente, mais l'espèce de M. Gray a son bord latéral jaune, se prolon- geant jusqu’à l'extrémité de l’élyire. 1

3. Ethra Interrupta.

Lampyris Interrupta. Collect. Gory. Long. 5 lignes, larg. 1 2. |

Noir, côtés du corselet et élytres d’un jaune un peu fauve ; ces dernières avec la suture obscure à la base et une ligne longitudinale noire placée près du bord extérieur et interrompue au milieu.— Bresil.

sous-genre. Âyas.

Antenses assez longues, de onze articles, le premier gros le deuxième très court, tous les suivans émettant cha- cun un rameau.

Tarses garnis en-dessous de poils épars, le premier article de la longueur du deuxième; troisième et quatrième un peu plus courts, crocheis moyens.

Tête cachée sous le corselet, celui-ci presque triangu- laire , très élargi en arrière ; élytres peu convexes, élargies, très largement bordées ; pattes comprimées.

1. Hyas Denticornis.

Lampyris Denticornis. GERMAR. Nota. Get insecte est répandu dans les collections de Paris sous le nom de £Zampyris Panzeri.

2. Hyas Flabellata.

Lampyris Flabellata. Fa8. syst. Éleut.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 135 3 Hyas P? Guttata. Lampyris Guitata. Fas. syst. Eleut. sous-genre. Alecton.

Antennes courtes, épaisses, fusiformes , de douze articles, le premier yros, le deuxième très court, tous les suivans serrés et formant une forte dent de chaque côté ; le dernier ovalaire, court enclavé en partie dans le précédent.

Palpes.….

Tarses filiformes, assez courts, le premier article un peu plus long que les suivans; crochets assez forts.

Tête cachée sous le corselet, antennes insérés entre les. yeux, ceux-ci moyens ; corselet tronqué en arrière , avancé et formant un angle en avant; écusson presque triangulaire; élytres ovales, un peu élargies presque planes; pattes moyennes.

Nous ne connaissons qu’une espèce de ce genre, elle a été rapporté de l'île de Cuba par M. Poey et fait partie de Ja collection de M. Chevrolat.

1. Alecton Discoidalrs. Long. 4+, larg. 2<+

Jaune, extrémité des antennes et élytres noires, ces der- nières avec une bordure latérale jaune qui commence vers le tiers de la longueur. 1le de Cuba.

10° sous-genre. Lucio.

Antennes courtes, larges, comprimées , de onze articles, le

premier gros, le deuxième très court, les huit sui-

_vans courts, très serrés, formant au côté interne une irès forte dent, le dernier article ovalaire.

136 ANNALES

Palpes labiaux courts, à dernier article triangulaire, le pre-

__ mier des maxillaires très grand.

Tarses forts, le premier article un peu plus long que le deuxième, le troisième très court, le quatrième forte- ment bifide, crochets assez forts.

Forme des Laniprocères, tête cachée sous le corselet; celui-ci large, s ‘avançant un peu Dplenen en avant, écusson légèrement ent en arrière, élytres grandes,

larges, dilatées . arrondies en arrière; pattes fortes, com- primées.

+

Tout l'abdomen paraït être lumineux dans la seule espèce de cette division que nous avons vue.

1. Lucio Abdominalis. Long. 10 lignes, larg. 5=.

Noir, une tache jaune au bord antérieur du corselet ; elle est séparée en deux par la couleur noire du disque qui s’avance en pointe au milieu , les élytres offrent deux petits traits rouges très courts et peu visibles placés vers le

milieu ; dia d'un jaune d'ochre.—Brési!; de la collect. de M. Ce de

11° sous-genre. Lucidota. Lar.

Antennes presque ainsi longues que le corps,de onze articles, le premier grand, le deuxième court , tous les suivans larges, très comprimés, munis chacun, dans les mâles d'un rameau assez long.

Palpes labiaux à dernier article triangulaire; les maxillaires terminés par un article très grand et pointu à l'extré- mile. | |

Tarses à premier article aussi long que les deux suivans réunis, le quatrième bilobé, crochets assez forts.

Corps allongé, mandibules assez saillantes, tête cachée.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 137 sous le corselet, celui-ci un peu anguleux en avant, écusson triangulaire; élytres allongées, presque parallèles, abdo- men ayant ordinairement les deux derniers segmens lumi- neux; pattes moyennes, jambes comprimées.

Cette division ne paraît pas être très nombreuse en espèces, elles sont toutes étrangères à l'Europe. 1. Lucidota Flabellicornis. Lampyris Flabellicornis. Fas. OI. 2. Lucidota Appendiculata.

Lampyris Appendiculata. GERMAR spec. ins.

Nota. Ces deux espèces sont très voisines, cependant je les crois distinctes, Germar décrivant le corselet de son espèce comme noir, tandis qu'il est en grande partie jaune dans l'insecte de Fabricius. L’Appendiculata pourrait bien être l’espèce que M. le comte Dejean a nommée dans sa col- lection Perplexa.

3. Lucidota Compressicornis. :

Lampyris Compressicornis. Fas.

4. Lucidota Banoni.

Long. 6 ignes ; larg. 2.

Noir, corselet, écusson, dessous du thorax, cuisses et xtrémité de l'abdomen d’un jaune orangé, souvent presque

ouge.— Cayenne. b. Lucidota Thoracica.

Long. 6 lignes, larg. 2.

Noir, corselet rouge avec une large bande longitudinale noire au milieu du thorax, au-dessous jaunâtre.— Cayenne. 6. Lucidota Limbata.

Long. 4=, larg. 2.

Obscur, noirâtre; bords du corselet, écusson, suture et

138 ANNALES

bords latéraux des élytres jaunes, pattes et abdomen de même couleur. Brésil. Collect. de M. Chevrolat.

7. Lucidota Modesta. Long. 4, larg. 1:

Obscur, noirâtre; corselet avec le disque obscur, les côtés jaunes et les bords de la couleur du disque; écusson et élytres de la couleur générale; ces dernières avec une bordure latérale jaune s'étendant jusqu'aux deux tiers pos- térieurs;suture un peu jaunâtre ainsi que la base des cuisses. Presil. |

8. Lucidota Antennata.

Long. 6 lignes, larg. 2.

Obscur , noirâtre, antennes aussi longues que le corps très largement flabelées ; corselet un peu avancé antérieu- rement, plus long quê large, d’un rouge orangé avec une large bande